Réagir à bon escient et non par réflexe

Publié le par Madeleine Moreau

Il nous arrive, à tous et toutes, de réagir par réflexe plutôt que de prendre un peu de temps pour réfléchir auparavant.

Il est vrai que souvent, nous sommes face à des situations qui demandent une action rapide, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps à la réflexion.

Pourtant, dans chaque cas, il est toujours possible de prendre une bonne respiration avant de répondre, de demander quelques secondes avant de donner une réponse, de proposer quelques jours, quelques heures avant de prendre une décision qui va engager un processus.

Réagir à bon escient et non par réflexe demande que l’on entre dans un exercice régulier. Voici quelques exemples :

  • Nous le savons, les enfants savent très bien comment s’allier avec un des parents pour obtenir ce qu’ils désirent. Ainsi : « Maman, est-ce que je peux aller dormir chez mon copain ce soir ? » - « Non, ce n’est pas possible, on a prévu autre chose. » - « Papa, mon copain m’invite pour dormir ce soir, je veux y aller, tu peux demander à maman qu’elle me laisse aller ? »

Papa vient de rentrer du travail, il a eu une journée éprouvante, il ne désire qu’une chose : rester tranquille. Il y a de forte chance qu’il aille dans le sens de la demande de son fils, ne serait-ce que pour avoir la paix. Il va donc réagir par réflexe, sans prendre le temps de demander à son épouse ce qu’elle a répondu.

  • Les amis/es, généralement, pensent très bien nous connaître. Nos points forts, nos points faibles, n’ont aucuns secrets pour eux. « Tu aimes bien le théâtre, pas vrai ? Il y a une pièce qui se joue en ce moment à tel endroit, on pourrait y aller ensemble, non ? »

Cet ami, cette amie, vous l’aimez bien, vous n’avez pas envie de le/la décevoir, en plus, vous lui avez souvent dit que vous aimiez le théâtre. Par réflexe, vous acceptez sa proposition, sans prendre le temps si cela vous fait vraiment envie.

  • Dans un couple, il y a souvent des discussions épineuses. L’un ou l’autre cherche à attirer l’attention ou à exprimer à sa façon ses frustrations : « Chaque fois que je propose quelque chose, tu trouves autre chose ou tu te défiles, j’en ai marre, je voudrais bien que tu réagisses envers moi comme tu le fais pour tes copains/nes ».

L’option normale serait de demander la raison de cet emportement, d’essayer de comprendre le message, de se remettre en question. Il faut donc pouvoir prendre un peu de recul et s’interroger avant de répondre, est-ce vrai, est-ce faux, est-ce pas tout à fait vrai … avant de répondre.

  • Dans les associations, si vous en faites partie, il y a souvent un manque de personnel. Face à une tâche urgente, il peut arriver qu’on vous demande de donner un coup de main, de prendre une responsabilité, de vous engager plus fortement.

Souvent, le temps de la réflexion n’est pas au rendez-vous. Vous agissez face à l’urgence, vous ne voulez pas passer pour une personne sur qui on ne peut pas compter, donc vous acceptez sans demander de réfléchir à la proposition.

Je vous laisse trouver d’autres situations qui vous sont arrivées ces dernières semaines, je suis certaine que vous allez en trouver quelques-unes. 

Réagir à bon escient et non par réflexe

C’est par habitude que nous réagissons par réflexe. Nous n’avons pas appris à prendre un peu de recul face aux multiples sollicitations qui nous sont faites au quotidien : celles de notre entourage, de nos amis, de nos collègues …

 « Confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix:

combattre; ne rien faire; fuir».

Henri Laborit 

La réaction par réflexe peut vous conduire à adopter un de ces choix

Les exemples pris dans cet article ne sont pas des épreuves, il y a simplement un lien que nous pouvons faire en regardant nos réactions faites par réflexe.   

Combattre ... Ce n'est pas se battre contre, mais plutôt : faire face, affronter, se confronter, traverser ...

Il y a maintes situations face à lesquelles il pourrait être judicieux de prendre un peu de recul, de regarder ce qui est en jeu, d’entrer dans une compréhension de tous les éléments.

Reprenons l’exemple de l’invitation au théâtre, que serait cette action : combattre ?

C’est se poser les bonnes questions. Oui, j’aime le théâtre, mais, si je regarde mon emploi du temps, je vois que j’ai une réunion la veille, une journée importante le lendemain, un week-end qui s’annonce chargé. Je ressens un besoin de repos. J’ai tellement de sommeil en retard qu’il me faut une bonne nuit de sommeil si je veux vraiment être présente pendant le week-end. J’aime la personne qui me demande de l’accompagner, ça me ferait de la peine de la décevoir. Je dois donc combattre le risque qu’elle soit déçue par mon refus, combattre ma tendance à vouloir faire plaisir à tout prix. De là je peux donner une réponse qui me laisse en paix.

Ne rien faire ... C'est autre chose que la fuite.

C'est dans un certain sens, une soumission à une réalité qui nous dépasse, à un inconscient qui est profondément enfui (en fuite...) ou à une paralysie du réflexe de vie ...

Dans les discussions épineuses de couple, c’est souvent l’attitude qui est adoptée : Faire comme si nous n’avions pas entendu, entrer dans le jeu de l’autre sans se mouiller, attendre que l’orage passe.

Nous ne réagissons pas alors que nous devrions réagir.

La fuite ... bien souvent, celle qui nous vient automatiquement.

Il y a plusieurs manières de fuir.

Certaines d'entre elles ne semblent pas, à première vue, une fuite. Le papa cité ci-dessus ne dirait pas qu’il adopte la fuite face à la question de son fils. Il a simplement envie d’avoir une soirée tranquille.

D'autres sont plus conscientes et sont choisies non pas en fonction de la réalité mais parce que vous avez peur, parce que nous ne savez pas comment vous en sortir, parfois, simplement parce les enjeux sont à vos yeux beaucoup trop importants.

C’est ce qui se produit lorsque nous ne désirons pas décevoir l’autre, lorsque nous voulons sauvegarder une apparence. Nous n’entrons pas dans le vif du sujet.

 Apprendre à réagir sainement

 Ne rien faire, adopter le mouvement de la fuite, ce n’est pas, vous l’avez compris, réagir sainement.

Voici quelques exercices que vous pouvez faire à chaque fois qu’on vous sollicite, qu’on demande votre avis :

  • Prenez le temps d’une bonne respiration.
  • Regardez à quoi vous vous engagez.
  • N’ayez pas peur de demander un temps de réflexion.
  • Ne répondez pas avant d’avoir compris la question.
  • Osez demander des précisions.
  • Restez fidèle à votre intériorité et à ce que vous ressentez.

Je vous souhaite une très belle journée. A bientôt.  

Merci beaucoup de partager cet article autour de vous

Merci de partager cet article sur Twitter, sur Facebook ou chez Google+. Si vous l'avez trouvé constructif, bien sûr !

En savoir plus sur le monde de vos émotions ?

Procurez-vous dès aujourd’hui le guide : La météo des émotions

Vous le trouverez en ligne, plus exactement ici : www.morebooks.de/store/fr/category/psychologie-pratique/33/6/cn,fr/16_by_title_ASC

Ou en passant par le lien suivant : www.editions-vie.com/catalog/details//store/fr/book/978-3-639-82957-0/la-météo-des-émotions

Publié dans Coaching

Commenter cet article