Le besoin de se sentir important pour quelqu’un

Publié le par Madeleine Moreau

Nous voici à l’article qui arrive en deuxième place dans le top 10.

Personnellement, je ne suis pas étonnée. Ce besoin fait partie de ceux que l’on dit « primaires » et s’apparente au besoin d’être aimé/e, de se sentir aimé/e.

Qui n’a pas besoin de recevoir de la tendresse, des signes d’affection ? Qui ne ressent pas le besoin de se sentir aimé/e et de pouvoir aimer ? Qui ne recherche pas la relation avec des amis/es, ce qui permet de communiquer, de recevoir leur estime ? Tout le monde.

 

Le besoin de se sentir important pour quelqu’un

Ce besoin se manifeste dans la plus tendre enfance et reste présent tout au long de la vie, avec, cependant, moins d’intensité que celui de l’enfant.

Le besoin chez l’enfant :

Le besoin de se sentir important au regard de la personne qui est la plus proche, principalement la mère, puis le père avant de s’étendre à d’autres personnes, fait partie des besoins essentiels dans la vie d’un enfant.

Si ce n’est pas la mère, en cas du décès de celle-ci ou d’un abandon. Si ce n’est pas le père parce qu’il n’y en a pas, ce sera la personne qui va prendre soin de lui, qui va s’occuper de lui.

L’enfant s’épanouit dans le contact avec les personnes qui l’aime, qui le reconnaisse, qui sait montrer l’importance qu’il a pour elles.   

Lorsque ce besoin n’est pas pris en compte, l’enfant va développer des stratégies pour attirer l’attention d’autres personnes, quitte à renier ce qui compose déjà sa personnalité. Il cherchera, par exemple, à réussir dans les études ou à prendre des responsabilités qui ne sont pas adaptées à son âge, il peut aussi rejoindre des groupes, des clans et s’adapter à des idéologies qui ne sont pas les siennes.

Le besoin chez l’adulte :

Ce besoin s’inscrit dans la maturité affective.

Si ce besoin a été nourrit dans votre enfance, il se manifeste de manière ajustée dans votre vie d’adulte.

Le besoin est toujours présent. Vous aurez toujours besoin d’une reconnaissance de la part des personnes qui vous sont proches, tout comme de la part de votre employeur. Vous ne le ressentez pas comme l’enfant peut le ressentir, vous avez simplement besoin qu’on reconnaisse vos capacités, vos efforts, vos réussites et qu’on vous pardonne vos erreurs, qu’on vous soutienne dans vos échecs. Vous recherchez dans la relation un vis-à-vis, un égal à égal. Si ce besoin de reconnaissance n’est pas entendu, vous ne mettez pas en péril la relation et n’intervenez pas dans la liberté de l’un ou de l’autre.

Qu’en est-il lorsque ce besoin n’a pas été reconnu dans l’enfance ?

Le changement entre les manifestations du besoin de l’enfant à l’adulte se fait plus difficilement.

Cela ne veut pas dire que vous ne savez pas aimer, montrer des signes de tendresse, être touché/e par l’autre.

Vous parvenez à vivre des instants d’amour profond qui n’est pas parasité par le besoin de l’enfant qui attend de recevoir.

Par contre, lorsque le besoin devient très fort, lorsque toute votre sensibilité se met à vibrer dans l’attente de recevoir ce que vous recherchez, vous entrez dans le manque. Vous pouvez en arriver à vivre les mêmes attitudes qu’adopte l’enfant pour recevoir cette reconnaissance, cet amour, cette assurance que vous êtes pour l’autre important/e.

Quelques symptômes qui peuvent vous révéler que vous êtes dans la recherche d’un manque à combler

Lorsque vous cherchez à capter l’attention, c’est-à-dire à faire de sorte que l’autre remarque vos efforts ou votre manière d’être, ou pire, vos défauts, vous n’êtes plus dans une relation d’adulte à adulte mais dans une position qui ressemble à celle de l’enfant avec un adulte.

