Se donner une récompense : un atout ou un piège ?

Publié le par Madeleine Moreau

Je regardais mon petit-fils qui est sur le point de faire ses premiers pas. Bon, pour le moment, c’est vrai, il a besoin de s’accrocher à nos mains pour avancer, ces yeux, par contre, disent toute la fierté qui est en lui d’être debout et de découvrir autrement le monde.

Combien de fois va-t-il essayer de marcher tout seul ? Des centaines, des milliers de tentatives pour, un jour, ne plus avoir besoin d’être aidé.

Ce qui ne nous empêche pas de nous émerveiller, de le féliciter à chaque fois qu’il essaie, avec ou sans aide.

Lui, s’applaudit, montre sa joie, recommence inlassablement.

C’est instinctif, normal, en montrant sa joie, il se récompense de ses efforts, même si ce n’est pas encore le moment de traverser tout seul le salon.

Tous les enfants (sauf ceux qui n’ont personne pour s’émerveiller de leurs premiers pas) affichent un sourire lumineux à chaque fois qu’ils réussissent quelque chose, même si ce quelque chose consiste à laisser tomber la cuillère ou le bibi et à fâcher papa ou maman.

Plus tard, ce réflexe se perd, allez savoir où, l’enfant commence à devenir plus réservé, prémices de l’adultes sérieux qu’il sera.

Question d’éducation, héritage venu de loin, nous apprenons que nous ne sommes pas des princes ou des princesses qui peuvent faire n’importe quoi, nous apprenons l’histoire de Narcisse, nous apprenons à ne pas mettre en avant nos réussites, nos petites victoires, le risque de passer pour des orgueilleux n’étant pas loin. 

Se donner une récompense : un atout ou un piège ?

Résultat, la plupart d’entre nous perdons cette faculté à célébrer les victoires de la vie, perdons cette faculté de nous émerveiller des petites choses que nous réussissons, sans prendre le temps de voir que nous avons fourni des efforts considérables pour y arriver.

Si, par bonheur, vous croisez un/e adulte qui montre sa joie d’avoir réussi, ne serait-ce que de surmonter sa peur de parler en public (un exemple), qu’elle est votre réaction ? Il est bien possible que vous arboriez alors un sourire compatissant, voire de pitié … voyons … cela ne se fait pas !

Aujourd’hui, j’aimerais vous guider vers cette faculté que vous avez, tout au fond de vous, de vous réjouir, de vous féliciter dans vos réussites quotidiennes. Bien sûr, il ne s'agit pas de revenir à l’étape de mon petit-fils, de faire étalage au monde entier de vos réussites, mais bien de prendre le temps de vous réjouir, de vous féliciter au quotidien. Vous verrez, en pratiquant cette attitude, votre vie autrement.

Oser se donner une récompense

Commençons, si vous le voulez bien, par des petites choses qui ne vous semblent pas si extraordinaires que ça, des petites choses pour lesquelles il ne vous viendrait même pas l’idée de vous féliciter.

  • Vous venez de passer de temps à faire la cuisine, à réussir une recette qui vous tenait à cœur. Vos invités ou vos proches vous disent que c’est excellent, vraiment excellent. Je ne sais pas si vous faites comme moi, automatiquement je réponds « Oh, ce n’est pas grand-chose, c’est assez facile de faire quelque chose de bon, etc. » En agissant ainsi, je ne reconnais pas les efforts que cela m’a demandé pour réussir ma recette, même si, dans le fond, je suis une bonne cuisinière … cela ne se dit pas, je sais, c’est de la prétention … mais, si, je suis bonne cuisinière et j’ai passé du temps pour faire plaisir à mes convives. Ma récompense : reconnaître que j’ai réussi à combler mes convives et goûter à cette réussite.
  • Vous n’arrivez pas à dire non lorsque quelqu’un vous demande un service ou une contribution, jusqu’au jour où vous surmontez vos craintes et osez dire ce non qui se bloquait dans votre gorge. Rendez-vous compte des efforts que cela vous a demandé, regardez toutes les fois que vous y avez pensé sans jamais passer à l’acte. N’est-ce pas une belle occasion pour vous donner une récompense, pour vous féliciter d’avoir osé ? Comment allez-vous vous récompensé ? Allez, n’ayez pas peur, personne ne vous regarde, personne ne saura la raison pour laquelle vous vous achetez une rose ou autre babiole pour marquer le coup.
  • Vous avez l’habitude de vous garer en épi et, quitte à marcher 500m, vous évitez les autres parcages, ce qui fait sourire votre entourage. Puis, un jour, vous prenez le risque, tout d’abord parce que vous êtes pressé/e, et puis, parce que, tout au fond de vous, vous avez envie de vous prouver que vous y arriverez. Encore une occasion de vous féliciter, de vous offrir cette récompense extraordinaire qui est de reconnaître que vous pouvez changer votre habitude.

