Faire des concessions ce n’est pas dire « oui – amen » pour avoir la paix

Publié le par Madeleine Moreau

Retrouvons le monde relationnel et plus particulièrement ces situations où nous avons à faire des concessions pour quitter notre confort personnel.

L’autre jour, un couple est venu pour travailler durant une journée à leur difficulté de communication.

Actuellement, ils ne vivent pas en couple mais se retrouvent en fin de semaine pour partager diverses activités et être ensemble.

Durant la semaine, ils s’envoient des sms, se téléphonent, vivent leur vie, font des projets pour les vacances.

Aujourd’hui, ils traversent une difficulté importante qui apparaît plus particulièrement au niveau de la communication, communication qui n’est que la partie visible de l’iceberg. Dessous, il y a un problème de taille, le voici : J’en ai marre de faire des concessions.

 

Faire des concessions ce n’est pas dire « oui – amen » pour avoir la paix

Ce sentiment n’apparaît pas tout de suite. Au début il est auréolé par le sentiment de faire plaisir à l’autre, de lui laisser sa liberté, de le respecter dans sa manière de vivre ou de voir les choses. Il peut également être contenu dans la peur de déplaire, de trop en vouloir pour soi, dans le souci de ne pas prendre trop de place.

Petit à petit, il devient intenable. La moindre petite remarque, le plus petit refus et c’est une montée vers le besoin de faire remarquer à l’autre que l’on existe également, d’attirer son regard vers autre chose que son petit monde égoïste.

La peur que la relation éclate conduit alors, comme seule issue, à continuer à faire des concessions, à dire « oui – amen » pour sauvegarder un semblant d’unité et de lien entre eux.

Faire des concessions : l’incontournable pour une bonne relation

Impossible de vivre une bonne relation si vous ne faites pas de concessions, au moins une fois par semaine, lorsque ce n’est pas deux ou trois fois par semaine.

Cependant, pour que l’équilibre soit parfait, ces concessions ne doivent pas être faites uniquement par l’un ou par l’autre, mais par les deux, par toute la famille – enfants, ados et parents – par tout le groupe.

Cela entraîne inévitablement des frustrations. Elles sont vivables si elles ne se répètent pas à l’infini, c’est-à-dire, si l’autre accepte également de faire des concessions à certains moments. 

Faire une concession c’est : s’ouvrir au monde de l’autre

Que nous le voulions ou pas, nous sommes des êtres solitaires, même si nous pensons que nous ne pouvons vivre sans les autres. Nous ne cessons de passer de l’égocentrisme à l’ouverture vers l’autre, nous n’arrêtons pas de penser que nous sommes le centre de l’Univers et que nous avons le droit de recevoir une réponse adéquate à nos besoins, à nos attentes, tout en percevant la même chose chez l’autre.

Ors, faire des concessions c’est mettre de côté son Univers et entrer dans l’Univers de l’autre en acceptant d’y rester un certain temps.

Prenons un exemple :

Mon mari aime regarder le sport à la télé. Je déteste le sport et préfère les séries policières ou les documentaires, les débats. Il déteste les séries policières, les documentaires, les débats.

Nous avons trouvé une solution : deux télévisions, donc chacun est libre de regarder ce qu’il veut.

Une solution confortable … qui empêche, à la longue, de passer une soirée en amoureux si l’on s’y installe.

La concession consiste à ce que, régulièrement, je lui propose de faire autre chose ou que lui me proposes de faire autre chose, que j’accepte de ne pas regarder l’épisode de ma série préférée, qu’il accepte de ne pas regarder le match de foot … bien sûr, pas le même soir, autrement, il n’y aurait pas de concession constructive. L’inverse est également de mise, je peux avoir envie de faire quelque chose … parce qu’il n’y a rien qui m’intéresse à la télé, mais sur toutes les chaînes un match important, ma concession sera d’accepter qu’il refuse ma demande et regarde son match, un autre soir il acceptera son envie de sortir pour me permettre de regarder l’épisode ultime d’une série.

Je vous laisse trouver d’autres exemples qui rejoignent votre vécu.

Dans l’exemple que je vous donne, vous pouvez percevoir plusieurs choses :

  • Mon mari accepte que je ne sois pas attirée comme lui par le sport, j’accepte qu’il n’aime pas regarder une série.
  • Mon mari comprend que je sois intéressée par tout ce qui touche les comportements humains, je comprends son côté cartésien et je l’accepte sans chercher à le convaincre d’essayer de me suivre.
  • Et nous avons, en commun, des choses qui nous intéresse, nous permettent de vivre ensemble ce que nous aimons, ce qui nous attire de part et d’autre. Nous arrivons à favoriser ces moments précieux.

