Dans ma vie je n’ai rien qui me passionne

Publié le par Madeleine Moreau

« Quoi de neuf dans ta vie ? » - « Bof, pas grand-chose, le train-train quotidien. J’attends les vacances qui me semblent encore bien loin, sans trop savoir ce que j’ai envie de faire. A part le boulot, les soucis quotidiens, je peux pas dire qu’il y a du neuf. »

Combien de personnes vivent une situation semblable ?

Une situation où elles sont incapables de dire du neuf sur leur vie. Celle-ci semble suivre une ligne sans défauts, sans débordements. Chaque jour se ressemble, chaque mois se déroule de la même manière, avec, au bout du compte, cette attente qui permet d’espérer que lorsque arrivera la retraite, elles pourront – enfin – faire des choses qui rendront leur vie plus passionnante.

Je ne parle pas, ici, des jeunes, mais de cette tranche d’âge qui a franchi le cap de la cinquantaine, voire une dizaine de plus. 

L’autre jour, une connaissance me disait : « Encore 5 ans à tirer, 5 ans en enfer, j’espère trouver le paradis après ». Elle parlait, bien sûr, des années qui lui restent avant la retraite … pas des années qui lui restent à travailler.

Je n’ai pas réussi à m’empêcher de lui demander ce qu’elle fera alors, une fois à la retraite. Sa réponse m’a laissé un brin étonnée : « Je ne sais vraiment pas, il n’y a rien qui me passionne, rien qui m’attire vraiment et ce que je sais, c’est que je ne ferais pas comme certaines personnes, à savoir m’engager dans pleins de trucs pour avoir le sentiment que je suis encore utile ! »

 

Dans ma vie je n’ai rien qui me passionne

Je lui ai suggéré de regarder déjà maintenant comment elle pourrait concevoir sa vie après son temps professionnel, comment elle pourrait commencer à définir son nouveau plan de vie.

Je peux vous dire que ma suggestion l’a laissé pantoise. Elle n’a rien qui la passionne, rien qui l’attire, alors comment définir un nouveau plan de vie ?

C’est vrai, ce n’est pas possible … si l’on n’a pas un minimum d’outils pour commencer, c’est comme demander à un ami de nous construire une maison alors qu’il n’a à sa disposition que des briques et un peu de ciment, mais aucune connaissance en maçonnerie et encore moins en dessin technique pour faire un plan.

Et, comme cette connaissance n’est pas la seule que je rencontre être dans le même cas de figure, - vous peut-être – voici, à votre intention, un petit guide qui pourrait vous apporter les premiers outils.

Comment découvrir ce qui pourrait me passionner ?

Découvrir ce qui pourrait vous passionner n’est pas facile, surtout au début, surtout si vous vivez depuis des années dans un train-train quotidien où il n’y a de place que pour le boulot, votre vie de famille, vos loisirs habituels.

Une étape indispensable à commencer – disons, 3-4 ans avant – que ne commence votre vie de retraité/e, avant que les enfants ne quittent le nid familial, pendant que vous avez encore les forces nécessaires pour vous aventurer dans de nouveaux projets.

Oui, vous avez bien lu : pendant que vous encore les forces nécessaires pour vous aventurer dans de nouveaux projets. Si vous commencez dans les mois qui suivent le début de votre retraite, si vous attendez que vos enfants soient loin du nid, vous risquez simplement de vous endormir sur votre canapé et de regarder la vie couler sous vos pieds sans vous mouiller, ce qui serait dommage pour vous.

Voici, pour vous, quelques étapes à vivre dès aujourd’hui :

Etape 1 : Préparez les outils qui vont vous permettre de construire votre nouveau plan de vie – c’est comme pour la cuisine, avant de passer aux fourneaux, vous préparez les ingrédients qui vous seront nécessaires – pour votre plan de vie, il vous faut :

  • Un classeur
  • Des feuilles vierges
  • Des crayons (crayons de couleur, feutres, stylo)

Cela peut vous paraître basique, voire rébarbatif, surtout si vos souvenirs d’études gardent un goût amer. Mais, comme il ne s’agit pas simplement de penser mais d’introduire dans votre cerveau de nouvelles données qu’il devra comprendre et retenir, cette méthode est plus puissante que toutes les autres.

Etape 2 : Partez en introspection. Pour cela, prenez le temps de vous poser quelques questions pertinentes, prenez surtout le temps de trouver les réponses qui sont en vous.

Ecrivez chaque question sur une feuille vierge et les réponses qui vous viennent au fur et à mesure, sans faire de censure, sans vous autocritiquer, sans vous démoraliser si aucune réponse ne vient. Revenez à ces questions aussi souvent que cela vous sera nécessaire jusqu’au moment où vous sentirez que vous avez vraiment la réponse qui est en vous et qu’elle peut se graver dans votre cerveau.

