Le fil de pêche

Publié le par Madeleine Moreau

Il y a quelques années, je me trouvais au bord d’un fleuve. Il faisait froid, l’eau était sombre et le courant rugissait comme habité de colère.

Mes pensées étaient sombres. J’étais également en colère. Une souffrance ténue martelait mon cœur.

Je regardais l’eau, j’écoutais le vrombissement des flots et je me sentais attirée par cette violence.

Avais-je envie de rejoindre le fleuve ou de m’en éloigner ?

En quelques secondes, plus rien ne devenait vraiment important. Je ne voulais plus souffrir, je voulais vivre, je voulais me perdre dans les flots.

Et, j’ai vu un fil de pêche qui était resté accroché à la branche d’un saule pleureur. Branche qui effleurait l’eau, se courbant lorsque le courant la frappait de plein fouet.

Un fil de pêche qui n’en avait que faire d’être prisonnier de la branche, qui ne se laissait pas entraîner par le courant, qui offrait à mon regard des étincelles de lumière données par les quelques rayons de soleil qui s’échappaient des nuages noirs au-dessus de ma tête.

Je me suis sentie attirée par ce fil de pêche.

Une si petite chose qui semble être vivante, une petite chose qui semble très fragile et qui pourtant ne se rompt pas.

J’ai regardé le fil de pêche pendant de longues minutes. Je le regardais évolué dans le vent, se moquer de son emprisonnement.

Ma vie … un fil de pêche … ma vie tenait à un fil de pêche.

Mes larmes se sont arrêtées de couler, un sourire timide s’est dessiné sur mon visage.

J’aurais voulu pouvoir attraper ce fil de pêche, mais il était trop loin, suspendu au-dessus de l’eau noire. Il me suffisait de fermer les yeux pour le voir onduler devant moi.

Ma vie est un fil de pêche.

Quand les moments de déprime jouent au quitte ou double

Pourquoi vous partager aujourd’hui un évènement qui a eu lieu dans ma vie il y a quelques dizaines d’années ?

Parce qu’elle illustre assez bien ce que vivent des milliers de personnes lorsqu’arrive un changement de saison.

Le passage de l’été à l’automne semble affecter plus de personnes, le passage de l’hiver au printemps en affecte tout autant. 

Le fil de pêche

Ce serait aller trop vite au but que de dire que cela ne devrait pas être le cas, puisque nous progressons vers plus de chaleur, plus de lumière.

Pourtant, les faits sont réels. Les changements de saison affectent certaines personnes, elles sont propices à des passages de déprime plus ou moins importantes.

Selon l’intensité, selon la force de la déprime, qui bien sûr, s’aligne sur d’autres évènements, que ceux-ci soient d’ordre affectifs, professionnels ou personnels, c’est toujours une étape délicate à traverser.

C’est un moment pénible. Le moral est au plus bas, les pensées virent à la couleur sombre, l’énergie se réduit passablement, le corps n’en peut plus de tenir debout.

De plus, bien souvent, les proches ne comprennent pas. Ils essaient de remonter le moral, ils disent qu’il n’y a pas de raison de se laisser aller, ils y vont de leurs bons conseils, de ce qu’il faut faire. Le médecin prescrit des anxiolytiques ou des antidépresseurs, histoire de maintenir autant que possible la personne en bonne forme.

Pour la personne qui traverse une déprime saisonnière, c’est un moment délicat, tout peut se jouer à quitte ou double : la déprime est passagère ou elle évolue vers une dépression, qu’il faudra alors soigner autrement.

Si dans votre entourage quelqu’un est atteint de déprime

Dire ce qu’il faut faire, ce qu’il vous faudrait faire si vous traversez une déprime, n’est pas productif.

Chaque personne étant différente, vous ressentez cette déprime autrement que tel ou tel autre. Si X a envie de rester au lit toute la journée en attendant que ça passe, vous, vous vivez autrement ce passage, comme par exemple, terminer la plaque de chocolat, rester jusqu’à pas d’heure devant la télévision, vous étourdir en faisant de soudoku, etc.

Ce qui vous relie, c’est cette envie de ne rien faire, d’avoir une sensibilité à fleur de peau, de ne plus pouvoir avancer comme vous le faites normalement.

Donc, je vais m’adresser aux personnes qui sont proches d’une personne qui traverse une déprime saisonnière.

  • Votre réaction première est sans doute de vouloir remonter le moral, donc, de donner des conseils, parfois judicieux, le plus souvent inefficaces.  Arrêtez de donner des conseils.
  • Vous souhaitez vraiment que l’autre retrouve sa vitalité, fasse quelque chose qui lui change les idées. Vous lui proposez des sorties, une petite bouffe, un bon film. C’est une excellente idée, à condition que vous ne cherchiez pas à éviter son malaise.
  • Vous lui téléphonez de temps en temps, histoire de ne pas couper les liens, mais à chaque fois vous raccrochez en vous sentant dépité, vous n’en pouvez plus de l’entendre geindre. Pratiquez l’écoute active, reformulez ce qu’il vient de dire, il a besoin d’être entendu dans son malaise.
  • Vous cherchez à trouver une solution pour lui. Peut-être sa déprime est-elle un résidu d’un lointain passé, quelque chose qui n’est pas terminé, des souvenirs qui remontent … Stop … personne ne peut être le psy d’une personne proche, soyez simplement l’ami/e qui marche aux côtés de l’autre, sans rien attendre.

Ces quelques pistes peuvent être aidantes.

Une déprime s’accompagne d’une perte de moral et d’estime de soi. Ce n’est pas une maladie, c’est un passage à vide.

Laissez la personne trouver son « fil de pêche ». Lorsqu’elle l’aura trouvé, elle retrouvera instinctivement son sourire intérieur, même si celui-ci ressemble à une grimace ou à une contraction des muscles de son visage. Son « fil de pêche » lui donnera la force de s’appuyer sur ses ressources et de se remettre en route dans sa vie.

Je vous souhaite une très belle journée. A bientôt.  

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