Qu’est-ce que je peux faire pour l'autre ?

Publié le par Madeleine Moreau

       Qu’est-ce que je peux faire pour l'autre ?

Avez-vous déjà remarqué combien les « dysfonctionnements » des autres nous touchent profondément ?

Tant que ceux-ci ne sont pas, je dirais, à répétition, systématiques, nous rions un peu et parlons de leurs défauts. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent récurrents que nous avons envie de faire quelque chose, de leur ouvrir les yeux, de les changer.

C’est sans doute pour cela que nous parlons si souvent des autres lorsque nous avons un entretien d’aide, plutôt que de parler de nous !

Inconsciemment, nous aimerions avoir la clé pour aider l’autre, que ce soit le conjoint, la conjointe, un parent, un enfant …

Ne vous en faites pas, j’ai réagi de multiples fois de cette manière. C’était tellement plus commode de parler des énervements qu’occasionnait mon conjoint, une collègue, un patron, ma mère, mon père, etc.

Moi aussi je voulais aider l’autre à changer, l’aider à prendre conscience de ses défauts, de ses dysfonctionnements, pensant qu’ainsi la relation redeviendrait, à mes yeux, plus vivable.

Malheureusement, ça ne marche pas.

Avant l’autre, il y a VOUS

C’est ce que j’ai appris au long des années. J’ai appris que je pouvais parler de l’autre pendant des heures, parler de ce qu’il me faisait vivre, de ce que je percevais en lui, de ce qui m’énervait, alimentait ma colère, me désespérait de voir changer, je n’obtenais pas les résultats que j’espérais.

J’ai appris que le mieux que je pouvais faire pour l’autre, c’était de m’occuper de MOI.

Vous y verrez peut-être du nombrilisme, une forme d’égoïsme pur.

Il est vrai, à première vue, que ça y ressemble.

Cependant, si vous éprouvez le besoin de parler de ce que l’autre vous fait vivre, de ce que vous endurez, de ce qui vous énerve, c’est parce que cela vous touche. Les même réactions vécues par X ou Y pourrait vous faire sourire, vous n’y verriez pas une catastrophe, pas matière à tirer la sonnette d’alarme.

Le travail sur SOI

Lorsque l’on décide de faire appel à un coach de vie, à un thérapeute, c’est justement pour faire le clair sur ce que nous vivons, pas pour faire le clair sur ce que vis l’autre.

C’est pour cela que cela se nomme : entreprendre un travail sur soi.

Si c’était le contraire, il y aurait un bel avenir pour tous les thérapeutes.

Donc, si vous sentez concerné/e par mes propos, voici quelques pistes qui peuvent vous aider à rectifier vos demandes d’aide :

  • L’autre a une place importante dans ma vie, il a ses défauts, ses qualités, cela lui appartient
  • L’autre a ses propres problèmes et les gère comme il le peut, je ne peux pas agir à sa place
  • L’autre a son propre système de défense. Si j’essaie de le traverser il y a de fortes chance qu’il devienne mon ennemi
  • L’autre a une influence sur ma vie, elle est bonne ou elle est mauvaise, ce sera toujours à moi de regarder de quoi est faite cette influence.

Ce qui devrait vous ramener à VOUS :

  • J’ai des besoins, j’ai des envies, et je vis difficilement l’alliance avec les besoins ou les envies de l’autre. J’ai à regarder ce que j’attends de l’autre et comment je peux vivre sans rester dans l’attente de recevoir
  • Les comportements de l’autre, sa manière d’être, d’agir, m’énerve, m’agace, me met en colère. Sous l’énervement, l’agacement, la colère, il y a des choses que je ne vis pas vraiment ou que je ne peux pas vivre, comment puis-je retrouver la paix intérieure ?
  • Quand l’autre se replie dans son système de défense, je me sens attaquée ou rejetée, qu’est-ce qui est derrière cela ?
  • Je me laisse influencée par l’autre, j’ai des difficultés à m’affirmer, à me positionner, à vivre ma vie. J’ai peut-être à travailler sur l’estime de moi, sur l’image que j’ai de moi, sur le sens que je veux donner à ma vie.

