Les préjugés ne sont pas inoffensifs

Publié le par Madeleine Moreau

Un frein à desserrer pour devenir libre  

 

Avez-vous déjà  pris la route en ayant oublié de desserrer le frein à main ?

Il ne faut pas longtemps pour vous rendre compte que votre voiture n’a pas de puissance, le moteur cale, et vous avez beau appuyer sur l’accélérateur, vous n’avancez pas.

Et si, vous ne prenez pas conscience que vous avez oublié votre frein, une odeur de surchauffe va vite vous permettre de découvrir les raisons qui vous empêchent d’avancer. 

Les préjugés ne sont pas inoffensifs

Imaginez, maintenant, qu’un préjugé, c’est le frein inconscient qui vous permet de « sécuriser » vos peurs fantômes.

Vous roulez avec ce frein à chaque fois que vous laissez un préjugé prendre la place à votre capacité de quitter votre zone de confort.

La puissance du frein

Les préjugés se caractérisent par un sentiment de certitude qui nous fait agir et réagir de telle ou telle façon face à des événements ou à des personnes.

Ils ne sont pas la réalité, mais nous agissons comme s’ils l’étaient.

Ils déterminent très largement notre perception de la réalité et nos comportements.

Quelques exemples :

  • Echecs scolaires

Lorsque le frein n’est pas serré : L’étudiant regarde l’échec comme un accident de parcours, assume ses responsabilités, prend conscience de ses lacunes, retrouve ses motivations à réussir …

Si le frein est serré : L’étudiant peut croire qu’il n’est pas intelligent, que les études ne sont pas faites pour lui, que les profs ne savent pas enseigner, croire qu’il ne pourra jamais réussir …

  • Echecs professionnels

Lorsque le frein n’est pas serré : Il n’y a pas de difficultés majeures à reconnaître ses incompétences, ou à percevoir ce qui conduit à l’échec. Il est alors possible de réajuster ses objectifs, recommencer une formation, trouver un autre créneau …

Si le frein est serré : Le risque est de se juger incompétent (au-delà d’une incompétence qui peut être réelle), d’accuser les autres, juger la société ou l’entreprise (« ils ne donnent aucune chance aux jeunes ou aux vieux »), ne pas se remettre en question …

  • Echecs affectifs

Lorsque le frein n’est pas serré : La souffrance du lien rompu n’est pas minimisée ou amplifiée. Le processus du deuil affectifs se fait et l’aspiration à aimer, se sentir aimé/e reprends sa place …

Si le frein est serré : Peut se développer la certitude que la vie à deux conduit à un échec, que tous les hommes ou toutes les femmes sont comme ci ou comme ça … il peut y avoir tendance à éviter tout nouvel engagement qui ne répond pas à un idéal précis …  

 

Le frein, dans ces exemples, sont des croyances qui se sont enracinées profondément dans notre conscience et/ou notre inconscience.

Elles sont activées par la force des préjugés acquis, bien souvent, dans notre éducation, nos expériences de vie, par ce qu’on nous a dit et fait croire … par ce que nous pouvons imaginer …

Plus  on a de références pour appuyer une croyance et plus l’intensité émotive reliée à la référence est forte. L’enfant qui  a souvent entendu ses parents et professeurs, qu’il n’était pas intelligent a des références très puissantes pour croire que c’est vrai et se comportera en conséquence à l’âge adulte.

Vraies ou fausses nos croyances ?

La question n’est pas tant de savoir si nos croyances sont vraies ou fausses, mais bien plutôt de déterminer si elles nous servent ou nous nuisent, si elles sont paralysantes ou si elles nous aident à nous épanouir, à atteindre nos objectifs, à vivre.

Nos freins et les conséquences possibles dans notre vie

Notre cerveau est ainsi fait qu’il nous conduit à fuir ce qui provoque la douleur et qu’il recherche au contraire ce qui donne du plaisir.

La clef pour réussir à opérer un changement durable repose donc en bonne partie dans notre capacité à associer le plus de douleur possible à rester comme on est, et le plus de plaisir au fait de changer.

Voici quelques questions intéressantes qui devraient vous aider à ébranler la force de ces préjugés:

  • Qu’est-ce qu’il y a de ridicule ou d’absurde dans ce préjugé?
  • De qui ai-je appris cette manière de penser? Est-ce que cette personne est un modèle pour moi dans ma sphère privée ?
  • À long terme, quel prix émotionnel devrai-je payer si je garde ce préjugé?
  • Quel sera le prix à payer dans mes relations avec les autres si je garde ce préjugé?
  • Qu’est-ce qu’il peut me coûter physiquement à long terme ?

Desserrer nos freins pour agir librement

Vous est-il déjà arrivé de vouloir changer un comportement, une façon de penser, une habitude nuisible, d’avoir la motivation pour le faire, de réussir pendant un certain temps, puis de revenir au point de départ, encore plus persuadé qu’avant qu’il n’y a rien à faire … (une nouvelle croyance)?

Tous les spécialistes du comportement vous le diront: on ne peut se débarrasser d’une façon d’agir, d’une émotion ou d’une habitude sans la remplacer. Sinon, ou bien nous la remplacerons inconsciemment par une autre qui risque d’être tout aussi nuisible (n’est-ce pas le cas de l’ex-fumeur qui se met inconsciemment à manger trop) ou bien nous reviendrons à l’ancienne.

Mais, attention, il ne s’agit pas de dire : « Je suis nul » par : « Je réussis » pour que cela puisse changer. C’est tout un processus qu’il faut mettre en place progressivement, puis, accepter que cela puisse changer.  

Le processus

  • Repérer les préjugés qui nous limitent dans notre déploiement et chercher comment ils se sont installés en nous.
  • Revenir autant que possible à la réalité d’aujourd’hui et se laisser ressentir toute la densité de l’aspiration qu’il y a derrière la limite que nous expérimentons.
  • Faire un travail de rééducation en adoptant une nouvelle manière de percevoir la réalité. Cette rééducation ne peut se vivre que si nous avons en nous suffisamment de motivation à changer, à faire face différemment aux situations, à oser expérimenter autrement une manière de vivre ou de penser.
  • Trouver une personne qui peut nous accompagner dans le changement, à qui nous pourrons parler de ce que nous vivons, avec qui nous pourrons nous confronter à l’origine qui a enraciné la croyance en nous et nous aider à nommer l’aspiration qui peut nous propulser en avant.
  • Ne pas nier ou refouler l’impact qu’a le préjugé.
  • Commencer à vivre dès que possible autrement en se fixant des objectifs réalistes et réalisables.

Conclusion

Nous avons vu que, lorsqu’un événement extérieur se produit, notre façon de l’interpréter est bien plus importante et décisive que l’événement lui-même. En effet, le sens que nous lui attribuons va déterminer l’effet que cet événement aura sur nous et sur notre vie.

Source : Marc Vachon, psychologue,

 Revisité par mes observations auprès de mes clients

 

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.

 

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