  • Quelles sont les choses pour lesquelles je suis doué/e ?
  • Quelles sont les choses qui vous paraissent simples et que vous aimez faire spontanément ?  

Vous en avez forcément, ce n’est pas possible autrement. Vous avez, j’en suis certaine, des talents qui sommeillent en vous, même si vous ne vous en servez que très peu, du moins jusqu’à présent.

Etape 3 : Observez-vous plus attentivement. Savez-vous que votre cœur, vos émotions, vos sentiments sont de véritables chemins pour découvrir ce qui pourrait vous conduire vers quelque chose qui pourrait devenir une passion ? Pour le découvrir, préparez d’autres feuilles, avec sur chacune, un titre, par exemple :

  • Les sourires qui me sont venus spontanément aujourd’hui
  • Les moments qui ont eu comme effet de me stimuler aujourd’hui et de quoi ils étaient composés
  • Les personnes rencontrées et qui me donneraient envie de leur ressembler, voire de vivre un peu la même chose qu’elles.

Le fait de vous observer régulièrement, et cela peut se faire sur une longue durée, vous permettra de devenir de plus en plus conscient/e des choses qui vous remplissent le cœur, vous donne des centaines d’opportunités de ressentir le dynamisme de vie qui est en vous.

Etape 4 : Projetez-vous dans la réalité du jour où vous n’aurez plus de vie professionnelle. Même si cela sera une réalité dans 3 ou 4 ans, vous pouvez déjà vous projeter. Plus besoin de vous réveiller le matin, plus besoin d’avoir peur de perdre votre emploi, plus besoin d’attendre l’augmentation qui ne vient pas … mais du temps pour faire autre chose, pourquoi pas du bénévolat ? Bénévolat qui pourrait – et ce serait le mieux qui puisse arriver – répondre à une passion. Voici la question :

  • Qu’est-ce qui me plairait de faire gratuitement ?

Une toute petite question avec une réponse qui peut venir difficilement. Pour trouver ces réponses, n’hésitez pas à vous rendre dans différentes manifestations, à repérer ce qui vous plairait de vivre.

Etape 5 : Prendre en compte les rêves que vous aviez enfant. Souvent, c’est par là que commence une introspection. Si je vous là propose ici, c’est pour une raison toute simple : vous venez de commencer les autres étapes, donc, votre intériorité est prête à entrer dans un autre territoire sans que celui-ci ne s’accompagne de nostalgie abrupte ou d’un jugement que vous pourriez porter sur vous ou votre entourage.

  • Quels étaient mes rêves d’enfants ? Ce que je voulais faire plus tard, ce que j’aurais voulu faire, ce qui me plaisait plus que le reste …
  • Quelles sont les expériences que j’aurais aimé vivre et qui manquent aujourd’hui à ma vie ?

Dans la vie, il y a par moments, des instants où l’on regrette certains choix que l’on a fait, certaines décisions que l’on a prise qui nous ont éloigné de ce qui nous tenait à cœur. Cette 5ème étape a comme objectif de vous aider à rallumer un feu qui s’est peut-être éteint avec les années.

Etape 6 : Commencez à mettre en œuvre ce qui compose vos réponses.

Vous pensiez que votre classeur ne vous servirait que pour le moment où vous remettrez votre tablier ? Que non !

Ce nouveau projet de vie, vous pouvez commencer à le vivre dès que vous sentez que l’une ou l’autre de vos réponses mérite une attention plus grande de votre part.

Il est nécessaire que vous commenciez à mettre en pratique ce qui se dit en vous avant le moment fatidique. Par exemple : Si vous avez découvert que l’aquarelle était quelque chose qui vous attire plus que d’autres choses, si vous rêvez des futures paysages que vous exprimerez, simplement parce que vous venez de vivre un moment d’émerveillement en regardant le lac, cela veut dire que vous êtes prêt/e pour vous y mettre. Faites-le au moment où vous sentez que quelque chose de nouveau vibre en vous.

Il me reste à vous souhaiter de belles découvertes au sujet des passions qui sommeillent en vous.

Si vous pensez que ce petit guide pourrait vous aider, merci de me laisser un petit commentaire, vous me permettrez ainsi de continuer à vous en donner d’autres.

Je vous souhaite un bon début de semaine, à bientôt.

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Claude, de J'aime l'EFT 15/08/2015 12:02

Bonjour Madeleine


En lisant ton article très intéressant, je pensais à certains proches qui attendent aussi la retraite avec impatience en sachant de moins en moins ce qu’ils veulent en faire ; une seule réponse, comme un cri de douleur, comme un ressort comprimé : « Ne RIEN faire, enfin ! ».