Ce passage de l’autre à vous est important, je dirais essentiel si vous voulez aider l’autre à changer, à vivre autrement.  

En travaillant sur VOUS, vous permettez à l’AUTRE de changer

C’est paradoxal me direz-vous.

Laissez-moi vous partager une expérience vécue il y a quelques années.

Pendant des mois et des mois, je n’ai eu qu’un sujet dans mes entretiens : ce que me faisait vivre mon responsable hiérarchique.

Je n’en pouvais plus de son comportement vis-à-vis de moi, je l’accusais de tous mes maux, j’étais dans une tension extrême et je ne savais plus comment calmer mon angoisse à l’approche d’un colloque.

Si je parlais exclusivement de lui, c’était, inconsciemment, parce que j’avais besoin qu’il me reconnaisse dans mes compétences, je voulais qu’il me fasse confiance, je désirais me sentir importante à ses yeux.

Lui, il n’avait rien à faire de tout cela. Il était le chef, il se comportait en chef, le patron, c’était lui.

La personne qui m’accompagnait me demandait souvent : « Et toi, qu’est-ce que tu vis, qu’est-ce que tu ressens ? »

Tout ce que je vivais, ce que je ressentais, c’était à cause de lui. Donc, je repartais sur lui …

Jusqu’au jour où j’ai commencé à regarder et à parler de ce que je vivais intérieurement, sans le prendre pour cible.

Mon responsable hiérarchique est devenu moins présent, il a laissé place à des pans de mon histoire. J’ai commencé à percevoir, qu’en fait, il était le portrait de tous les « négatifs » que je gardais en moi.

Petit à petit, j’ai accepté de travailler sur ce qui m’appartenait plutôt que de chercher à comprendre ce qui ne m’appartenait pas.

Un jour, nous avons eu besoin d’une supervision de groupe. Chaque personne présente devait dire les griefs qu’elle portait vis-à-vis du groupe.

Lorsqu’est venu le tour de mon responsable, qu’elle n’a pas été ma surprise de l’entendre dire : « Concernant Madeleine, je n’ai rien contre elle, elle est devenue forte."

Et j’ai réalisé que depuis quelques mois, en effet, nous arrivions à travailler ensemble sans tensions, ce qui a continué jusqu’à mon départ.

Mon responsable hiérarchique avait-il changé à ce point ? Non, je vous rassure, il était toujours l’égal de lui-même. Par contre, moi j’avais changé. C’est mon changement qui lui a enlevé le pouvoir que je lui donnais de me manipuler à sa guise, de me rabaisser lorsque bon lui semblait, de me rappeler que je n’étais qu’une employée et non le chef.

En lui reprenant le pouvoir donné, il ne pouvait plus rien contre moi.

Je vous laisse réfléchir à ce que cela pourrait produire dans votre vie si vous accepter que vous ne pouvez pas changer l’autre, mais que par contre, vous pouvez changer quelque chose en vous.

Conclusion

Vouloir changer l’autre est une bonne intention. Regarder ce que vous pouvez changer en vous est une excellente intention.

  • Plus vous en faites pour vous-même, moins de pouvoirs vous donnez à l’autre
  • En acceptant de devenir vous-mêmes, vous permettez à l’autre de vivre plus de liberté
  • Plus vous vous acceptez dans ce que vous vivez, ressentez, plus vous acceptez l’autre et ses imperfections
  • Plus vous avez d’estime envers vous-même, plus l’autre aura d’estime et plus vous aurez d’estime envers l’autre

L’autre est souvent le déclencheur qui nous permet de nous ajuster à ce que nous désirons profondément.

C’est un travail de longue haleine, qui n’est pas accompli une fois pour toute, qui est à reprendre dès qu’un autre commence à « nous taper sur les nerfs ».

Ce que nous aimerions pouvoir faire pour l’autre, c’est souvent, pour ne pas dire toujours, ce que nous pouvons faire pour nous.

        

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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