Faire face à la peur que provoque le changement

Publié le par Madeleine Moreau

Faire face à la peur que provoque le changement

Je n’ai pas eu beaucoup de réactions suite au dernier article.

Mais revenons sur les réalités d’Elisabeth, Martine et Jacqueline. Ces 3 femmes qui sont face à un changement important dans leur vie et qui se retrouvent dans un piège démoniaque.

Elisabeth est proche de la retraite. Au fil des mois, elle prend conscience qu’il lui reste très peu de temps avant qu’elle ne quitte définitivement le rythme qui est le sien depuis des années.

Martine a toujours repoussé son aspiration à trouver un appartement qui réponde à ses envies. Il lui reste quelques mois pour en trouver un, le sien ayant été vendu.

Jacqueline rêve de voyages, de destinations lointaines. Pourtant, depuis des années, elle réserve dans le même hôtel, se promettant à chaque fois de ne pas faire la même chose l’année suivante. Elle prend conscience qu’elle ne réalisera pas ses rêves si elle ne parvient pas à franchir le pas du changement.

Ma question était : « Quelles pistes donneriez-vous à chacune pour les aider à faire face à leur peur ? »

Voyons cela de plus près :

La retraite : une étape importante à préparer

Dernièrement, une personne me demandait : « A partir de quand faut-il préparer sa retraite ? »

Je lui ai répondu : « 10 ans avant … tout d’abord pour le plan financier, ensuite pour déterminer ce que tu désires faire une fois à la retraite. »

Une réponse qui l’a déstabilisée. 10 ans avant, cela semble long, très long.

Déterminer ce que l’on veut faire durant les années qui nous seront données après la retraite est important. Cela ne se fait pas dans les derniers mois.

Nous vivons de plus en plus longtemps, nous restons en bonne santé plus longtemps. Nous pouvons avoir en nous des rêves, des projets que nous désirons réaliser lorsque nous aurons plus de temps, lorsque nous serons plus libres. Cela peut demander des dépenses plus ou moins importantes, d’où la nécessité d’avoir établi un plan financier qui tienne compte des futurs besoins.

Pour Elisabeth, il lui reste quelques mois. C’est un peu court. D’autant trop court qu’elle ne s’est jamais projetée dans un « après ».

Sa routine est : 5 jours de travail, 2 jours de congé + des vacances chez elle, où elle attend avec impatience la reprise du travail.

Comment va-t-elle faire face à la réalité brutale de son réveil qui ne sonne plus le matin, des petites disputes avec ses collègues ou le regard bienveillant de son supérieur qui lui pardonne ses petites erreurs.

Comment va-t-elle organiser ses semaines pour ne pas tomber dans un état dépressif et trouver du goût à sa vie ?

Attendre d’être arrivée au moment fatidique n’est pas la meilleure solution. C’est la moins bonne.

Elle pourrait commencer à demander un horaire plus allégé, comme prendre un 80% pendant les 3 prochains mois et un 50% pour les 3 derniers mois. Cela à condition qu’elle puisse rester à l’aise financièrement.

Elle peut aussi demander un accompagnement avec un/e coach de vie pour établir un projet de vie, planifier sa nouvelle vie, cerner ses aspirations, parler de ce qui lui ferait envie, etc …

En agissant en amont, elle va réduire l’intensité de l’angoisse qui monte en elle lorsqu’elle pense à la fin de sa vie professionnelle. Elle va peut à peut entrer dans la réalité qui l’attend et elle pourra s’approcher du jour de sa mise à la retraite avec un chemin différent qui s’ouvre devant elle.

Un déménagement qui est une nouvelle naissance

Martine est angoissée depuis qu’elle a reçu la résiliation de son bail. De plus, le marché immobilier est restreint. Il y a 30 ans, il y avait du choix, beaucoup de choix. A présent, il y en a peu et de plus, les prix des loyers ont plus que triplés. C’est une réalité difficile à laquelle elle doit faire face.

Ce que je lui proposerai, c’est de commencer un processus de deuil.

Son appartement représentait un cocon, un nid sécurisant, même si elle ne s’y sentait pas toujours très bien. Chaque chose est à sa place, rien n’a changé depuis 30 ans. Elle doit faire le deuil de quelque chose qu’elle connaît parfaitement.

Dans ce processus de deuil, il est important qu’elle prenne le temps de se projeter ailleurs, dans un autre quartier, peut-être dans une autre commune. Sa projection doit la conduire à se voir dans une nouvelle topographie de lieux. Elle doit pouvoir s’y sentir à l’aise, même si pour le moment elle n’a franchi aucun palier.

Il lui reste à faire les démarches nécessaires : regarder les biens immobiliers à louer, demander des rendez-vous pour visiter les appartements à disposition, faire des plans d’aménagement.

Martine fera face au changement qui l’attend si elle accepte de laisser moins de pouvoir à la peur, à l’angoisse qui l’étreint pour voir dans ce déménagement une nouvelle naissance qui l’attend.

Découvrir d’autres horizons

Certaines personnes redoutent le moindre changement et préfèrent passer leurs vacances tous les ans au même endroit, se réjouissant de retrouver des personnes qui sont comme elles. Elles recherchent avant tout un environnement familier qui les aide à se détendre et à lâcher prise. C’est le cas de Jacqueline.

Il serait facile de croire que cette peur d’avoir à changer de destination au moment des vacances n’est qu’une question de manque de liberté ou de refus de s’ouvrir à d’autres expériences.

En fait, c’est un peu plus compliqué.

Certaines personnes ne veulent pas changer leurs habitudes. Un lien s’est établi avec les responsables de l’hôtel, avec certains habitués. Les prestations offertes ne différent pas de ce qu’elles connaissent. Elles changeront de destination, de lieu, au moment de la fermeture de l’établissement ou du départ à la retraite des propriétaires.

D’autres ne désirent tout simplement pas voyager mais veulent se reposer dans un lieu qu’elles ont appris à connaître.

Pour Jacqueline, ce n’est ni l’un, ni l’autre. Elle rêve de découvrir d’autres paysages, d’autres pays. Elle se projette facilement dans une autre culture. Elle est ouverte sur le monde.

Sa peur de partir ailleurs est plus intrinsèque. Son réflexe de réserver à nouveau dans le même hôtel la sécurise en quelque sorte.

C’est un travail plus en profondeur qu’elle pourrait entreprendre. Il y a certainement une peur de changer ses habitudes, il y a aussi autre chose qu’elle doit découvrir pour se donner le droit de donner une réponse à ses besoins, pour donner vie à ses rêves.

Conclusion

Craindre le changement déclenche un piège démoniaque qui enferme la personne dans ses habitudes, dans une routine qui brime la liberté.

Ce n’est pas évident de faire face au changement lorsque le piège se déclenche.

Dans tout changement à vivre, il y a un processus de deuil qui doit s’enclencher. Ce qui était de l’ordre du « connu » devient « l’inconnu » et il y a toujours un risque à prendre, même si celui-ci semble minime pour les personnes qui sont à l’extérieur.

En nous limitant aux choses que nous connaissons, nous ressentons un sentiment de sécurité, mais passons à côté d’expériences intéressantes. En accueillant le changement, de nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir à nous.

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Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt. 

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