Je vous laisse trouver d’autres exemples, je pense que vous allez en trouver des dizaines, des centaines, ces prochains jours.

Le piège à éviter

Si vous n’avez pas l’habitude de vous féliciter, au début, cela vous paraîtra étrange, un brin ridicule, quelque peu narcissique, mais je vous invite à persévérer.

Pour cela, voici quelques pièges que vous pouvez éviter :

  • Sensation de perdre votre temps pour des babioles – Si vous avez l’habitude de passer directement d’une tâche à une autre, sans prendre le temps de respirer, vous aurez la sensation de perdre du temps à vous congratuler, à vous féliciter d’avoir fait du bon travail. Pourtant, cela ne vous prendra qu’une ou deux minutes, le temps de vous frotter les mains, de sourire face au bon travail que vous venez de terminé. Cela vous donnera des ailes pour passer à la tâche suivante.
  • Croyance que le fait de vous féliciter c’est de l’orgueil – Il n’y a pas de quoi pavoiser. Franchement, ce que vous venez de faire était facile pour vous … mais, pour arriver à cette facilité, qu’est-ce que cela vous a demandé en amont ? Vous avez bien le droit de reconnaître vos efforts, de célébrer cette réussite.
  • Le sérieux, la rigidité, la peur de la spontanéité – Surtout si c’est quelque chose que vous n’avez jamais fait, le réflexe est en absence. Avoir le réflexe est quelque chose que vous devez retrouver, ne serait-ce que pour quitter l’adulte sérieux que vous désirez montrer et laisser vivre l’enfant qui est en vous.
  • La peur du regard de l’autre – Vous pensez que tout le monde portera un jugement sur vous ? Bien sûr que non puisque c’est une affaire qui se passe entre vous adulte sérieux et vous enfant intérieur. Lorsque vous prenez le temps de vous récompenser par une félicitation intérieure, le regard de l’autre n’a rien à y voir, cela ne se voit pas d’ailleurs.

Plus qu’une récompense, une célébration

Vous venez de voir la possibilité de vous récompenser face aux petites victoires de la vie.

Il y a aussi les grandes victoires, celles qui vous ont demandé un investissement plus grand, plus long, plus dense.

Vous vient-il l’idée que c’est une excellente occasion pour célébrer votre victoire ?

Je vous le promets, c’est bien mieux que de célébrer la fin de la guerre.

Voici quelques pistes pour célébrer dignement votre victoire :

  • Un repas avec les personnes qui vous ont aidé à aller vers la victoire, parce que, il faut bien le reconnaître, vous avez également réussi parce que d’autres croyaient en vous.
  • Un moment de détente – C’est un moyen de célébrer dignement. Ce moment de détente peut avoir plusieurs visages : un massage, une escapade dans la nature, un week-end dans une ville que vous avez envie de découvrir, un bon film … ce qui est à votre portée, avec comme seul objectif, que cela vous procure une détente reposante.
  • Un rituel à mettre en place – Cela peut vous sembler bizarre. Pourtant, les rituels ont toute leur place dans les célébrations. Certains sont à la mode, comme par exemple, fêter la fin d’une union au moment de la prononciation du divorce.

Vous pouvez créer votre rituel pour ne pas oublier un moment important qui a changé votre vie : regarder un lever du soleil, partir pour une retraite de quelques jours, choisir une belle bougie et l’allumer chaque matin pendant que vous prenez votre petit-déjeuner, etc. A vous de trouver le rituel qui vous correspond le mieux.  

Apprendre à se donner des récompenses est un véritable atout pour renouveler à long terme vos énergies, pour vous connecter à votre être profond. Pensez-y et faites-le, pas demain, mais déjà aujourd’hui.

Je vous souhaite une magnifique journée, à bientôt.

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