A savoir : vous ne pouvez pas tout contrôler

Publié le par Madeleine Moreau

A savoir : vous ne pouvez pas tout contrôler

Le contrôle, le désir d’avoir un pouvoir sur les choses de la vie, n’est-ce pas ce que nous aimerions avoir chacun et chacune ?

Surtout lorsque nous pensons au pire scénario qui pourrait nous arriver.

Nous aimons la vie pour autant que le ciel soit bleu, la mer calme et que les roses fleurissent toute l’année sans épines.

Nous l’aimons un peu moins lorsque le ciel devient menaçant, lorsque les difficultés pointent à l’horizon.

Nous nous mettons à douter de son bon sens lorsque plus rien ne va, lorsque le ciel nous tombe sur la tête.

Tout cela semble bien humain me direz-vous.

D’ailleurs, n’est-ce pas le désir d’être bien, de pouvoir s’épanouir en toute sécurité, de vivre sans peur que nous recherchons inlassablement ?

Un désir de vouloir tout contrôler inconscient

Que nous le voulions ou pas, cette envie de vouloir tout contrôler est bien enracinée en nous :

  • Les parents veulent protéger leurs enfants et vivent cette crainte qu’il leur arrive quelque chose de grave tout au long de leur vie.
  • Un couple espère toujours que leur amour durera toute la vie et qu’il n’y aura jamais de séparation, que ce soit par le divorce ou le deuil.
  • Un professionnel veut croire qu’il gardera son emploi sans jamais passer par la case chômage.
  • Un ami, une amie veut que le lien d’amitié ne s’effrite jamais.

Cela montre à quel point nous redoutons qu’il puisse arriver quelque chose de grave aux personnes qui nous sont chères.

Inconsciemment, nous redoutons la même chose pour nous.

Sans en avoir vraiment conscience, nous mettons en place des attitudes, des fonctionnements qui nous permettent de penser que nous avons un certain pouvoir, donc un contrôle pour protéger notre environnement humain direct.

Un pouvoir qui n’est pas réel

Ce pouvoir n’est pas réel. Il nous sert uniquement à croire que nous pouvons, par nos attitudes, nos croyances, repousser le malheur, lui interdire d’entrer dans nos vies.

Nous n’avons aucun pouvoir pour éviter les cataclysmes qui peuvent survenir dans nos vies ou dans la vie d’une personne proche.

Par cataclysmes, je veux parler des épreuves qui peuvent survenir et qui font que la vie ne sera plus jamais la même qu’avant.

  • Le diagnostic d’une maladie grave qui est annoncé.
  • Un infarctus qui touche l’être aimé.
  • Un viol, une agression sexuelle.
  • Le rejet d’un parent face à son enfant ou d’un enfant face à ses parents.
  • L’incendie de son appartement.
  • Un accident grave de la circulation.
  • La mort d’un enfant.
  • La disparition subite d’une personne proche.
  • Un kidnapping.
  • Une rupture amoureuse.
  • Un suicide.
  • Le crash d’un avion.
  • Etc. …

Autant d’évènements qui font que la vie ne sera plus jamais la même qu’avant. Des évènements qui obligent à vivre avec, à surmonter la souffrance, la douleur, à construire autrement.

Nous avons tous et toutes, dans notre entourage, des connaissances qui ont vécu un des évènements cités ci-dessus. A chaque fois, nous nous sommes sentis impuissants face au drame, face au cataclysme. Nous avons cherché à consoler, à redonner espoir, à positiver, mais une trace indélébile s’est déposée en nous. C’est sans doute qui nous pousse à vouloir exercer un contrôle sur les évènements de la vie.

Accepter l’impuissance

Je pourrais vous parler du lâcher prise. J’ai plus envie de vous parler de l’acceptation, mais pas n’importe quelle acceptation, celle de votre sentiment d’impuissance.

Personnellement – Si je reprends la liste ci-dessus, il n’y a que le kidnapping qui ne figure pas dans les cataclysmes vécus par une connaissance ou une personne proche.

A y penser, cela me donne encore des frissons.

Dans chaque situation j’ai été témoin de la souffrance, de la douleur qui persiste parfois pendant des années dans le cœur des personnes qui ont traversé de tels moments dans leur vie.

Témoin et impuissante face à la douleur, face aux questionnements, face aux ravages que peuvent produire de telles épreuves.

J’aurais voulu pouvoir consoler, c’est-à-dire, si je suis vraie, effacer cette douleur pour ne plus l’avoir en face de moi. J’aurais voulu tendre la main et effacer le drame qui touchait l’autre. J’aurais voulu être simplement une présence bienveillante, mais à force de dire que ça allait s’arranger, que les choses redeviendrait presque comme avant, je n’étais plus cette personne bienveillante. Il est très difficile d’écouter jusqu’au bout la souffrance partagée.

Combien de fois me suis-je sentie impuissante pour, ne serait-ce, qu’accepter que de telles choses puisse arriver …

Accepter l’impuissance de changer les choses, de n’avoir pas réussi à apporter le soutien ou d’avoir eu les paroles qui nous auraient semblées plus adéquates n’est pas chose facile. Cependant, c’est la seule attitude que nous pouvons adopter pour quitter le besoin de contrôle inconscient sur ce qui peut arriver dans notre vie ou dans la vie des personnes que nous aimons.

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt. 

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