La sensibilité à fleur de peau

Publié le par Madeleine Moreau

Signe d’une fragilité intérieure

 

Dans une société où il ne faut pas montrer ses fragilités, où il faut se montrer solide et sûr de soi, certaines personnes se sentent exclues, différentes des autres : elles se vivent avec une sensibilité toujours à fleur de peau. 

La sensibilité à fleur de peau

Les larmes qui surgissent au bord des paupières, le sourire qui s’estompe, les paroles qu’on voudrait dire et qui ne viennent pas, les pensées qui se bousculent, les muscles qui se contractent pour un rien …

Vous connaissez peut-être des personnes qui présentent tous ces symptômes.

Peut-être êtes-vous en train de vous dire : « C’est tout moi ».

Le diagnostic : hypersensible, trop émotif/ve, sans cesse sur le qui-vive, toujours à fleur de peau …

Les symptômes d’une émotivité exacerbée

Il suffit parfois d’un rien : un regard, une parole, un geste, et c’est comme si une aiguille venait transpercer leur sensibilité.

La réaction est différente selon la situation où cela se produit, les symptômes se manifestent au cœur de la sensibilité et sont identiques pour toute personne souffrant du même handicap.

Voici quelques situations qui peuvent vous alerter si vous souffrez d’une émotivité handicapante:

Pour chaque situation, 3 réactions peuvent se produire :

  • Vous entendez votre prénom alors que vous n’assistez pas à la discussion.
  • Première réaction : vous êtes convaincu/e que c’est de vous que l’on parle.
  • Deuxième réaction : vous vous tendez intérieurement comme si vous alliez vous mettre en position de défense.
  • Troisième réaction : vous n’arrivez plus à bouger et vous restez là, sans savoir à quoi vous attendre.
  • Vous avez la sensation d’avoir fait un bon travail, d’avoir été au top de ce que l’on vous demandait et lors d’un colloque, votre travail est « critiqué »,
  • Première réaction : vous ressentez la critique comme une non-reconnaissance des efforts fournis.
  • Deuxième réaction : vous avez la sensation que le groupe vous accuse.
  • Troisième réaction : vous fondez en larme.
  • Une personne proche traverse une période difficile et se confie à vous.
  • Première réaction : vous vous sentez concerné/e par ce qui lui arrive.
  • Deuxième réaction : ce qu’il vous partage vous atteint physiquement.
  • Troisième réaction : sans qu’elle ne vous le demande, vous partez immédiatement pour partager sa souffrance.
  • Dans votre environnement relationnel proche, (couple, famille) rien ne va plus. Les tensions sont, pour ainsi dire, quotidiennes.
  • Première réaction : vous agissez comme si vous ne vous sentiez pas concerné/e.
  •  Deuxième réaction : vous tentez de garder le sourire et d’apporter un peu de paix.
  • Troisième réaction : A chaque rencontre vous évitez les sujets qui fâchent.

Quelle que soit la réaction que vous avez, vous n’arrivez pas à cacher votre fragilité intérieure.

Vous vous sentez mal dans les situations à forte intensité émotionnelle, situations heureuses ou tristes.

Les trous de mémoire, les lapsus, les jambes qui flageolent, vous connaissez.

Vous cherchez à garder un équilibre, une distance pour ne pas « paraître si sensible », mais rien n’y fait, c’est plus fort que vous.

Une fracture qui peut guérir

Même s’il est impossible de « fracturer » la sensibilité, cette image peut vous aider à visualiser que quelque chose, dans votre vie, votre histoire à provoquer cette fragilité dans votre sensibilité.

Quelque chose « s’est cassé, brisé » en vous.

Votre sensibilité garde une trace de ce qui s’est passé. A chaque fois que vous êtes face à une situation à forte intensité émotionnelle, elle réagit comme par le passé, même si vous n’avez aucun souvenir de l’évènement ou des évènements qui se sont produits.

