Les obstacles qui nous empêchent de nous réaliser (2)

Publié le par Madeleine Moreau

Garder en soi un sentiment de culpabilité

  • Le manque de confiance et d’estime de soi – culpabilité

Avoir confiance en soi, vivre une estime envers ce que l’on est ou ce que sont les autres, réussir à s’affirmer, 3 piliers qui restent fragiles pour beaucoup d’entre nous.

Ces 3 piliers sont nécessaires pour nous réaliser.

Vous vous demandez peut-être quel lien il peut y avoir avec la culpabilité.

Il est vrai que dans la culpabilité, nous voyons l’erreur, la faute, le jugement porté, l’accusation, le mensonge, l’échec, etc.

Il est plus difficile, au premier abord, de la relier à la faiblesse d’un pilier de notre vie.

Je vous disais, dans l’article précédent, « si vous n’arrivez pas à apporter une réponse durable à votre problème d’aujourd’hui, il faut regarder ailleurs, ouvrir d’autres portes, s’aventurer dans le labyrinthe de votre histoire. »

Les obstacles qui nous empêchent de nous réaliser (2)

Ne pas avoir confiance en soi, manquer d’estime, ne pas réussir à s’affirmer, pose vraiment problème dans la réalisation de soi.

Un autre problème, c’est d’en rester à essayer de palier à la difficulté en y insérant des recettes, des conseils qui réussissent à d’autres, pas à soi !

Un travail consistant à revisiter son histoire, à entrer dans le labyrinthe de son passé est une piste qu’il ne faut pas abandonner dès qu’elle vous est proposée.

Manque de confiance, lien avec la culpabilité

Un dimanche après-midi, le soleil brille, le printemps attire les familles au bord du lac.

Une petite fille âgée de 3-4 ans, mignonne comme tout avec son casque, ses protections, ses baskets essaie de pédaler sans poser le pied à terre.

Sa maman filme, son papa ne cesse de lui dire qu’elle doit regarder devant elle, qu’elle doit se tenir droite sur la selle, qu’elle doit tenir son guidon.

La petite fille commence de tanguer et termine sa course sur la pelouse. Elle se met à pleurer.

Son père lui dit : « c’est pas possible d’être maladroite comme ça, t’es bien une fille, j’abandonne, tu s’ras jamais une championne ».

Je ne sais pas si elle aimera un jour faire du vélo. Je ne sais pas si cette scène s’est reproduite dans d’autres occasions, d’autres moments, d’autres essais.

Si c’est le cas, alors, il y a des chances pour que plus tard, adulte, cette petite fille ressente un manque de confiance dans les moments où elle devra faire face à quelque chose de nouveau pour elle.

Des scènes où un adulte moleste ainsi un enfant, j’en vois régulièrement. Cela me fait mal, car je sais les conséquences que cela peut produire jusque tard dans la vie, jusqu’au jour où sera mis en lumière ce qui s’est passé.

La culpabilité là-dedans ?

Cette petite fille, va retenir qu’elle est maladroite, qu’elle n’est pas une championne. Elle ne cherche qu’une chose, que son papa soit fière d’elle, elle veut lui montrer qu’elle peut réussir. L’échec met son père en colère. Ne pas réussir à le rendre fière, est le chemin de la culpabilité … Je me sens coupable quand je n’arrive pas à faire les choses comme il faut … (un exemple possible).

Manque d’estime de soi, lien avec la culpabilité

Nadine, une jeune femme de 28 ans.

Timide, réservée, c’est ce qui apparaît dès qu’on la rencontre.

Elle se ronge les ongles, coupe elle-même ses cheveux lorsqu’elle ne peut plus les démêler, s’habille de manière à passer inaperçue.

Elle ne cesse de s’excuser pour un rien.

« Je ne m’aime pas, j’aime pas ce que je suis, je suis insignifiante et je vois pas comment je pourrais intéresser quelqu’un » … Voilà ce qu’elle pense d’elle.

Lors d’un stage de formation, elle nous parle un peu de son passé : « Ma mère, oh, c’est une femme, comment dire, très stricte, toujours sur son 31, même quand elle fait le ménage. Elle est blonde, je suis rousse, mon père est châtain et pour elle, j’ai été échangée à la maternité. J’ai pas sa beauté, j’ai pas son élégance, j’arriverais jamais à son niveau ».

C’est tout ce qu’elle dira de son histoire.

Le lien avec la culpabilité ?

Pensons à Nadine lorsqu’elle était une petite fille. Pensons au regard que portait sur elle sa maman.

