Vos défauts vous rendent service

Publié le par Madeleine Moreau

Vos défauts vous rendent service

Il y a une chose que nous n’aimons pas chez nous, ce sont nos défauts.

Bien sûr, on sait qu’ils existent, qu’ils sont là. Parfois on se dit qu’ils font partie de nous, qu’il faut bien accepter d’avoir quelques défauts. D’autres fois, on commence par les énumérer avant de parler de nos qualités.

Mais nous ne les aimons pas.

Je devrais dire : Nous ne nous aimons pas.

Je ne m’aime pas quand je prends conscience que je réagis à partir d’un de mes défauts. Je vous donne un exemple :

J’ai encore tendance à penser à une chose et à me dire que cela peut être fait demain. Le lendemain, je n’y pense plus. Lorsque j’y repense, c’est trop tard, ou alors je dois faire la chose dans l’urgence. En général, ce sont des petites choses, des restes de mon habitude à remettre toujours au lendemain.

Que se passe-t-il lorsque je m’aperçois qu’une fois de plus, je suis tombée dans la procrastination ?

Je m’en veux, je me promets de ne plus recommencer, je me sens prise en faute, je me sens coupable, je me juge … d’une certaine manière, je me déteste : quand même, je devrais savoir que le piège n’est jamais très loin !

Un autre exemple ?

J’aime que les choses soient organisées. C’est pareil pour mes plannings personnels, ne serait-ce que la préparation d’un repas. Il faut que tout soit bien établi. C’est encore ma tendance perfectionniste qui me guide.

Suffit qu’un imprévu surgisse, pas grand-chose, juste un téléphone qui vient grignoter mon horaire, un petit service que vient me demander mon voisin, un changement de dernière minute dans ce qui était prévu … des petites choses et de ma part, une grosse réaction.

Je perds le contrôle, et ça, je n’aime pas, mais alors pas du tout. J’essaie de rebondir, mais en moi il y a un soupçon de colère, un zeste d’énervement, une goutte prête à déborder de ma coupe de patience.

Je trépigne intérieurement, j’essaie de rattraper le temps et je fais des erreurs, et, lorsque celles-ci sont faites, je m’énerve un peu plus, je perds mon sourire, je perds mon assurance, je perds mon espace sécuritaire et cela me rends irritable … je m’aime pas.

Pourtant, ça fait des années que je travaille à ces défauts et je retombe toujours dans le piège !

Bon, si je continue sur cette lancée, je ne vais pas avancer, je ne vais pas m’aimer un peu plus.

Que faire alors ?

Nos défauts nous rendent service

Le jour de Pâques, chez moi, c’était un temps de neige, de grésil, de pluie, un peu de soleil mais un froid de canard.

Lundi, le soleil brillait, le ciel était bleu.

Une opportunité pour descendre de mes montagnes et partir goûter au printemps.

Nous avons traversé la plaine du Seeland. C’est une région maraîchère. Les champs de culture s’étendent à l’horizon et montrent, à cette saison, une terre noire, promesse des légumes qui sortiront bientôt de terre.

A première vue, cette terre est dépourvue de cailloux et de mauvaises herbes. A première vue seulement.

Des cailloux, il y en a, des mauvaises herbes aussi.

Et là, je me suis dit que c’était bien, qu’il fallait cela pour que la terre soit bien drainée, pour que la terre ne se change pas en béton, retenant l’eau à la surface. Il faut à cette terre des cailloux et des mauvaises herbes… dans une bonne proportion, cela va de soi.

Nos défauts, ou du moins ce qui en reste si nous avons déjà éliminé ce qui était des pavés, des rochers, nous pourrions les comparer à ces cailloux, ces mauvaises herbes qui se trouvent dans les champs du Seeland.

Ils permettent de laisser respirer notre terre intérieure, ils sont de bons draineurs pour filtrer nos réactions négatives. Ils nous permettent de rejoindre les graines d’amour et de laisser germer ce qui veut grandir en nous.

Mes restes de procrastination ou de perfectionnisme sont aujourd’hui des petits cailloux, des racines de mauvaises herbes qui restent vivaces et résistent aux traitements de chocs.

Comparé à ce que cela était il y a encore quelques années en arrière, (c’était l’Everest) aujourd’hui ce ne sont que des petits cailloux.

Que faire ?

Et si c’était de commencer à aimer nos défauts ?

Même s’ils sont grands, même s’ils bloquent encore l’accès à nos qualités, à nos ressources, ils nous rendent service. Ils nous montrent ce que nous pouvons enlever et lorsque cela est fait, qu’importe les « éclats » qu’ils laissent dans notre terre, ils sont nécessaires pour filtrer nos réactions trop vives.

Je vous laisse méditer sur ces images et espérer, que comme moi, vous vous surprendrez à sourire la prochaine fois que vous vous prendrez en flagrant délit de vivre un non-amour pour vous.

 Je vous souhaite une belle journée. A bientôt.  

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Mira 08/04/2015 18:34

Effectivement, déplacer les montagnes, aussi celles de notre monde intérieure, n'amène à rien, voir là réalité là ou elle est et comme elle est va déjà mieux! la pleine du Seeland et l'Everest, ou toute autre montagne, ont leur charme à leur place. j'aime tes images!

Mira 08/04/2015 12:51

l'Everest est beau.....tout dépends du regard qu'on jette dessus, et c'est lui, qui n'est pas toujours facile de changer, surtout dans le quotidien, dans la routine, les habitudes. parfois je me dis qu'on devrait pouvoir le changer comme on change des lunettes, une fois consciente qu'on ne voit plus très bien.
Bonne journée , et merci!

Madeleine Moreau 08/04/2015 16:22

Bonjour Mira,

Oui, c'est vrai que l'Everest est beau ... en toutes saisons ,,, le hic, c'est que si je le met dans la plaine du Seeland, je ne crois pas que cela ira !
C'est vrai, les habitudes sont difficiles à changer, mais en prenant conscience petit à petit quelles ne sont pas aidantes, c'est possible d'avancer ... un pas à la fois comme j'aime le dire.
Bonne journée à toi
Madeleine