C’est peut-être :

  • Un évènement de vie bouleversant – une séparation, un deuil, un accident, une catastrophe …
  • Un évènement qui s’est produit alors que vous n’étiez pas en âge de comprendre ce qui se passait et où personne ne vous expliqué, apporté une sécurité …
  • Une éducation rigide où la faiblesse n’était pas acceptée, où le droit à l’erreur était interdit, où les sentiments étaient bannis …
  • Un traumatisme subit à un jeune âge et que vous n’avez pas pu verbaliser …

Lorsque ce quelque chose s’est produit, vous avez été privé/e de parole, de geste, d’action, de pensée … vous privant ainsi de vivre la construction de votre affectivité et de traverser paisiblement les évènements à forte charge émotionnelle.

Il est possible que votre mémoire ne se souvienne pas, votre sensibilité a garder un enregistrement précis de ce que vous avez alors ressenti.

C’est la raison pour laquelle il peut être vain de chercher dans son histoire ce qui s’est produit, l’important est de ne pas minimiser qu’il y a eu quelque chose, même si vous ne savez pas quoi.

Ce n’est pas parce que vous savez ou ne savez pas, qu’il est possible de guérir la fracture qui s’est produite.

Pour avancer

La manière dont réagit votre sensibilité fait partie, pour aujourd’hui, de votre humanité. Pouvez-vous l’accueillir et l’accepter ?

Dans les instants où vous sentez que vous êtes à fleur de peau, que les mots vous manquent, que les battements de votre cœur s’accélèrent, que vos gestes se paralysent …, respirez profondément. Cela vous permettra de prendre un peu de recul, de vous rejoindre dans le moment présent.

Si l’émotion est plus forte que ce qui apparaîtrait « normal », prenez le temps de la ressentir dans votre corps, puis, essayez de la verbaliser : « Je me sens en pleine panique, je ne trouve pas les mots, je ne sais pas quoi faire dans cette situation … » Nommer ce que vous ressentez dans votre corps va permettre de faire baisser la tension intérieure. Il vous sera alors possible de réagir non pas avec une hypersensibilité, mais avec plus de conscience de ce qui vous est possible de faire.

Ne vous jugez pas, ne vous condamnez pas. Ce que vous auriez été en droit de recevoir au moment où la fracture s’est produite, vous pouvez, aujourd’hui, vous le donner.

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Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.  

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Commenter cet article

potier 06/09/2017 23:44

Merci beaucoup pour les symptômes, en ce qui me concerne, correspondent exactement. ALtercation brutale avec une amie (rompu) et ma directrice (arrêt contrat) par mes initiatives. Ce n'est jamais ou rarement les autres qui nous explulsent, car on fait tellement attention au moindre mots ou regard ou action, et finalement on marche sur des oeufs constamment... !! C'est fatiguant. Aussi. certaine situation violente (crie, gestuelle...)est très néfaste d'où l'impossibilité de pouvoir se sauver soi-même ! C'est déjà trop tard. Temporiser et faire mine que tout va bien, respirer et faindre la comédie que ça va ....le choc est encaissé. Aussi, peut-être ajouter que l'on se sent seul face à certaines situations, et donc dans l'impossibilité de faire appel à quiconque....très déstabilisant ! +++ et puis après on raconte. Thérapeutique...en croyant que l'on avait raison, sauf qu'on vient de bousiller une relation que l'on finissait par ne plus supporter inconsciemment. Finalement, c'est à celui qui nous crie dessus qui a tort. Et le pire, c'est que l'on a raison. Même si ça nous coûte....Je conseillerai donc, un relationnel léger, spontané avec des pauses...ne pas interpréter et toujours respecter l'autre, et surtout ne pas tomber dans la routine et répétitif !!! Très nuisible car faut faire encore plus attention, tout le monde te connais, !!! Et on ne veut pas décevoir éviter les remarques, semblait parfaite..., mi-ange / mi-demon. Ne réveillé pas la bête qui est en nous.