Il m’est venu alors la chanson de Jacques Dutronc, « les cactus » … un vrai cours de psycho, cette chanson, je m’en aperçois aujourd’hui : « Le monde entier est un cactus ; Il est impossible de S’ASSEOIR ; Dans la vie, Il n'y a qu'des cactus » (http://musique.ados.fr/Jacques-Dutronc/Les-Cactus-t4322.html)


Alors, s’asseoir pour réfléchir à ses émotions, à ses désirs profonds, ça fait trop mal, ce n’est pas possible (s’asseoir devant la télé, si, parce que ça anesthésie ; … ou papillonner comme tu le dis dans un autre article).


Ce que j’en conclus, par rapport aux gens « remplis de cactus » à ce point, c’est qu’il est peut-être important de partir de ce qui ne veulent PLUS, et d’arriver (peut-être !) à ce qu’ils envisagent que le contraire puisse exister…

Et aussi d’essayer de comprendre de quoi ils parlent, derrière leurs récriminations incessantes : quand ils râlent, ils montrent indirectement où sont leurs cactus. (mais je n’ai pas le décodeur pour comprendre plus loin ; tu as des idées, toi ?). Et comme en plus, ils y tiennent, à leurs cactus (« Pour me défendre de leur cactus ; A mon tour j'ai pris des cactus »), ça complique encore les choses.


Bonne journée 

Madeleine Moreau 16/08/2015 08:48

Bonjour Claude,
Les cactus ... l'image est parlante. La réalité des personnes qui n'ont rien qui les passionne auraient justement besoin de trouver un cactus sous leurs fesses ... cela les ferait peut-être bouger ! C'est une autre manière de voir.
Ou alors, pour aller dans le même sens, elles sont assises sur un cactus depuis si longtemps que le moindre mouvement devient douloureux, la seule pensée qu'elles pourraient vivre sans est intenable. Nous touchons alors une réelle question existentielle : Quelle valeur ai-je aux yeux du monde ? ... un début de réponse à ta question.
Reste que pour ces personnes la sensation de vivre sans raison est la souffrance quotidienne.
Bonne journée à toi
Madeleine

Claude, de "J'aime l'EFT" 15/08/2015 11:58

Bonjour Madeleine

En lisant ton article très intéressant, je pensais à certains proches qui attendent aussi la retraite avec impatience en sachant de moins en moins ce qu’ils veulent en faire ; une seule réponse, comme un cri de douleur, comme un ressort comprimé : « Ne RIEN faire, enfin ! ».

Il m’est venu alors la chanson de Jacques Dutronc, « les cactus » . Un vrai cours de psycho, cette chanson, je m’en aperçois aujourd’hui : « Le monde entier est un cactus ; Il est impossible de S’ASSEOIR ; Dans la vie, Il n'y a qu'des cactus » (http://musique.ados.fr/Jacques-Dutronc/Les-Cactus-t4322.html)
Alors, s’asseoir pour réfléchir à ses émotions, à ses désirs profonds, ça fait trop mal, ce n’est pas possible (s’asseoir devant la télé, si, parce que ça anesthésie ; … ou papillonner comme tu le dis dans un autre article).

Ce que j’en conclus, par rapport aux gens « remplis de cactus » à ce point, c’est qu’il est peut-être important de partir de ce qui ne veulent PLUS, et d’arriver (peut-être !) à ce qu’ils envisagent que le contraire puisse exister… Et aussi d’essayer de comprendre de quoi ils parlent, derrière leurs récriminations incessantes : quand ils râlent, ils montrent indirectement où sont leurs cactus. (mais je n’ai pas le décodeur pour comprendre plus loin ; tu as des idées, toi ?). Et comme en plus, ils y tiennent, à leurs cactus (« Pour me défendre de leur cactus ; A mon tour j'ai pris des cactus »), ça complique encore les choses.

Bonne journée. 

Olivier 08/06/2015 20:15

Très bon article et très instructif qui donne une méthode pour mieux ressentir sa vie au lieu de la vivre comme un automate sans rien ressentir. Ce serait tellement dommage. Je pense qu'avec cette méthode on peut donner un but, une perspective à sa vie et mieux se connaitre.

Je devrai appliquer. Cela me permettrait certainement d'améliorer ma qualité de vie même si je suis encore loin de la retraite et de retrouver le moral malheureusement encore fluctuant parfois sans raison.

Madeleine Moreau 08/06/2015 22:14

Bonjour Olivier,
Merci d'avoir laissé un message très pertinent. Oui, la méthode peut être appliquée à tout moment de la vie, plus particulièrement lorsque le moral n'est pas au beau fixe ... cela peut aider.
Excellente journée
Madeleine