C’est ta faute !

Publié le par Madeleine Moreau

Avez-vous déjà remarqué combien il est facile de rejeter la faute sur l’autre, sur les autres ?

Ainsi :

  • Dans un couple : l’un ou l’autre se sent frustré … c’est la faute de l’autre !
  • Au travail : votre responsable monte sur ses grands chevaux parce que vous n’avez pas terminé un dossier urgent – c’est de votre faute ! Et, comme cela ne vous convient pas, vous rejetez la faute sur quelqu’un d’autre, la personne qui ne vous a pas communiqué toutes les informations, cette autre personne va rejeter la faute sur le responsable qui n’a pas été suffisamment clair !
  • Dans un sport d’équipe : vous perdez le match alors que vous étiez certain/e de gagner. C’est la faute au gardien – à l’entraîneur – au coach – à l’équipier !
  • Avec vos voisins : il y a de la friture dans l’air. C’est de leur faute si vous n’arrivez pas à avoir une bonne entente !
  • Politiquement : C’est la faute aux élus si les choses vont si mal … ce n’est en tout cas pas de votre faute car vous n’aviez pas voté pour eux !
  • Un retard à un rendez-vous : C’est la faute aux camions, c’est la faute aux embouteillages, c’est la faute aux services publics, c’est la faute à pas de chance…
C’est ta faute !

Si vous observez bien, vous allez trouver des dizaines d’autres exemples et il vous sera difficile d’admettre que dans certains cas, c’est également votre faute, ce qui veut dire que vous y êtes pour quelque chose !

Pourquoi avons-nous tant besoin de trouver un/des coupable/s ?

Ce n’est jamais agréable de recevoir une remarque ou une critique.

Ce n’est pas agréable de reconnaître que l’on a une part de responsabilité dans la situation.

C’est intenable de se sentir juger.

Alors, nous réagissons. C’est comme si nous avions, soudain, entre nos mains, une patate brûlante que nous nous dépêchons de lancer à l’autre – vous avez sans doute déjà entendu parler de ce phénomène – c’est un réflexe direct.

Sous ce réflexe, il y a bien souvent une émotion, une sensation que nous rejetons, que nous refusons de reconnaître.  

Comprendre et accueillir ses émotions

Personnellement je ne connais pas un seul couple qui ne s’est pas renvoyé un jour ou l’autre une faute, même une toute petite. Si le mot faute vous heurte, remplacez-là par : reproche – c’est quasiment la même chose. Quand on jette la faute sur l’autre, ou qu’on prononce des reproches, ceci se produit parce que nous ne parvenons pas à canaliser une émotion, nous rejetons une sensation.

Dans la vie professionnelle c’est la même chose : il y a toujours des moments, des situations qui bousculent nos besoins de reconnaissance, nos convictions, nos incompétences. Les émotions, les sensations sont alors décuplés et inconsciemment nous les refusons et les rejetons avec force.

Pour illustrer autrement ces faits, je vous invite à regarder toutes les fois où vous avez dit : « C’est à cause de toi si je suis énervé, en colère (l’énervement, la colère sont des émotions). Ces moments où vous vous dites : « C’est pas de ma faute si je me sens triste, (une émotion)  si rien ne va comme je veux, (une sensation)  c’est cette putain de société ! »

Plutôt que de reconnaître et d’accueillir l’émotion et la sensation qui est en vous, vous dénoncez l’autre, comme si vous pensiez qu’une force extérieure ou quelqu’un d’autre avait le pouvoir de contrôler votre vie.

Lorsque une personne a des mots difficiles à votre égard, vous la considérez comme responsable des mots prononcés, entendez par là que vous la jugez responsable de la colère qui vient vous prendre aux tripes, de la déprime qui s’en suit, de l’écœurement qui vous submerge. Il est normal de la considérer comme responsable des mots prononcés, mais la manière dont vous gérez les émotions qui surgissent, vous en êtes responsable.  

Apprendre à recadrer nos réflexes, nos attitudes

Cela commence par ne pas relancer la patate chaude, de ne pas trouver systématiquement le/la coupable qui est à votre portée, mais de reconnaître et d’accueillir l’émotion qui s’installe en vous.

En reconnaissant votre émotion, vous pourrez adapter votre attitude à la situation, réagir sainement avec votre sensation intérieure.

