La lolette ou le doudou

Publié le par Madeleine Moreau

Un enfant de 2 ans qui marche dans la rue avec sa lolette ou son doudou, c’est attendrissant au possible, ne trouvez-vous pas ?

Et c’est vrai que c’est attendrissant. Il lui faut tellement peu de choses pour se sentir en sécurité, pour avancer au milieu de ces géants (nous les adultes) sans avoir peur à chaque seconde. 

La lolette ou le doudou

Que pensez-vous des adultes qui marchent dans la rue avec une lolette ou un doudou ?

Ridicule, non ?

La scène vous paraît tellement incongrue que vous vous demandez ce qui me prend ce matin.

Ne soyez pas étonné/e, car il se pourrait bien, qu’au fil de votre lecture, le miroir de la vie vous renvoie à cette image saugrenue.

Hé oui, il est bien possible que vous soyez un/e adulte qui se rend au travail avec une lolette ou un doudou, qui fait ses courses avec les mêmes objets !

Lolette ou doudou … peut-être les 2 …

Vous l’avez compris, ces objets fétiches me servent de métaphore pour vous parler de toutes ces choses que nous adoptons dans notre vie pour nous sentir mieux … j’ai envie de dire … pour nous sentir grand/e.

Ce sont ces compensations que nous mettons en place, bien souvent, de manière inconsciente mais qui nous aident à faire comme si tout allait bien.

Personnellement, je le sais, la cigarette pour moi, représente la lolette. Pour d’autres, ce sera la barre ou la plaque de chocolat grignotée avant d’aller se coucher, pour d’autres encore, le petit verre qui se veut réconfortant en rentrant du travail. Cela, nous le savons tous et toutes, on en a tellement parlé dans les médias. Par contre, ce que nous connaissons moins, ce sont les représentations plus discrètes, moins voyantes qui font que nous ne nous séparons que difficilement de nos « fétiches ».

Voici, pour vous, quelques secteurs de vie où vous vivez, peut-être, avec une lolette ou un doudou sans vous en rendre compte.

La sécurité :

C’est un besoin que nous avons tous et toutes. Nous avons besoin de nous sentir en sécurité.

Ce besoin peut prendre des visages très différents selon les cas :

Emporter avec soi plus de choses que ce qui est nécessaire, sous le couvert que cela peut servir.

Acheter plus que ce qui est vraiment nécessaire – vêtements – chaussures – produits de beauté - …

Tout garder et ne rien jeter, même si cela restera inutilisable.

S’assurer de pouvoir être joignable 24h sur 24. Le réflexe de consulter sans arrêt son portable n’est pas anodin.

Consulter toutes les demi-heures quand ce n’est pas les quart-d’heures sa boîte courriel ou sa page fb en est un autre.

Essayer tous les régimes et compléments nutritionnels qui sortent sur le marché, dans l’espoir de se sentir mieux dans sa peau est également un moyen de remplir ce besoin de sécurité.

Le besoin de remplir, d’avoir en sa possession plein de choses et de trucs pour se sentir en sécurité, n’est pas quelque chose de rationnel.

Est-ce parce que nous sommes dans une société de consommation, ou un monde qui évolue trop vite que nous éprouvons ce besoin de nous sécuriser par toute sorte de moyen ?

Voyons maintenant ce qu’il en est si vous souffrez de solitude : Quels pourraient être vos doudous ou vos lolettes ?

Internet et le temps que vous passez à répondre à des messages, à participer à toute sorte de forum.

Les jeux de loterie, de loto … gratter, remplir des cases = se sentir au-dehors de l’ennui, au-delà des morsures de la solitude.

L’occupation excessive qui ne vous laisse aucun moment de repos – engagements multiples – bénévolat tout azimut …

L’objet de substitution sert, ici, à combler un manque affectif. A noter qu’il devient substitution à partir de moment où il est accompagné d’un trop.

Dans le secteur professionnel

Hé oui, il est également possible de travailler avec sa lolette ou son doudou, cela de façon totalement inconsciente.

Prendre à la maison un dossier à travailler sous l’excuse que celui-ci est urgent et qu’il n’y a que vous qui pouvez faire le travail.

Rester systématiquement au-delà des heures de bureau, soi-disant que vous n’avez pas tout à fait terminé.

Commencer sa journée par des rituels – déplacer et remettre des choses en place – avoir toujours en vue son agenda – consulter plusieurs fois par heure les courriels – vous rendre à vos rendez-vous toujours habillé de la même manière …

Choisir toujours la même chaise lors de réunions ou à la cafétéria.

Extérieurement, rien ne laisse à penser que ce sont des attitudes de substitutions, mais, si vous y regardez de plus près, vous prendrez conscience que cela vous permet de garder une certaine contenance et un soupçon de confiance.

Un dernier secteur ?

La gestion de votre stress et de votre vie émotionnelle

Hou là là, voilà un secteur très sensible pour parler de vos doudous.

Commençons par le stress :

Le plus beau doudou se situe au niveau de vos pensées et porte différents noms : ce n’est rien – c’est une mauvaise passe – ça ira mieux demain – no stress je gère - … ce qui est quand même mieux que de reconnaître les anti-doudous : colère – énervement – brûlure d’estomac – angoisse …  hé oui, la minimisation est un très beau doudou.

Dans ce registre nous pouvons également parler de la télévision, de la nourriture, des jeux sur internet ... Des doudous un peu encombrants pour les emporter avec soi, mais tellement doux et réconfortants chez soi.

Votre vie émotionnelle :

Regardez tous ces objets que vous gardez par sentimentalisme, ces objets qui sont pleins de souvenirs. Impossible de vous en débarrassez et à chaque fois que vous les regardez, que vous les tenez dans vos mains, vous les appelez non pas : vase – tasse – plat – chandail – chemise … mais : grand-maman – maman – oncle Pierre – Justine – grand-père …

Quitter votre lolette ou votre doudou  

Combien de lolettes, de doudous avez-vous découvert en lisant cette page ?

Je serais prête à parier que vous ne leur donneriez pas la même définition que moi. Ce n’est pas grave. Ce qui est important, c’est que vous en deveniez conscient/e.

Garder un lolette, un doudou, ce n’est pas si grave. Cela peut même être une aide importante pour traverser certains moments difficiles, certaines épreuves.

Ce qu’il faut comprendre, c’est le pourquoi vous y tenez tant. Pourquoi vous possédez tous ces vêtements, ces chaussures. Pour quelle raison faites-vous autant de choses. Qu’est-ce qui fait que vous avez besoin de tel ou tel rituel ?

Ensuite, posez-vous la question : En ai-je vraiment besoin ? Comment pourrais-je vivre sans mon doudou, sans ma lolette ?

A chaque fois que vous vous posez les bonnes questions, vous avez la réponse.

Je vous souhaite un très bon week-end, à bientôt.

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Mira 27/10/2015 08:44

c'est réconfortant de voir que tous les doudous et lolettes ne sont pas nocifs, merci pour cette aide pour évaluer, reconnaitre ceux qui freinent et ceux qui peuvent être aidants, au moins pour un certain temps.