Ressentait-elle l’amour, la reconnaissance, la fierté pour ce qu’elle était ? Il est très probable que non.

Elle devait ressentir que si elle avait ressemblé à sa maman, celle-ci l’aurait plus aimée. Elle culpabilise de ne pas lui ressembler, de ne pas être aussi belle qu’elle.

Elle se sent coupable de quelque chose, sans trop savoir de quoi. Cette culpabilité lui ferme la porte qui lui permettrait de vivre une estime envers elle, de s’accepter dans sa différence.

Manque d’affirmation, lien avec la culpabilité

J’ai connu Pierre alors qu’il avait 24 ans.

C’était la première fois qu’il participait à la rencontre, dans un groupe dont faisait partie ses parents.

Il s’est assis, bien sagement, comme s’il avait 5 ans, entre papa et maman, bien droit, le regard baissé sur ses mains posées bien à plat sur la table.

Une année plus tard, il s’asseyait toujours entre papa et maman. De temps en temps, il prenait la parole. Je voyais sa maman lui caresser les cheveux, son papa reprenait ce qu’il venait de dire en ajoutant quelques mots de son cru.

Je l’ai vu, docile, accompagner ses parents lors des courses le samedi. Il poussait le chariot, indifférent à ce qui l’entourait.

Pierre m’apparaissait être un jeune adulte sans personnalité. A 30 ans, il vit toujours chez papa et maman. Il ne veut pas quitter la maison car il leur doit tout.

Le lien avec la culpabilité est ici très fin. Il faut le chercher dans ce : « Je ne peux pas partir de la maison, car je leur dois tout ».

Cette croyance très ancrée en lui ne lui permet pas de s’affirmer, ne lui permet pas de déployer ses ailes et de gagner sa liberté d’être. 

Les obstacles qui nous empêchent de nous réaliser (2)

Un long travail d’apprivoisement de son histoire

En lisant ces quelques récits de vie, peut-être vous êtes-vous rendus compte que le lien avec la culpabilité était flagrant.

Oui, parce que vous lisez avec le recul, avec la distance que cela peut avoir avec votre histoire.

Il est toujours plus facile de percevoir ce qui se passe chez les autres qu’en soi.

Avez-vous également perçu combien cette culpabilité était un obstacle qui empêche de se réaliser ?

Travailler sur son histoire, demande d’entrer dans un apprivoisement de ce qui a été, de regarder ce que vous avez vécu dans différentes situations, ce que vous avez ressenti, ce que vous avez adopté comme croyance.

C’est un travail qui ne peut se faire seul/e.

Lorsque les sentiments, les émotions du passé remontent, le risque est que cela vous submerge. Vous n’aurez alors qu’une perception minime de l’ampleur.

Travailler sur son histoire, en présence d’un thérapeute ou d’un coach de vie est nécessaire.

Sa présence vous apportera la prise de recul nécessaire, un peu comme si vous relisiez votre histoire en présence de quelqu’un qui est neutre, qui peut vous rejoindre, vous entendre.

Ses reflets, ses paroles vous aideront à entrer dans l’apprivoisement, à vous reconnecter à la partie inconsciente qui vous empêche de vous réaliser. Mettre à jour ce qui a provoqué ce sentiment de culpabilité que vous portez, sans vous en rendre compte, vous permettra de vous mettre debout, de prendre votre envol. 

Les obstacles qui nous empêchent de nous réaliser (2)

Regard psychologique

Pour bloquer la confiance, l’estime et l’affirmation de soi, piliers fondamentaux pour se réaliser, rien de pire que des parents infantilisants, incapables de donner à leur enfant l’illusion qu’il a prise sur le monde.

Des parents qui, par leurs paroles, leurs gestes, empêchent à l’enfant de s’affirmer et emprisonnent d’une manière ou d’une autre toute expression qui ne correspondent pas à leurs attentes, - même s’ils agissent par amour ou par besoin de protéger – empêchent également la construction d’un des piliers, voir des trois.

Martin Seligman, l’un des fondateurs de la psychologie positive, a élaboré la notion « d’impuissance acquise ». Il a constaté que ses patients avaient en commun de penser que leur marge d’action sur leur destin était inexistante, et aucun succès ne les faisait changer d’avis.

Ce n’est qu’en entrant dans un travail suivi que vous pourrez changer votre destin. La vie vous appartient, à vous de couper les liens qui vous empêchent de vous réaliser.

Je vous retrouve après les relâches de Pâques. Toutes belles fêtes à vous et à bientôt.

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