Lorsque vous entrez dans un chantage affectif : Les larmes, la mine boudeuse, le « si »…, les actes manqués pour embêter l’autre, sont en fait des attitudes qui révèlent un chantage affectif, de la même manière de ce que ferait un enfant pour recevoir la barre de chocolat ou le jouet convoité.

Lorsque vous désirez garder l’autre pour vous, que ce soit l’ami/e ou le compagnon, la compagne. Vous ne voulez pas partager, vous ne supportez pas que d’autres puissent s’intéresser à lui, à elle, et inversement. Vous nourrissez une jalousie maladive ou ne parvenez plus à regarder l’autre sans vous projeter dans son reflet, sont autant de signes qui montrent que vous vous laissez submergé/e par un besoin d’enfant.

 Vivre avec le manque 

Ce n’est pas parce que vous êtes adulte que le manque perd de sa densité. Ce n’est pas parce que l’on vous aime que va se remplir le manque.

Le besoin d’être important au regard de l’autre va rester tant que la souffrance n’est pas détectée, tant qu’un cheminement de guérison n’est pas entrepris.

Entreprendre un chemin d’introspection pour aller vers la blessure d’origine est important. C’est également le cas pour toutes les blessures dues à des relations. C’est dans la relation thérapeutique que les choses peuvent reprendre leur juste place et vous permettre de vivre ce besoin en étant adulte, de manière plus ajustée.

Le besoin restera présent, il perdra peu à peu de sa densité et les fonctionnements qui résultent du manque diminueront. Ils ne s’effaceront sans doute jamais complètement, mais il sera possible de vivre et de commencer à aimer sans attendre un retour.

Besoin de se sentir important pour quelqu’un et besoin de trouver un/e partenaire pour une relation amoureuse : distinction

Le besoin de se sentir important pour quelqu’un

Il y a une distinction à faire entre le besoin de se sentir important pour quelqu’un ou chercher l’âme sœur … même si ces deux besoins sont pour ainsi dire identiques lorsqu’ils sont vécus au quotidien.

Il y a des personnes qui vivent une vie harmonieuse en couple, qui se sentent aimées par l’autre, qui reçoivent des preuves disant qu’elles sont importantes pour l’autre et qui continuent de ressentir ce besoin comme quelque chose de vital dans toute leur sensibilité.  

Il est des personnes qui se sentent aimées par leurs proches, leur famille, leurs amis/es mais elles ne peuvent s’appuyer sur cet amour. Ce qui leur manque, c’est la personne avec qui partager leur vie, la personne qui serait là lorsqu’elles rentrent le soir, lorsque le week-end commence. La personne avec qui elles se sentiraient exister, faire des activités, partager.

Le/la partenaire ne sera jamais un substitut qui remplacerait le père ou la mère. Il/elle ne donnera jamais ce que vous aimeriez recevoir.

Cela n’enlève rien au fait que dans tout couple il y aura toujours, en arrière fond, ce besoin de sentir que l’on est important pour l’autre, que l’on compte pour lui/elle. Le besoin peut être vécu de manière ajustée, il peut être vécu de manière inadéquate. Si c’est le cas, la relation est faussée et un jour où l’autre elle éclatera, ce qui ne fera qu’accentuer ce sentiment que vous n’êtes pas suffisamment bien pour être digne d’avoir de l’importance.

Avouez que ce serait dommage. Vous avez à présent les cartes entre vos mains, qu’en ferez-vous ?

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hirondelle 24/04/2015 15:35

Chère Madeleine, Ton article est magnifique, très parlant.
Excellent week end, je t'embrasse avec gratitude.

Madeleine Moreau 24/04/2015 17:20

Bonjour hirondelle
Si cet article est parlant pour toi, j'en suis heureuse.
Bon week-end
Madeleine