Prendre du recul … tu parles, ce n’est pas si évident !

Publié le par Madeleine Moreau

Prendre du recul … tu parles, ce n’est pas si évident !

Quand on a envie de se cogner la tête contre un mur, simplement parce que la solution ne se présente par clairement, ça vous arrive ?

Les proches, les amis/es, les professionnels ont alors une suggestion tirée directement de leur savoir : Essaie de prendre du recul !

Elle est belle cette suggestion, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle apparaît dans les moteurs de recherche : en 5ème place sur mon blog.

Une phrase que nous avons tous et toutes entendu au moins une fois dans notre vie, sans toujours savoir comment il est possible de prendre du recul quand la situation devient scabreuse pour nous.

Aujourd’hui, ce thème me donne envie de m’adresser plus spécialement à une catégorie précise de mes lecteurs/trices. Tout d’abord parce que j’accompagne des personnes qui vivent cette situation, et ensuite parce que, personnellement, elle me touche également.

Prendre du recul quand on fait partie de la génération « sandwich »

C’est une amie qui m’a parlé de cette génération « sandwich », dans laquelle je me retrouve en plusieurs points.

Font partie de cette génération toutes les personnes qui sont encore en activité professionnelle, qui ont des parents qui vieillissent et présentent des signes inquiétants, qui ont des enfants et des petits enfants.

Notre vie est partagée entre le travail, les parents qui demandent une attention plus grande – un peu comme si les rôles s’inversaient et où nous devenons « parent d’un parent », les petits enfants qui ont envie de passer du temps avec leurs grands-parents et la vie familiale qui, dans certains cas, n’est plus dans les priorités que nous pouvons donner.

Il faut jongler d’une réalité à une autre, voyager entre les moments de joie, de bonheur qu’apportent les petits-enfants et les moments d’anxiété face à la maladie de ses parents.

Jusqu’au jour où il faut se rendre à l’évidence : il devient impossible de gérer ce qui se présente – impossible de laisser un parent, parfois un époux, une épouse, sans penser à un placement dans un établissement médicalisé.

Lorsque ce jour arrive, un véritable bousculement se produit dans les idées, les valeurs, les points de repères. Que faut-il faire ? Quelle est la bonne décision ? Comment accompagner le changement ? Autant de questions qui surgissent et où les réponses ne sont pas forcément celles que nous aimerions recevoir, même si elles s’imposent dans le cœur.

Il devient nécessaire de pouvoir prendre du recul face aux multiples émotions qui surgissent.

Prendre du recul

Revoyons la situation qui peut se présenter à vous.

Vos parents, votre papa ou votre maman, vous en avez une image. Ce sont des personnes que vous aimez, une personne que vous aimez. Ils vous ont aimé, éduqué, accompagner tout au long de votre vie et, souvent, accepté vos choix. 

Le lien reste fort, plein de tendresse. Au fond de vous, vous aimeriez les voir comme ils ont toujours été. La vieillesse change cette image. Vous voyez les limites qui s’accentuent, vous faites face à un diagnostic terrible : Alzheimer – Parkinson – Démence – Perte de la vue – Surdité – Difficulté de motricité – Etc …

Autant de diagnostics qui peuvent se produire. Jusqu’au jour où vous vous rendez à l’évidence : ils ne peuvent plus vivre seuls, ils ont besoin d’un encadrement adapté à leur situation.

Souvent, le problème qui surgit est celui-ci : Ils ne se sentent pas en difficulté, ils n’ont pas conscience qu’ils ne peuvent plus vivre seuls, ils refusent l’idée de terminer leur vie dans un Etablissement (EMS) et ils vous soupçonnent de vouloir vous « débarrasser » d’eux.

C’est là qu’il est nécessaire de savoir prendre du recul.

Recul face à vos sentiments, vos émotions. Recul face à l’image que vous aimeriez voir. Recul également face à ce que vous faites déjà et ce que vous ne pouvez plus faire.

L’encadrement que vous pouviez donner ne se limite plus à une ou deux heures par semaine, voir un jour par semaine, mais demanderait une présence journalière, ce que vous ne pouvez pas donner. L’encadrement pourrait être possible si c’était chez vous, mais votre appartement ne s’y prête pas, et, il y a les autres réalités : vos enfants, vos petits-enfants, vos relations, votre travail, votre vie.

Prendre du recul, c’est regarder toute la situation, sans vous culpabiliser, sans minimiser le réel.

Cette prise de recul va vous aider à entreprendre les démarches nécessaires : rencontrer le médecin et lui demander de vous livrer son avis sur un placement, lui demander de faire un dossier d’admission – visiter les lieux possibles et entrer en dialogue avec le personnel de l’établissement, préparer en douceur le changement, oser parler de la mort et des dernières volontés désirées par la personne qui s’avance vers un départ définitif (avant que la maladie ne progresse trop) …

Cette prise de recul va également vous permettre de vous donner la permission de penser à vous, chose que vous avez peut-être mis de côté inconsciemment.

Lorsque la décision à prendre concerne votre conjoint/e

Cela peut arriver bien avant le 4ème âge. Une maladie qui touche la mobilité, demande des soins spéciaux, ou une dégradation psychique peut vous conduire à prendre une décision difficile.

Le processus est alors le même que celui que je développe ci-dessus. La nécessité de prendre du recul est la même.

Le médecin, le corps médical (ceux qui ont suivi votre conjoint/e) reste le lien le plus adapté pour vous écouter, pour vous aider dans cette phase difficile.

Conclusion

Prendre du recul, c’est un processus qui est à mettre en place.

En prenant du recul, la situation « s’éclaire » de l’intérieur.  Vous pouvez alors agir autrement qu’en souffrance.

Les repères qui vous indiqueront que vous avez pris du recul sont :

  • Un apaisement profond
  • Une manière plus sereine de faire face à la situation
  • Des pistes de résolution que vous pouvez mettre en œuvre
  • Une compréhension et une acceptation de ce qui est

Chaque situation a des effets différents, les causes peuvent être les mêmes, mais la manière de les résoudre doivent s’adapter à votre réalité.

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt !

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Envie de lire ultérieur ? c'est ici : http://www.processuscroissance-blog.com/article-prendre-du-recul-n-est-pas-toujours-evident-121963369.htm 

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Commenter cet article

Mira 29/04/2015 12:04

Très important ce que tu relèves dans cet article, il me semble qu'il y a toujours plus de personnes dans une situation pareille, sollicitées de tous côtés. Une ressource,, en plus des professionnels, sont les vrais amis, en parler avec des personnes de confiance qui peuvent nous entendre et nous soutenir sur ce chemin difficile des démarches à faire qui sont souvent douloureuses. Ce côté plus personnel et plus "humain" à cause de la proximité des amis fait du bien.

Madeleine Moreau 29/04/2015 14:56

Bonjour Mira,
Oui, il y a toujours plus de personnes et il y a toujours plus de personnes qui arrivent à un âge très avancé. Merci de relever qu'en plus des professionnels, il y a également les vrais amis.
Bonne journée
Madeleine