Se sentir responsable : autre chose que se sentir victime

Publié le par Madeleine Moreau

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote qui m’a fait sourire à la fin de la semaine dernière.

Une de nos connaissances me téléphone pour me demander si nous pouvions lui prêter une petite table de camping.

Pas de problèmes. Nous en avons une qui est dans la chambre haute et c’est avec plaisir que nous lui rendons service.

Début d’après-midi, il vient la chercher et voici ce qui se passe : 

Se sentir responsable : autre chose que se sentir victime

« Ils (sa fille et son beau-fils) m’emm…. Une fois de plus ils me mettent à contribution, je vais bosser toute la journée pour eux, je vais m’emm… c’est pas possible … je serais debout dès 6h du matin et je serais crevé avant le début de soirée … »

Il y avait, dans sa voix, une colère, un énervement, un ras-le-bol et, si j’avais été dans un mauvais jour, j’aurais pris en pleine figure son énervement, si je n’avais pas un peu de recul face à sa réaction, je l’aurais plains d’être une victime. Je lui ai dit : « Ils t’ont demandé si tu pouvais leur rendre ce service ? » « Oui, bien sûr, et comme un con j’ai accepté » - « Tu as accepté ? » - « Bien sûr, comment je pourrais refuser quelque chose à ma fille ? » - « Alors, si tu as accepté, tu acceptes aussi les conséquences qui vont avec ? » - « Je te dis simplement qu’ils m’emm… et que ça m’énerve, mais je le ferais, une fois de plus … Allez bon, merci et bonne journée ! »

Je ne sais pas si ce court échange lui a permis de voir, qu’au bout du compte, il se sentait victime plus que responsable de son choix, victime du service qu’il avait accepté.

Il est facile de basculer dans le sentiment d’être victime

Oui, c’est très facile et cela se fait souvent à notre insu, que ce soit les conséquences d’un choix ou une situation qui nous arrive.

Vous êtes septique ?

Je vous aiguille, car je suis presque sûre qu’à un moment ou un autre, vous avez réagis ainsi :

  • Je ne pouvais pas dire non … (surtout en ce qui concerne les demandes ou les attentes des proches)
  • Je ne peux pas m’empêcher de … (lorsque l’attitude première pousse à rendre service, à se sentir indispensable)
  • Je suis bien obligé de … (principalement lorsqu’on pense que l’autre n’est pas capable de s’en sortir tout seul)
  • Pourquoi ça m’arrive à moi … (lorsqu’un évènement imprévisible nous prend de court)
  • Ce n’est pas de ma faute … (la meilleure excuse que l’on puisse trouver)
  • Pour avoir la paix, je fais toujours ce qu’il/elle veut … (la peur des conflits, le besoin de plaire, le souci du bonheur de l’autre conduisent fatalement à un débordement)

Ça y est, vous vous reconnaissez dans l’une ou l’autre formule ?

Ce qui est dingue, c’est que, lorsque nous employons une de ces formules, nous nous mettons systémiquement dans la position d’une victime, celle qui subit et abandonne sa part de responsabilité.

Si vous vous sentez pris en « flagrant délit », le mieux est de revenir à votre part de responsabilité

Je reviens à mon histoire du début.

En acceptant de rendre service à sa fille et à son beau-fils, il savait à quoi il s’engageait. Il savait qu’il serait pris le samedi toute la journée, il savait qu’il serait debout par n’importe quel temps. Il était libre d’accepter ou pas.

Notre petit dialogue aurait pu lui permettre de se sentir pris en « flagrant délit » de victimisation et de se tourner vers sa part de responsabilité.

Je ne sais pas si cela fut le cas, ce que je sais, c’est que s’il est resté dans cette sensation qui est, au bout de compte, celle de se sentir pris en otage dans ses sentiments et son impossibilité de refuser quoi que ce soit, sa journée n’a pas eu tout le plaisir qu’il en aurait retiré en prenant à pleine main sa part de responsabilité. (Je lui demanderai s’il a quand même eu du plaisir à rendre ce service).

Et, parce que, cet exemple me ressemble également un peu, je peux vous affirmer que lorsque je reviens à ma part de responsabilité, lorsque je quitte cette tendance à me vivre en victime, alors le soleil revient dans mon monde intérieur. C’est beaucoup plus facile à vivre.

Passer de victime à responsable

Tout d’abord, il faut prendre conscience que l’on réagit en victime, et cela n’est pas gagné d’avance.

Il faut prendre conscience de toutes ces petites excuses que l’on donne face à ce qui nous arrive et qui agissent comme des petits pansements qui ne suffisent pas à arrêter l’hémorragie des frustrations, colères, mécontentements que l’on vit alors.

Il faut prendre conscience que, bien souvent, nous ne nous adressons pas directement aux personnes concernées mais à des tiers qui, le pensons-nous, sont mieux placés pour recevoir nos doléances, pour alléger notre ressenti, pour recevoir le trop plein qui se produit en nous.

Lorsque ces prises de conscience se font, il est alors tout à fait possible d’agir autrement.

Tout d’abord en acceptant que l’on vient de passer au rôle de victime, ensuite, en regardant ce qui a favorisé ce rôle. – si je n’arrive pas à dire non, implicitement, c’est de ma faute si mon oui m’apporte des conséquences négatives – si j’agis toujours pour faire plaisir à l’autre et pour m’éviter un passage vers une tension ou un conflit, c’est de ma faute si j’en ressors avec des frustrations, avec ce sentiment que je ne peux jamais proposé quelque chose qui me fasse plaisir.

L’autre n’y est pour rien … et ne dites pas que c’est à cause de lui/elle que vous vous retrouvez dans cette situation.

Je prends un autre exemple : Vous partez à la dernière minute pour vous rendre à un rendez-vous et vous arrivez en retard. Vous vous excusez en disant : « Ce n’est pas de ma faute, il y avait des embouteillages, je n’ai pas trouvé une place de parc à proximité … » La meilleure attitude et la prise en main de votre responsabilité serait de dire : « Je suis en retard parce que je suis parti/e à la dernière minute et je n’ai pas tenu compte du risque des embouteillages ou des manques de places de parcage ». Essayez cette formule la prochaine fois, vous verrez, ça change tout.

Passer de victime à responsable, c’est simplement, facile à dire, reconnaître qu’au bout du compte, ce que vous ressentez alors, n’appartient qu’à vous.

N’est-ce pas là une bonne occasion pour vous observer et commencer à changer d’attitude ?

Je vous souhaite un bon début de semaine, à bientôt.

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