Si vous avez appris qu’il n’est pas bon d’être en colère

Publié le par Madeleine Moreau

« Maîtrise ta colère – C’est pas beau d’être en colère – Mieux vaut faire bonne figure que de laisser éclater ta colère quand tu es avec les autres – Contrôle-toi et ne laisse pas la colère t’envahir – etc. »

Des recommandations que vous avez, sans aucun doute, entendues dans votre enfance ou par vos proches.

Maîtriser, refouler, mettre de côté sa colère, c’est ce que nous faisons – ce que je fais - régulièrement. Et, nous le sentons bien, nous adoptons une attitude qui ne nous est pas naturelle – être en rage contre quelqu’un et lui faire un beau sourire lorsqu’il nous tend la main, ne fait qu’accroître cette colère qui est montée à la gorge. 

Si vous avez appris qu’il n’est pas bon d’être en colère

Je vais vous apprendre que la colère peut être une bonne chose comme elle peut être une mauvaise chose.

La colère est quelque chose de naturel pour un petit enfant. C’est souvent la seule manière qu’il a de dire son mécontentement, sa frustration, son refus ou simplement sa peine. Mais voilà, pour les parents, ce n’est pas normal, et il faut canaliser cette attitude. Ils leur apprennent à maîtriser, à refouler, à mettre de côté plutôt que de leur apprendre à l’utilisé à bon escient, à l’exprimer dans sa juste valeur.

Si vous avez de la peine à accepter qu’elle puisse être bonne, je vous invite, si l’occasion vous est donnée, de regarder le film « vice-versa ». Actuellement vous le trouvez en DVD.

Nous croyons que la colère est mauvaise

Il ne vous viendrait sans doute pas à l’esprit de mettre cette émotion – lorsqu’elle surgit naturellement dans la liste des émotions positives. D’ailleurs, à ce sujet, il suffit de lire quelques articles écrits pas les psychologues, les thérapeutes, les enseignants pour se rendre compte que la colère est définitivement mise dans la liste des émotions négatives.

La raison est simple, eux aussi ont été conditionnés, eux aussi ont appris que la colère n’est pas bonne … en tout cas pas dans les relations !

Et c’est ainsi que nous prenons comme règle de vie qu’il ne faut pas montrer et exprimer sa colère mais faire le poing dans sa poche.

Nous demandons aux autres d’agir en ce que nous pensons être le mieux pour elles et … pour nous !

C’est instinctif. Si la colère n’est pas une bonne chose pour nous, nous allons essayer de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’autre, ou nous-même, n’exprime pas sa colère.

C’est ce que les parents font avec leur enfant, surtout lorsqu’il exprime ce qu’il n’aime pas, lorsqu’il essaie d’exprimer un besoin qui n’a pas été entendu, lorsqu’il se sent obligé de faire quelque chose sans en connaître la raison. Nous pourrions dire qu’il s’exprime sainement.

Mais le problème est du côté des parents qui ne l’entendent pas ainsi.

Et, si nous observons ce qui se passe dans nos relations d’adultes, nous pouvons percevoir qu’il se passe exactement la même chose : Allez dire, lors d’un colloque, que vous n’êtes pas d’accord avec ce qui vous est demandé ou ce qu’on vous demande de faire, vous verrez ce qui se passe. Si vous êtes entendu, il n’y aura pas de problème. Si vous n’êtes pas entendu, il y aura un problème « colérique » et votre responsable ne vous laissera pas la parole ou l’expression de ce que vous ressentez. Si cela se produit systématiquement, alors vous adopterez très rapidement l’attitude du poing dans la poche, mettant votre colère dans ce poing fermé et lui interdisant de s’exprimer sainement, jusqu’au jour où elle explosera de manière malsaine.

La colère : une émotion que vous ressentez

  • Que ressentez-vous lorsqu’on vous oblige à faire quelque chose que vous n’aimez pas ?
  • Que ressentez-vous lorsque votre consentement n’est pas demandé pour quelque chose qui vous concerne ?
  • Que ressentez-vous lorsque les autres n’acceptent pas votre manière de voir les choses, de regarder le monde, de vivre votre vie ?
  • Que ressentez-vous lorsque quelqu’un d’autre vient empiéter sur votre territoire et s’approprie ce qui vous appartient ?
  • Que ressentez-vous lorsque vous entendez des paroles qui vous blessent, lorsque vous êtes la cible de critiques infondées ?

Il serait étonnant que vous ressentiez de la joie, du bonheur, de l’amour. Non, vous sentez la colère monter en vous : une boule qui occupe votre ventre, la respiration qui se fait difficile, vos muscles qui se tendent.

L’adulte réagit contre ce qui ne respecte pas sa nature, exactement comme le fait un petit enfant.

Comment exprimer sa colère de façon saine ?

Je vous parlais, au début, de cette possibilité de voir la colère comme  quelque chose de bon et non pas uniquement comme quelque chose de mauvais.

Pour cela, il vous faut commencer par éviter de porter un jugement sur la colère, il vous faut essayer de la comprendre ce qui va vous permettre de l’exprimer sans porter atteinte à autrui.

Il vous faut revenir à ce fait indéniable : la colère est une émotion naturelle. Une émotion qui vous permet de dire « Je ne suis pas d’accord avec toi – Je me sens blessé/e par tes paroles – Je me sens attaqué/e – Je supporte mal le fait qu’on empiète sur mon territoire – etc. »

Elle est mauvaise si vous ne parvenez pas à maîtriser vos pulsions. Taper sur la table, hurler contre l’autre, casser la vaisselle, vous venger en lançant des paroles insultantes, c’est une mauvaise colère. Vous n’exprimez pas la colère qui vous habite mais la VIOLENCE.

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Je vous souhaite une excellente fin de journée, à bientôt.

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