La peur du changement : un piège démoniaque

Publié le par Madeleine Moreau

Elisabeth prend conscience que le moment de la retraite approche. Dans moins de 12 mois elle devra quitter ses collègues et commencer une vie nouvelle. Elle aimerait arrêter le temps, revenir 10 ans en arrière. Elle ressent à chaque matin une angoisse qui ne fait qu’augmenter dès qu’elle pense que dans quelques mois, son réveil ne sonnera plus pour lui dire qu’il est temps d’aller travailler.

Martine est terrifiée depuis qu’elle a reçu une lettre l’avertissant qu’elle devait se trouver un autre logement, le sien ayant été vendu. Cela fait plus de 30 ans qu’elle habite dans ce « 2 pièces », qu’elle n’aimait pas, le trouvant trop sombre, trop froid. Elle a toujours rêvé d’un appartement un peu plus grand, situé au sud, avec un balcon. La simple idée de déménager l’a toujours arrêtée dans son élan.

Jacqueline accumule dans son salon tous genres de prospectus qui parlent de pays lointains, de destinations paradisiaques. Depuis des années elle économise en vue d’un tour du monde. Dès qu’arrive l’été, elle réserve deux semaines dans l’hôtel qu’elle a découvert il y a 20 ans. A chaque fois elle se dit que c’est la dernière fois, l’an prochain elle réalisera son rêve. En attendant, elle s’endort chaque soir en se projetant dans un nouveau pays, une nouvelle destination.  

La peur du changement : un piège démoniaque

Le point commun de ces 3 femmes est : la peur du changement.

Chacune s’est installée confortablement dans une routine.

Elisabeth se réveille depuis plus de 40 ans à 5h45, 5 jours par semaines et perd ses repères à chaque congé prolongé ou au moment des vacances. Elle se sent revivre dès qu’elle retrouve le rythme des horaires adoptés. Martine, quant à elle, n’a jamais réussi à dépasser sa peur d’aller vivre dans un autre endroit. Cet appartement a été son premier et elle n’a jamais pris conscience qu’elle s’y était enfermée comme dans un cocon, refusant de le faire éclater pour s’envoler vers quelque chose qui lui donnerait une sensation de liberté. C’est un peu le même scénario pour Jacqueline. Il lui est plus confortable de partir chaque année sur la même plage, dans le même hôtel et de repousser le moment où elle osera partir à la découverte de ces pays qui l’attirent et lui font peur en même temps.

Un piège démoniaque

La peur du changement, la panique qui s’installe dès que les pensées se portent sur le risque de perdre ce qui est acquis, l’angoisse qui ne cesse de s’amplifier et devient intolérable lorsque l’étau se resserre, ce qui est le cas pour Elisabeth et Martine, est un piège démoniaque.

Démoniaque car il fait rester dans une sécurité, une protection qui a été recherchée à un moment de la vie. Démoniaque car il empêche tout élan qui permettrait l’envol vers la liberté.

La peur du changement oblige, pourrais-je dire, la personne de rester dans un confort illusoire. Ainsi, Elisabeth n’a rien à craindre, sa vie est rythmée par les horaires de bureau, chaque jour elle fait le même déplacement, rencontre les mêmes personnes. Martine s’est, en quelque sorte, fondue dans les murs de son appartement. Jacqueline repousse sans cesse son rêve de partir pour d’autres destinations. Chacune reste dans un soi-disant confort qui leur permet de vivre sans avoir peur.

Ce piège se desserrera uniquement au moment où elles auront le courage d’entrer dans un changement.

Accueillir le changement

On ne se débarrasse pas d’un piège en donnant un bon coup de balai.

On s’en débarrasse en planifiant une nouvelle manière de penser, de regarder les choses.

Le problème réside alors dans l’idée même de la planification, surtout si la pensée est que dans celle-ci, tout doit être prévu, calculé. Surtout si la croyance conduit à croire que la planification va enlever la part de liberté et la spontanéité.

Planifier une nouvelle manière de penser, de regarder les choses, c’est se préparer à entrer dans le changement.

Reprenons la réalité d’Elisabeth : Dans moins d’une année, elle sera à la retraite. Vers quoi pourrait-elle tourner ses pensées ?

Reprenons la réalité de Martine : Dans quelques mois, qu’elle le veuille ou pas, elle devra quitter son appartement. Comment peut-elle se donner l’élan nécessaire pour visiter d’autres appartements et choisir celui qui lui conviendra vraiment ?

Reprenons la réalité de Jacqueline : Depuis plus de 20 ans elle se rend, pour les vacances, dans le même hôtel tout en remettant à l’an prochain son projet d’aller vers une autre destination. Que pourrait-elle faire d’ici le mois d’avril pour ne pas réserver à nouveau la même chambre ?

Avant d’aller plus loin, je serais heureuse de lire les pistes que vous donneriez à chacune. N’hésitez pas à donner votre avis dans un commentaire.

Je vous souhaite un excellent week-end, à bientôt. 

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