Voici quelques exemples qui peuvent vous aider à mieux comprendre le processus :

  • Je suis frustré/e parce que mon compagnon, ma compagne ne comprends pas que j’ai besoin de me changer les idées et qu’il est important pour moi qu’il m’accorde un peu de temps et me montre son amour – Si vous ressentez une frustration, un besoin qui appelle à être entendu, vous pouvez revenir à tous ces moments où il/elle vous a montré son amour, toutes ces fois où il/elle a fait des concessions pour répondre à vos besoins.
  • Je pensais avoir bien effectué mon boulot et je ne supporte pas les critiques qui sont faites à mon égard. Je me sens ignorée dans mes compétences. Je me sens sous-estimée par mon chef. J’ai l’impression d’être vraiment nulle. – Vous pouvez penser à toutes les situations que vous avez su redresser, aux situations où vous avez été meilleur/e. Revenez à une conviction ou une valeur qui vous habite, comme : personne ne peut être le meilleur en tout et j’ai le droit d’avoir des faiblesses.
  • Ce n’est pas possible, ce match, on devait le gagner. Je suis réellement en colère parce que cette victoire je la voulais. J’en veux terriblement à mes équipiers qui n’ont pas donné le meilleur d’eux. – Une défaite peut vous aider à comprendre les erreurs. Revenez aux victoires remportées et à la joie vécue. Acceptez que les autres, cette fois-ci, étaient meilleurs que vous.
  • Je ne supporte pas ces voisins qui veulent avoir réponse à tout et qui pensent être dans leurs bons droits. Je me sens dévalorisée, exclue et en plus je suis jaloux/se de leur facilité à mettre en œuvre de nouvelles idées. – Portez votre regard sur les capacités que vous avez, sur les autres situations où vos idées ont été félicitées. Acceptez que vous ne soyez pas aussi extravertis que vos voisins. Revenez aux situations où vous vous sentez valorisé/e, accepté/e.
  • Les élus de votre ville prennent des décisions que vous ne partagez pas. Je ne peux pas adhérer à ce projet. Je me sens manipulé/e, utilisé/e par le système et cela me met dans une rage incommensurable. – Revenez à vos valeurs, à vos convictions et au comment vous les vivez dans votre quotidien. Accueillez pleinement vos couleurs et acceptez qu’il puisse y avoir d’autres couleurs autour de vous.
  • Je ne supporte pas qu’on me fasse remarquer que je suis en retard. Je me sens jugé/e, je me sens fautif/ve, je me sens mal dans ma peau, c’est intenable en moi. – Reconnaissez simplement le fait : vous êtes arrivé/e en retard. Bien sûr, il peut y avoir la circulation, un accident sur la route, un retard du départ du train. Vous ne pouvez pas tout prévoir.

Il y a bien d’autres réactions que vous pouvez adopter face aux diverses sensations, à vous de trouver celles qui vous permettrons de réagir de manière plus ajustée, sans reporter la faute sur quelqu’un d’autre.

Si vous désirez mieux cerner l’émotion qui vous « oblige » à relancer la faute sur autrui, et si vous voulez essayer de changer vos attitudes, je vous recommande mon livre : La météo des émotions. Vous trouverez les liens pour le commander à la fin de cet article.

Prendre le contrôle sur vos émotions demande du temps, beaucoup de temps, mais plus vous reconnaîtrez les émotions qui vous habitent, plus vous saurez comment il est possible de les gérer avant de désigner un coupable.

Si vous avez envie de réagir à cet article, n’hésitez pas, envoyez-moi un commentaire.

Je vous souhaite une bonne journée, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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lilou 16/09/2015 19:19

je vis cette situation ou tu ce qui arrive est de ma faute, meme ce que je n ai pas fait, je me sens agressée au point de ne lus savoir rien faire de peur d avoir des reproches, je déprime et il est le 1er a me dire que j ai un problème et qu il faut que je me fasse soigner, je suis une menteuse, je passe mon temps sur des sites de rencontres, j ai des achats compulsifs alors que je ne sors pratiquement pas, bref, tout es prétexte pour me faire culpabiliser alors que c est lui qui va sur les sites, va au resto chaque jour, s achete ce qu il veut s en m en parler, son dernier achat, un chien, a qui je n ai rien le droit de dire car sinon, ce sont des pluies de reflexions, comme, c est vrai, tu n aimes pas les chiens ect,,,s il n est pas assis a table en diagonale avec l angle droit de la piece, ca ne va pas,,,,

Madeleine Moreau 17/09/2015 09:28

Bonjour lilou
Merci pour ce témoignage poignant.
Oui, une situation qui arrive dans bien des couples. Vous dites : je me sens agressée au point de ne lus savoir rien faire de peur d avoir des reproches,
Cette sensation d'être agressée, est juste surtout si tout ce qui arrive est de votre faute. Tout ce que vous pouvez faire, c'est de reconnaître les émotions que vous font vivre cette sensation, de les nommer, et pourquoi pas de lui dire : Lorsque tu te comportes comme cela, lorsque tu cherches à me culpabiliser, je ressens ..... je me sens ..... je suis ..... et je te demande d'arrêter.
Voyez ce que cela donne. Si cela continue, c'est sur votre couple qu'il vous faudra travailler - pourquoi êtes-vous avec lui ? Que vous apporte-t-il ? Jusqu'où êtes-vous d'accord de vous laisser maltraitée et pourquoi?
Si vous avez l'occasion et la possibilité de vous faire accompagner, n'hésitez pas, cela peut vous aider à défaire les noeuds de la culpabilisation.
Bon courage
Madeleine