Accepter ce que l’on vit !

Publié le par Madeleine Moreau

Accepter ce que l’on vit !

C’est peut-être ce que l’on vous dit, ce que vous avez entendu, ce que vous avez dit à l’une de vos connaissances… « Acceptes ce qui t’arrives ! acceptes ce que tu dois vivre ! Acceptes de ne pas être parfait/e ! »

J’ai un ami qui s’est fait licencier à quelques petites années de la retraite – doit-il accepter d’être un chômeur en fin de carrière ?

J’ai une amie qui vient d’apprendre qu’elle a une sclérose en plaque et que la maladie est du genre à s’aggraver rapidement – doit-elle accepter de tout perdre : son autonomie, son travail, son appartement, sa liberté ?

Je rencontre des personnes qui n’arrivent pas à se sortir de situations difficiles, quelles que soit les secteurs de la vie – doivent-elles accepter que le bonheur n’est pas fait pour elles, qu’elles font parties de ces cas pour qui il n’y a pas d’espoir ?

Résultat : Ces personnes essaient d’accepter ce qui leur arrive tout en cherchant une solution pour mieux vivre. Elles cherchent une motivation pour avancer au fond de leurs tripes. Elles passent par différentes phases émotionnelles.

Un conflit qui se déroule entre l’acceptation et le désir d’améliorer sa réalité de vie

Il y a un conflit entre ce qui fait partie de la réalité et l’état d’esprit dans lequel se met la personne.

Mon ami veut s’en sortir, il veut retrouver du travail, il veut mettre à profit les quelques mois qui le sépare de la retraite. Il se met donc dans un état d’esprit de combattant. Mais, à force d’entendre un entourage lui dire qu’il pourrait profiter du chômage, que de toute manière il ne trouvera pas de travail à son âge, il se met également dans un état d’esprit dépressif et voyage entre l’envie de se battre et celui de baisser les bras.

Mon amie veut profiter des mois ou petites années où elle peut encore se déplacer pour voyager, faire ce qui lui tient à cœur. Par moment elle accepte le fait que bientôt elle sera prisonnière d’un fauteuil, à d’autres moments elle refuse catégoriquement le diagnostic. Dans son entourage elle ne fait qu’entendre qu’elle doit accepter ce qui arrive. Plus elle l’entend plus elle se sent « déjà morte » et perd son envie de se battre.

Comment comprendre ce conflit ?

Je vais prendre une image : Votre vie est un voyage dans le temps. Il commence à votre naissance, il se termine à votre mort. Vous avancez en laissant derrière vous votre passé et tout ce qu’il a été. Vous voyez la ligne qui est devant vous et n’en percevez pas la fin. Et, il y a le point où vous vous situez en ce moment. C’est sur ce point sur lequel vous êtes en ce moment que vous pouvez agir – pas sur la ligne qui est derrière vous ou qui est devant vous. Le conflit s’opère au moment où vous cherchez à agir sur le passé ou sur l’avenir … ce qui est impossible ! 

Le conflit a de fortes chances de s’apaiser au moment où vous vous arrêtez sur le point précis de votre vie.

Cela vous semble flou ? Je comprends. Ce n’est pas évident de comprendre où je veux en venir.

Accepter d’être licencié aux portes de la retraite n’a pas la même résonnance que : accepter de faire partie des personnes qui sont licenciées aux portes de la retraite.

Accepter d’avoir une sclérose en plaque et de se préparer à perdre son autonomie n’a pas la même résonnance que : apprendre à vivre avec une sclérose en plaque.

La différence dans l’énoncé est énorme.

La première formulation est une condamnation – car c’est ainsi que l’entend celui qui se retrouve dans la situation. La deuxième formulation est le reflet d’une réalité qui se présente. Elle influence bien sûr le reste du chemin mais elle n’est pas un arrêt. Elle permet de continuer à vivre l’aventure de sa vie même s’il y a des handicaps à surmonter. Elle ouvre la porte à des possibles différents.  

La nécessité de séparer la situation et votre personnalité

La situation, c’est ce qui vous arrive. Votre personnalité c’est ce que vous êtes au plus profond de vous.

Aujourd’hui, je vous ai présenté deux situations : un licenciement et un diagnostic de santé terrifiant. Je vous ai également présenté deux personnes : un homme, une femme = deux personnalités qui se retrouvent devant un obstacle sur leur chemin de vie.

Chacune peut continuer d’avancer sur ce chemin ou arrêter d’avancer. Tout va dépendre de leur manière de vivre l’acceptation.

Il leur est possible d’accepter la situation et de désirer de continuer à avancer dans les circonstances qui sont là, en ce moment. Il leur est également possible d’accepter la situation et de rester assis là où ils sont en attendant qu’un miracle se produise ou en attendant que la fin de leur vie s’arrête au point où ils sont.

Apprendre à formuler autrement ce qu’est l’acceptation

Dire qu’il faut « accepter », en fin de compte, c’est facile. Voilà un verbe d’action qui peut s’attacher à tout et à n’importe quoi.

Cependant, tout n’est pas à accepter. Etre licencié vers la fin de sa carrière professionnelle est une injustice aux yeux de la personne qui le vit, une injustice inacceptable. Ce qui peut être accepté c’est de chercher comment vivre cette situation de chômeur tout en cherchant comment avancer sereinement jusqu’au jour de la retraite – Accepter de faire partie de ces gens qui ont perdu leur boulot !

Apprendre que l’on est atteint d’une maladie qui va nous priver de notre autonomie n’est pas quelque chose qui peut s’accepter comme ça. Accepter que l’avenir ne sera pas celui que nous voulions peut être plus aidant, même si cela n’enlève rien à la réalité douloureuse.

Donc, il y a une acceptation à vivre dans tout ce qui nous arrive. Il nous reste à découvrir ce que nous pouvons accepter. Ce que nous pouvons accepter est aidant pour continuer à avancer dans notre vie.

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A bientôt. 

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Mira 12/01/2016 10:48

accepter le réel ne veut pas dire cesser de nous battre, mais nous battre en harmonie avec qui nous sommes, pas contre nous-mêmes, ni contre les autres, mais avec nous et avec les autres. En nous battant contre, nous perdons nos énergies, en nous battons pour, nous énergies sont revivifiés, car nous sommes ouvertes et bien plus détendues. Nous nous sentons moins démunies.

Madeleine Moreau 12/01/2016 10:52

Bonjour Mira,
Oui, tu as tout à fait raison : le réel ne veut pas dire cesser de nous battre ... autrement dit, ce n'est pas renier ce qui est mais avancer avec ce qui est. Souvent, notre premier réflexe est de nous battre contre ce que nous ressentons ou contre l'injustice qui semble nous atteindre et comme tu le dis, nos énergies s'en vont.
Merci pour ton commentaire et bonne journée
Madeleine