La plainte est un appel déguisé

Publié le par Madeleine Moreau

Bonjour, je vous retrouve aujourd’hui pour vous permettre de mieux comprendre les « en jeu » (enjeux) que vous mettez en route lorsque vous vous plaignez.

Que recherchez-vous lorsque vous vous plaignez ?

Que pensez-vous que l’autre recherche lorsqu’il vient se plaindre auprès de vous ? 

La plainte est un appel déguisé

Que l’autre ressente le même sentiment que nous

Que nous ressentions les sentiments que vit l’autre

Plouf ! Heureusement, cela se produit, bien souvent, en dehors de votre conscience. Si vous y réfléchissez, avez-vous vraiment envie que l’autre ressente votre colère, votre tristesse, votre ras-le-bol ? A l’inverse, avez-vous envie d’entrer dans la colère, la tristesse, le ras-le-bol de l’autre ?

Je ne pense pas.

Pourtant, c’est ce que nous faisons. Nous cherchons à ce que l’autre ait de l’empathie pour nous ou que nous fassions acte d’empathie pour l’autre. Nous attendons un soulagement de notre ressentis, nous avons besoin de nous dire que nous ne sommes pas seuls/es à supporter cette absence de réponse à notre besoin, nous avons besoin de nous « enfin » compris dans ce que nous subissons. Nous croyons également que le fait de nous plaindre va nous permettre d’évacuer nos émotions.

Inconsciemment toujours, nous attendons que l’autre souffre comme nous, quitte à le/la culpabiliser.

Même si la plainte est légitime, le problème est que nous mettons l’autre dans une situation qui lui est difficile de supporter : il se retrouve dans votre situation et comme vous, il ne sait pas comment s’en sortir, il n’a pas les réponses que vous attendez.

Il ne les a pas pour la bonne raison que vous avez mal exprimé votre demande.

Une autre manière de faire passer le message

Je vous le dis d’entrée : Vous allez devoir prendre sur vous.

Oui, je sais, je ne suis pas marrante.

Je vais prendre un exemple concret :

« J’en peux plus de cette situation. Je ne supporte plus de me sentir mise à l’écart, de me sentir invisible. J’essaie pourtant de m’intégrer. Je fais le maximum pour qu’on me prête un peu d’attention. Mais tout ce que je fais ne sert à rien. Dominique continue son rôle de petit chef, Aline est devant lui la bouche en chœur et coupe toujours la parole, Brigitte n’est pas en reste avec ses grands gestes, son maquillage trop forcé, ses airs de petite starlette qui attire tous les regards. Quand à Bertrand, ne m’en parle pas, il sait tout, il connait tout. Je ne sais pas ce que je fais dans cette équipe. Personne ne me voit, personne ne m’entend et moi, comme un pion, je dois suivre, fermer ma g…, me soumettre … Non, mais, tu te rends compte de ce que je dois vivre, et puis, je vais te le dire, pour moi, l’équipe n’a aucune valeur, elle n’a aucun respect … tu crois pas ? Pourquoi tu souris, tu n’es pas d’accord ? Oui, oui, je sais, tu vas me dire que je me fais des idées, que ce n’est pas si horrible que ça, … ça t’arrive d’essayer de comprendre les autres ? Tu pourrais pour une fois essayer de me comprendre. »

Voilà une belle plainte, issue directement d’un colloque de travail.

Imaginez, un instant, que c’est à vous que j’adresse cette plainte, de plus, ce n’est pas la première fois que j’ai ce genre de plainte avec vous, elle revient à chaque fois que je suis obligée de suivre une réunion de travail ou que je me retrouve dans une rencontre de famille. Je n’arrête pas de vous dire que je me sens toujours mise à l’écart, que je me sens invisible.

Par politesse, pour ne pas me mettre encore plus mal à l’aise, pour ne pas augmenter l’impact de mes émotions négatives, vous allez gentiment m’écouter, vous allez essayer de me consoler en me disant que ce n’est pas grave, que j’ai toute ma place dans le groupe, etc.

