Ces blessures qui continuent de faire mal

Publié le par Madeleine Moreau

Nous pensons que nous avons tourné la page, nous croyons que nous sommes passés à autre chose, nous disons que le passé, c’est le passé et que ça ne sert à rien de ruminer. 

Il suffit, souvent, de pas grand-chose pour qu’un souvenir remonte à la conscience et qu’une blessure que l’on pensait guérie ne fasse à nouveau mal.

Des souvenirs que l’on aimerait oublier, des sentiments que l’on aimerait mettre de côté, des rencontres que l’on souhaiterait ne pas faire. 

Ces blessures qui continuent de faire mal

Nous pensons que nous avons tourné la page, nous croyons que nous sommes passés à autre chose, nous disons que le passé, c’est le passé et que ça ne sert à rien de ruminer.

C’est une première réaction, et dans le fond, elle n’est pas si mauvaise puisqu’elle nous permet de nous reconstruire sans trop de mal.

Mais lorsqu’une blessure ancienne fait à nouveau mal, on se sent un peu désarçonné/e, on ne comprend pas très bien pourquoi la souffrance est encore si vive.

Il faut peu de choses pour que se réveille ces blessures d’antan.

Une similitude avec ce que vous avez vécu, une ambiance qui vous rappelle quelque chose, une scène à laquelle vous devenez un spectateur, une spectatrice impuissant/e …

En quelque seconde, vous quittez le moment présent et vous vous sentez exactement comme vous étiez il y a X années en arrière.

L’adulte que vous êtes aujourd’hui fait de la place à l’enfant, à l’adolescent, au jeune adulte que vous étiez et vous laissez vos émotions, vos sentiments vécus à ce moment-là vous envahir de la tête aux pieds, sans réussir à les maitriser.

Il ne sert à rien de vous en vouloir pour cette remontée d’émotions, pour ces souvenirs qui vous reviennent comme des boomerangs. Il ne sert à rien de tenter de les mettre de côté, d’essayer à nouveau d’oublier.

Ce qui est aidant, est de reconnaître que : oui, j’ai encore mal, ça me fait encore mal.

Accueillir ces résurgences car elles ont quelque chose à vous dire.

Je peux vous partager quelque chose que j’ai vécu lors de mes dernières vacances, cela vous aidera peut-être à comprendre ce que veut dire : « Choisir d’être heureux/se au lieu d’être blessé/e ».

Je me suis retrouvée spectatrice, malgré moi, d’une scène que je connais bien, qui fait partie de mon histoire, qui m’est arrivé.

Dans le regard, les expressions d’une fille de 10 ans, je me suis retrouvée, comme si un film avait été tourné et me faisait revivre une situation insoutenable.

Mon cœur avait mal, ma respiration était étouffée, la peur me saisissait.

Je n’ai plus 10 ans, je ne suis plus dans la même situation.

J’aurai pu en rester là.

J’ai accueilli, je me suis rejointe dans mon cœur d’enfant qui revivait une souffrance, j’ai également accueilli le fait que je suis une adulte et je me suis rejointe dans mon cœur d’adulte.

J’ai compris une chose essentielle, celle qui me manquait pour soigner cette blessure.

Tout au fond de moi, j’en voulais à mort, à tous ces adultes qui n’avaient rien fait pour venir à mon secours, pour voir ma détresse, cela me faisait tellement mal, plus, je dois le reconnaître, que la situation que je vivais alors.

En voyant le regard de cette petite fille de 10 ans, en voyant au fond de ces yeux la même détresse que celle que j’avais ressenti à son âge, j’ai compris une chose : j’étais impuissante, je ne pouvais pas intervenir … comme devaient l’être les gens du village qui voyaient ce qui se passait dans ma famille … eux aussi étaient impuissants, ils ne pouvaient rien faire.

Cette découverte a agi en moi et j’ai fait un pas de plus dans l’évacuation d’une souffrance qui était toujours présente.

Cela ne change rien à ce que vivait cette petite fille qui me rappelait celle que j’avais été, cela ne change rien à ce que j’ai vécu, mais au moins, je peux choisir de me sentir heureuse plutôt que de me vivre en me sentant blessée.  

Si durant cet été, vous devez faire face à quelque chose qui vous a blessé par le passé, si vos émotions qui étaient les vôtres à l’origine vous envahissent, revenez à cet article : vous pouvez choisir de vous sentir heureux/se aujourd’hui tout en acceptant cette réalité, qu’un jour, à un moment précis de votre vie, vous avez été blessé/e. Vous pouvez laisser cette blessure qui ressurgit vous parler pour ensuite la laisser se guérir un peu plus.

Je vous souhaite une belle journée, à bientôt.   

Merci beaucoup de partager cet article autour de vous

Merci de partager cet article sur Twitter, sur Facebook ou chez Google+. Si vous l'avez trouvé constructif, bien sûr ! 

Publié dans grille de l'été

Commenter cet article