Quand dans la discussion on s’entend sans se comprendre

Publié le par Madeleine Moreau

Vous est-il déjà arrivé de parler et d’avoir cette sensation que l’autre vous écoute mais ne vous comprend pas ?

Personnellement, j’ai souvent vécu cette expérience, principalement avec des personnes qui me sont proches ou avec des personnes où il me semblait que nous partagions les mêmes valeurs, les mêmes idéaux.

Si nos conversations avaient été enregistrées, il aurait été aisé de se rendre compte qu’il y avait, non pas un sujet mais deux sujets séparés par un fossé d’incompréhension.

Un fossé ou un mur, prenez l’image que vous préférez vient se dresser entre mon interlocuteur et moi-même. 

 

Quand dans la discussion on s’entend sans se comprendre

Les formations sur la communication auraient dû m’aider, mais, lorsque cela arrive, les outils semblent être absents. Ainsi, j’ai appris que la communication est, en prenant une image, un émetteur (mon interlocuteur) et un récepteur (moi). Tout devient alors question de filtres entre la pensée et la formulation. Si la longueur d’onde est mauvaise, la communication est mauvaise, voire incompréhensible.

Je vous donne un exemple :

Il y a quelques années, je travaillais comme assistante. J’avais un responsable qui lui-même avait un responsable, qui lui, suivait les directives de son responsable. Vous voyez l’échelle ?

Disons, que j’étais au bas de l’échelle.

J’avais des idées, j’avais un point de vue. Je voyais les choses d’une certaine manière, j’étais habitée par le désir de faire changer certaines choses, sans être foncièrement une rêveuse, j’apportais inconsciemment une part de rêve (irréalisme face à la situation) dans mes propositions. Mon responsable était très cartésien et tenait à son pouvoir que lui procurait son poste de responsable.

On travaillait ensemble, on participait à des projets communs, on avait le même souci d’apporter le meilleur de nous mais nous n’étions pas sur la même longueur d’onde lorsqu’il fallait communiquer.

Lorsque je lui disais ce qu’il serait bon de faire, il me répondait : « C’est moi le chef », je comprenais ceci : « Tu n’es rien, tu n’as pas ton mot à dire, ce n’est pas toi qui va me dicter la marche à suivre ».

Je me renfermais, je mettais les pieds contre le mur, je le critiquais dès que l’occasion se présentait, je laissais les choses aller et les reprenait à ma manière dès que l’occasion se présentait.

Au fil des ans, notre relation est devenue explosive, conflictuelle. J’avais un sujet brûlant pour mes entretiens.

Cela a duré plus de 3 ans et j’ai dépensé une petite fortune à essayer de comprendre le problème, sans réussir à le comprendre, jusqu’au jour où j’ai accepté, tout au fond de moi, qu’il était le chef et que je devais le considérer comme le chef, le patron.

A partir de là, la communication est devenue meilleure, même s’il y avait encore des interférences sur la ligne, mais au moins, l’ambiance était meilleure.

Ce genre de situation, il est possible de la retrouver au sein d’une vie de couple, d’une famille élargie, d’un groupe associatif … partout où il y a communication.

Changer de longueurs d’ondes

Il est bon de se rappeler que nous avons tous et toutes des valeurs et une vision de la vie différente. Cela se perçoit très nettement lors d’échanges concernant la politique : l’extrême gauche éprouve des difficultés à comprendre le point de vue de l’extrême droite et vice-versa.

C’est ce qui fait que nous avons, parfois, une grande différence entre notre pensée, nos paroles et l’analyse que nous en tirons.

Le seul moyen qui est à notre portée est de nous régler sur la longueur d’onde de notre interlocuteur et de lui permettre de se régler sur notre longueur d’onde.

Facile à dire … c’est vrai.

Dans l’exemple que je vous ai donné, tout a changé le jour où j’ai accepté de voir mon responsable tel qu’il se voyait : « c’est moi le chef » et que j’ai accepté de changer ma manière de m’exprimer, non plus en disant : « je pense qu’il faudrait faire comme ceci ou comme cela … » mais : « si j’ai bien compris, il s’agirait de … est-ce que si nous mettions cela en œuvre cela t’irait ? » 9x sur 10 il se sentait rejoint dans son image de chef. Il était alors possible de lui soumettre d’autres idées, d’autres marches de manœuvres et il acceptait alors de se remettre en question, de s’aligner, ou c’est moi qui acceptais son idée, la trouvant même meilleure que celle que j’avais car plus directe, plus sensée. Nous étions alors sur la même longueur d’onde.

En rejoignant la personne dans ses valeurs, dans sa vision de la vie, en cherchant à rejoindre la personne là où elle est, c’est-à-dire, dans sa manière de penser et dans ce qu’elle se sent être, cela demande que nous sortions du monde qui gravite autour de nous-même.

Conclusion

Si vous avez cette impression que vous parlez dans le vide, que ce que vous dites est du chinois pour l’autre, regardez ce que vous pouvez faire pour essayer de trouver la bonne longueur d’onde.

Il est tout à fait possible de dire les mêmes choses, en changeant votre manière de les dire.

Il est tout à fait possible de comprendre ce que l’autre vous dit en changeant la perception de votre pensée et l’analyse que vous en faites.

Ce n’est pas un exercice facile, mais cela n’en vaut-il pas la peine, surtout si vous souffrez de cette communication qui vous semble stérile.  

Je vous souhaite une très bonne journée, à bientôt.

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