Ok, alors je vais prendre sur moi cette frustration. Je vais commencer par chercher quel/s besoin/s pourrait être à l’origine de ce que je ressens :

Je me sens mise à l’écart. J’ai l’impression d’être invisible.

J’ai besoin de me sentir reconnue, de me sentir être à ma place et ce que je vis dans l’équipe ne me donne pas cette impression.

Je vois les autres plus à l’aise, plus intéressants que je peux l’être et je n’arrive pas à la cheville de l’un ou de l’autre.

Le manque de confiance que je vis joue un rôle important. En plus, j’ai toujours cette tendance à dire quelque chose si on s’adresse directement à moi, j’ai trop peur de casser l’ambiance ou de tomber à côté du sujet. J’ai donc un autre besoin : celui de trouver un peu de confiance en moi.

Cet exercice m’a aidé pour prendre du recul sur la situation. Ce n’est pas très agréable. Je vois que le manque de confiance que j’ai en mes capacités y est pour beaucoup de choses. Je vois aussi que je ne fais rien pour me mettre en avant, pour montrer aux autres que je suis là.

Cette prise de conscience ne m’aide pas à soulager le flot de mes émotions et je ne vois pas comment faire pour que ça change, alors, j’ai besoin de venir vous en parler.

Je peux très bien le faire comme dans le premier jet, mais cela ne servira à rien, si ce n’est de vous faire sourire. Je peux également m’y prendre ainsi :

Nous avons eu un colloque au boulot. Une fois de plus je me suis sentie à l’écart du groupe, invisible face à eux.

Je ressens un énorme besoin d’être reconnue par eux, par elles. J’ai besoin de me sentir faire partie du groupe.

Je viens de prendre conscience que je manque cruellement de confiance en moi et si je ne fais rien, je vais arriver à la retraite sans avoir apporté quoi que ce soit.

La première chose qui est à constater, c’est que vous ne pouvez pas assouvir mon besoin de reconnaissance. Vous ne pouvez pas claquer des doigts pour qu’à la prochaine réunion je parvienne à prendre ma place.

Vous pouvez m’écouter, me dire que vous entendez ce que je vous dis, rien de plus. Si … vous pouvez me demander : « Et, qu’est-ce que tu peux faire maintenant ? »

Là, vous me renvoyez directement à moi. Vous ne prenez pas sur vous mon mal-être, vous faites preuve d’une véritable empathie.

A moi maintenant de me mettre en route pour trouver cette confiance qui me manque tellement. A moi de trouver l’aide nécessaire pour progresser dans ce sens.

Conclusion

Lorsque nous ne savons pas comment satisfaire nos besoins, nous cherchons des personnes qui devraient comprendre ce que nous ressentons.

Résultat : Elles se sentent prises au piège et ne trouvent pas comment répondre à nos besoins. Si elles le font, nous n’en sommes pas pour autant satisfaits/es.

Si nous n’arrivons pas à prendre du recul face aux sentiments désagréables qui nous submergent, nous ne parvenons pas à cerner les besoins sous-jacents.

Résultat : Nous pouvons en arriver jusqu’à culpabiliser l’autre et le rendre responsable de notre mal-être.

Si nous arrivons à prendre le recul nécessaire dans les émotions qui nous submergent, nous trouvons comment il nous est possible d’améliorer la situation.

Résultat : Nous devenons responsables de ce que nous ressentons et pouvons œuvrer pour donner une réponse à nos besoins.

Exprimer nos besoins est la manière la plus adéquate. Elle nous permet de dire ce que nous vivons au lieu d’essayer d’exprimer nos émotions sous forme de plaintes.

Si cela vous semble impossible, vous pouvez essayer de regarder les choses positives que pourrait vous apporter la situation que vous vivez.

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.

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