Quand il s’agit de soi, le plus difficile est de passer à l’action !

Publié le par Madeleine Moreau

2011 – Marie-Christine me demande si je peux la recevoir pour un accompagnement personnalisé.

Elle a 34 ans, est au chômage depuis 6 mois, peine à retrouver un emploi. Elle n’a pas de diplômes particuliers, ayant choisi un emploi de  caissière dans un grand magasin à la fin de sa scolarité.

Elle a été mariée durant 5 ans avant que son couple ne se brise, sa seule chance, me dit-elle est de n’avoir pas eu d’enfants.

Jusqu’au moment où elle a perdu son emploi, sa vie lui semblait « acceptable », ce qui veut dire qu’elle faisait face à ses obligations, qu’elle parvenait à payer ses factures et même de petits voyages.

Elle pensait retrouver un emploi très rapidement, ses 14 ans d’expérience devant être un atout considérable – à ses yeux.

Il n’en est rien.

De plus, des questions existentielles ne cessent de se bousculer en elle : « A quoi je sers ? » « Qui voudrait de moi ? » « Est-ce que je suis capable de faire quelque chose de ma vie ? » « Est-ce que je suis normale ? » « Pourquoi suis-je tombée si bas ? »

Elle veut faire le point sur sa vie, un bilan complet qui lui permettrait de prendre un nouveau chemin, de se tourner vers autre chose. 

 

Quand il s’agit de soi, le plus difficile est de passer à l’action !

Jusque-là, c’est à l’image de toute personne qui prend conscience qu’il y a un besoin réel de faire quelque chose pour changer sa vie.

Marie-Christine est venue régulièrement en entretien durant 2 ans, jusqu’au jour où elle a retrouvé un emploi. Il lui semblait alors que sa vie reprenait du sens. Elle avait découvert, grâce à l’accompagnement, qu’elle pouvait donner du sens à sa vie, même si ce sens était très éloigné de l’idéal qu’elle recherchait, découvert qu’elle avait des ressources, que celles-ci pourraient se déployer si elle n’avait plus le souci de chercher comment boucler ses fins de mois sans être dans le rouge. Elle commençait à croire en ses qualités, en ses capacités, la preuve en était qu’elle avait été retenue pour le poste au milieu de plus de 200 candidatures. Donc, elle n’avait plus besoin d’aide et choisissait de continuer sa route seule.

Je l’ai revue il y a une semaine, par hasard, en faisant mon marché. Elle m’a abordée, sans agressivité, le visage cependant fermé et m’a dit : « Tout ce travail que j’ai fait avec toi, j’ai cru qu’il allait changer ma vie, mais en fait, il n’en est rien, j’ai un boulot minable, je ne peux pas espérer mieux, tous les rêves que j’avais se cassent la figure dès que je commence à y croire. Ton développement personnel, ce n’est en fait, qu’une illusion que tu vends ! »

C’était dur à entendre, plus dur encore à ne pas réagir au quart de tour. Mais que lui était-il arrivé ? Qu’est-ce qui n’était pas allé ?

Je lui ai proposé d’aller boire un café et qu’elle m’en dise un peu plus, ce qu’elle a accepté.

Ce n’était pas un entretien, même si cela lui ressemblait. J’avais besoin de découvrir sur quoi elle se basait pour avoir une telle réaction.

Ce qu’elle m’a partagé de sa vie actuelle met en relief ce que j’ai souvent observé chez d’autres personnes qui, un jour, alors qu’elles étaient prêtes à prendre leur vie en main, ont décidé d’arrêter de travailler sur elles. C’est ce qui m’a donné l’impulsion de l’article d’aujourd’hui.

Quand le cheminement atteint la nécessité de faire quelque chose pour soi et de passer à l’action

C’est une étape incontournable dans le développement personnel.

Il y a un avant, il y a un une étape charnière, il y a un après.

Regardons cela de plus près :

Avant – C’est cet instant précis où l’on se rend compte qu’on ne peut plus vivre comme ça, qu’il faut faire quelque chose, qu’il faut changer certaines choses dans sa vie.

La décision de demander de l’aide de vient pas aisément. Un jour, on fait le pas, on se décide de commencer un travail sur soi.

Dans les premiers temps, on parle de la situation, on parle de ce qui ne va pas, on parle des autres, un tout petit peu de soi. C’est normal, il faut décanter, il faut prendre le temps du recul, il faut prendre conscience que le fait de parler simplement de la situation ou des autres, en fait, ça ne change pas grand-chose dans sa vie personnelle.