Si vous n’aimez pas faire de concessions

Cela peut arriver – c’est assez courant – que vous n’aimiez pas faire de concessions et que vous attendiez à ce que l’autre en fasse, c’est-à-dire qu’il vienne habiter dans votre Univers car vous le voyez bien plus intéressant que le sien.

Vous vous sentez alors incompris/e, vous vous désolez de voir combien les Univers qui vous entourent sont vides de sens, marqués par le manque de tout ce qui fait palpiter votre cœur.

Vous continuez à croire que vous seriez plus heureux/se si l’autre adoptait de vivre pleinement dans votre Univers et ne vous obligeait pas, de temps en temps, à entrer dans son Univers.

Un simple changement de perspective – comme essayer de comprendre l’Univers de l’autre – pourrait améliorer votre regard sur votre monde et sur le monde de l’autre, en d’autres mots, ouvrir votre Univers à la rencontre des Univers que vous ne connaissez pas.

Acceptez de faire des concessions pour changer de perspective sur la vie

Vous pouvez vous demander ce que cela peut vous apporter.

Si vous ne faites pas de concessions – ou, au contraire, n’arrêtez pas de faire des concessions stériles – vous perdez le recul essentiel qui vous permettrait de percevoir toutes les richesses que la vie pourrait vous donner, vous restez dans les choix qui vous ressemblent, vous ne relevez pas de nouveaux défis, vous n’élargissez pas votre manière de penser, vous ne vous rapprochez pas de l’autre mais au contraire vous continuez de vivre une vie parallèle qui ne parvient pas à rejoindre la vie de l’autre.

Conclusion

Une vie pleine passe par la nécessité de faire des concessions, mais pas n’importe quelles concessions. Il ne s’agit pas de dire « oui – amen » pour avoir la paix, en croyant qu’ainsi on fait le bonheur de l’autre, qu’on évite les tensions … mais en choisissant de visiter et de découvrir l’Univers de l’autre pour nous ouvrir à sa manière de voir la vie, de comprendre ce qui l’attire, et, qui sait, de découvrir d’autres manières de vivre ensuite dans votre Univers.

Pour terminer, je vous partage une petite histoire lue il y a quelque temps et qui m’a fait réfléchir sur le sujet que je vous livre aujourd’hui.

Deux anges, un confirmé et un stagiaire, étaient descendus sur terre sous les traits de deux vagabonds. Le premier soir, ils frappèrent à la porte d’une maison en demandant l’hospitalité. Le couple qui les reçut était très pauvre, mais partageât pourtant son repas avec les vagabonds et s’organisa pour leur offrir un lit. Durant la nuit, la mort emportât leur âne, qui était leur unique richesse, et lorsque les vagabonds repartirent le matin, ils laissèrent un couple effondré.

Le second soir, les vagabonds frappèrent à la porte d’une riche demeure, dont le maître, avare et mesquin, acceptât après maintes discussions de leur laisser s’installer pour la nuit dans l’étable adjacente à la maison, avec un peu de pain sec et d’eau. Avant de repartir, l’ange confirmé rebouchât une fissure dans le mur de l’étable mitoyen avec celui de la maison.

Reprenant leur chemin, le stagiaire, n’y tenant plus, lançât à son maître des reproches. « Je ne comprends pas pourquoi vous avez laissé la mort emporter l’unique richesse de ceux qui se sont montré si généreux avec nous tandis que vous rendez service à celui qui fût si frustre. »

Son maître de stage lui répondit : « La première nuit, la mort venait prendre la femme, malade. J’ai négocié avec elle pour qu’elle emporte l’âne à la place. Dans la fissure de la seconde maison se trouvait de l’or qui y fût caché par l’ancien propriétaire. Je l’ai rebouché pour que le propriétaire de cette maison ne trouve point cette richesse. »

Parfois, les concessions que vous aurez à vivre vous sembleront aller complètement à l’inverse de vos principes, mais en ouvrant la porte à une manière de vivre les choses, qui sait, vous pourriez découvrir une nouvelle sagesse qui s’invite dans votre Univers.

Je vous souhaite un bon week-end, à bientôt.

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