Le temps de l’Avent

Publié le par Madeleine Moreau

Le temps de l’Avent

12 décembre 2015

Depuis une semaine je participe à un marché de Noël où je propose mes créations réalisées tout au long de l’année.

C’est un marché qui réunit des artisans venus de plusieurs cantons et de France voisine.

Oui, je sais, il y a de plus en plus de marchés de ce genre un peu partout et la joie de trouver le cadeau qui fera plaisir, qui ne sera pas, une nouvelle fois, un objet inutile devient de plus en plus difficile.

A mon stand, des personnes âgées s’arrêtent, s’émerveillent, me partagent ce sentiment nostalgique qui leur fait dire que Noël ce n’est plus comme avant … Avent … quand on préparait des petits présents en cachette.

Aujourd’hui, je vous propose ce texte :

Noël est à la porte. Les petits s’en réjouissent et les grands bien aussi. Les premiers parce qu’ils pourront contempler l’arbre illuminé, ouïr l’histoire merveilleuse de l’enfant dans la crèche et recevoir les cadeaux de circonstance ; les grands parce qu’ils revivront, par leurs enfants, la joie de leurs jeunes années et parce qu’ils savent qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.

Aujourd’hui, on donne plus qu’on ne donnait jadis. Et pourtant, alors, Noël n’était pas moins beau. Il y avait l’arbre déjà, autour duquel on se réunissait, à l’église d’abord, où l’on chantait en chœur à la louange de l’enfant Dieu. A la sortie, on recevait une orange et un « biscôme ». A la maison, c’était encore l’arbre, monté entre les pieds d’une chaise à vis par papa, garni en secret par maman. L’arbre avec ses bougies multicolores, ses boules, ses flocons d’ouate, ses filigranes, ses noix d’or ou d’argent. Il y avait les assiettes déposées sous l’arbre et où l’orange ou la mandarine voisinait avec des noix, des pains d’épices et du chocolat. Et puis, il se trouvait, chez les privilégiés, que l’enfant découvrit un paquet ; un paquet qu’il déficelait et déballait, le cœur battant. Il y trouvait, c’est selon, une poupée, un cheval de bois, et, naturellement, un lainage ou quelque chose d’utile.

Et puis la chaleur de l’arbre, jointe à celle du poêle, créait une atmosphère de douceur, toute parfumée encore de l’odeur de « dare » brûlée. On se sentait bien ainsi, en famille, à l’abri de la bise et des frimas. Et l’on récitait sa poésie, on chantait son chant de Noël auquel s’associait la voix des parents. C’est extraordinaire ce que les parents d’alors savaient de chant de Noël et les pouvaient chanter avec leurs enfants quand bien même ceux-ci les avaient appris dans le plus grand secret !

Et, pour une fois, on avait licence de rester « levé » plus tard que de coutume. Vers les dix heures – on ne comptais pas encore par vingt-quatre – maman disposait sur la table de famille une belle nappe blanche et servait le thé qui s’accompagnait d’un excellent morceau de « tresse ». Et si, d’aventure, on avait le malheur de renverser sa tasse, papa souriait, ému semblait-il, et ne faisait pas les « gros yeux ».

Et puis, très tard – on le croyait du moins, on aller se coucher avec la ferme intention de se réveiller tôt pour revoir le sapin, la poupée ou le cheval de bois que l’on avait installé là, tout près du lit, pour l’apercevoir dès qu’un rayon de lumière filtrerait dans la chambre.

Car, alors, on n’avait pas la permission de coucher avec sa poupe ou avec son de peluche. Il fallait en voir soin, bien soin !

22 décembre 1937

A demain.

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