Vient alors le moment où l’on se sent prêt/e à parler de soi, à se regarder dans le miroir de sa vie, à se remettre en question ou à se poser les bonnes questions, à découvrir ce que l’on aime, à se fixer des objectifs, à faire des introspections de soi plus en profondeur. On se dévoile un peu plus, comme si on se mettait à nu pour pouvoir revêtir d’autres parures, celles qui nous correspond le mieux.

L’étape charnière – C’est l’étape où il faut commencer à mettre en pratique ce que l’on découvre de soi, sans attendre que les autres le fassent pour nous, sans espérer qu’il y aura un changement en ne faisant rien.

L’étape la plus difficile à vivre car elle demande à passer à l’action.

Je prends une image : Avez-vous déjà observé un enfant de 11 mois qui commence à découvrir le monde, qui se déplace avec facilité à 4 pattes, qui ne cesse de tendre ses bras pour que vous le mettiez debout et l’accompagniez dans ses premiers pas ? A ce moment précis, il est sur le point de lâcher vos mains et de s’aventurer seul. Il marchera, uniquement si c’est lui qui décide de lâcher vos mains, de se mettre debout tout seul et qu’il acceptera de tomber de nombreuses fois avant de gagner en assurance.

L’étape charnière, c’est cela.

Avant, on a besoin de se sentir écouté, reconnu, stimulé, compris. On a besoin de mettre des mots sur ce qui vit en soi. On a besoin de découvrir que l’on a 2 jambes et que celles-ci nous permettent de marcher seul – bien sûr, s’il n’y a pas d’handicap.

L’étape charnière, c’est ce moment précis où l’on doit commencer à faire nos premiers pas dans la prise en main de notre vie.

Ces premiers pas doivent se continuer dans l’accompagnement, qui se terminera gentiment, à son heure, lorsque vous sentirez que vous n’avez plus besoin de vous assurer qu’il y a une main prête à se tendre pour vous aider à franchir un obstacle – cela peut durer plus ou moins longtemps.

Durant cette étape charnière, vous mettez en pratique votre sens de vie, vous commencez à la construire pour qu’elle devienne à votre image et pas à celle des autres, vous prenez des initiatives personnelles, vous suivez vos convictions …

Si vous prenez une décision et que vous ne l’appliquez pas, rien ne se produira, vous continuerez à aller à 4 pattes.

Si vous découvrez des aspects de vous prêts à se déployer mais ne faites rien pour les stimuler, les rendre vivants en vous, il ne se passera rien de neuf.

Tant que vous n’agissez pas de votre plein grès, tant que vous ne vous servez pas de votre liberté, vous n’êtes pas arrivé à l’étape charnière.

Après – Vous allez continuer de progresser. Vous ne ferez pas tout de suite un marathon, cela viendra ou pas, mais vous commencerez à ressentir un changement en vous. Pour cela, vous n’avez pas besoin de changer 20 trucs par jour dans votre vie, de vous prendre la tête pour aller plus vite. Tout va se faire petit à petit. La stagnation, une fois le mouvement pris ne s’arrête pas.

Il vous faudra trouver le juste milieu. Prenons un autre exemple : vous sentez que vous pouvez quitter le perfectionnisme qui vous pourrissait la vie -  le juste milieu ne consiste pas à ne plus rien faire, à tomber dans le contraire, mais à commencer les choses jusqu’à ce qu’elle atteigne la perfection qui vous est possible aujourd’hui – c’est autre chose que de rechercher la perfection ++ !

Si vous avez décidé de devenir plus efficace, vous aurez des moments moins productifs, c’est normal.

Vous aurez à mettre en place des habitudes, vous essaierez de les respecter, vous irez de l’avant et parfois vous aurez le sentiment de revenir en arrière. 

Conclusion

Si vous avez la même réaction que Marie-Christine, je vous invite à regarder à quelle étape vous avez quitté votre décision de prendre soin de vous. Il n’est jamais trop tard pour recommencer.

Si vous en êtes à l’étape charnière, vous aurez, il est bien possible, la croyance que vous n’avez plus besoin de soutien. Certaines personnes y arrivent très bien, d’autres reviennent instinctivement au soi-disant confort qu’elles ressentaient auparavant et se mettent en arrêt – d’où cette impression que je leur ai vendu de l’illusion.

Si vous en êtes à l’étape « après », regardez ce qui fait que vous avez encore besoin de sentir l’autre près de vous. Il peut y avoir d’autres chantiers que vous voulez entreprendre. Si c’est le cas, faites-le, non pas en pensant que vous commencez à l’étape « après » mais que vous redémarrez une étape « avant ».

De tout cœur, j’espère que cet article vous permettra de conduire votre réflexion. N’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

Je vous souhaite un bon début de semaine, à bientôt.

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