Quand vous pensez que de partir sur une île déserte vous éviterait de faire face à l’inconfort

Publié le par Madeleine Moreau

Quand vous pensez que de partir sur une île déserte vous éviterait de faire face à l’inconfort

Cet article traite principalement le fonctionnement de fuite compensatoire.

Un jour, une amie me disait : « Marre de devoir toujours faire face aux critiques de mes collègues, de ma famille. Y’a des fois où j’aimerais me trouver sur une île déserte, comme ça, il n’y aurait plus de problèmes, j’aurais la paix ! »

N’est-ce pas ce que vous vous dites lorsque vous vivez dans le stress, lorsque vous n’en pouvez plus et que rien de vous repose véritablement ?

Des petites pensées qui peuvent devenir obsessionnelles : Vous retrouver ailleurs que là où vous êtes, pouvoir changer d’un coup de baguette magique votre environnement.

Elles vous apparaissent comme la solution magique, la solution à tous vos problèmes.

Que ce soit une île déserte, un autre pays ou une autre planète, entre nous, serait-ce la bonne solution ?

Nos « fuyances » sont des illusions

Si vous n’avez jamais rêvé de vous retrouver sur une île déserte ou à l’autre bout du monde, vous avez peut-être d’autres « fuyances ». Pour moi, c’est le rêve, ma couette, - je peux m’abandonner à une sorte d’apesanteur qui me fait du bien, sur le moment. Longtemps, cela a été la lecture et principalement les « romans à l’eau de rose » que l’on trouve dans certains mensuels.

Pour vous, cela peut être de trouver une relation amoureuse, d’avoir plus d’amis sur FB, de faire du shopping ou d’aller au cinéma.

Croire que si parvenons à fuir l’inconfort dans lequel nous nous trouvons nous apportera plus de confort est une illusion.

J’en fais à chaque fois l’expérience, lorsque je sors de mon rêve, lorsque je finis pas quitter ma couette, le réel n’a pas changé. Intérieurement, je me retrouve à chaque fois décentrée de mon axe intérieur – le prince charmant n’est pas venu me sauver – et il me faut tripler mes énergies pour retrouver mon équilibre.

L’illusion devient encore plus « réelle » si vous pensez que votre fuite vous apportera des avantages que le présent ne peut vous donner, vous avez une si belle image de la perfection dans votre esprit.

Le réel ne change pas même si vous changez d’environnement

Supposons que vous ayez cherché à fuir dans une nouvelle relation amoureuse ou que vous ayez décidé d’aller faire du shoping pour changer d’air, lorsque vous vous retrouverez face à vous – la relation amoureuse se terminant ou les magasins fermant leurs portes, vous retrouverez l’état dans lequel vous étiez précédemment. Le paysage, l’environnement aura changé un certain temps, mais ce qui était en vous reprendra sa place.

Je développe un peu plus. Si votre tendance est de cultiver la culpabilité et que vous avez fui pour ne plus vous sentir coupable, dès que la nouveauté se sera estompée, vous retrouverez cette culpabilité. Si votre tendance est de vous « embrouiller » avec vos collègues, votre famille, même si vous partez à 10’000km, vous retrouverez les mêmes embrouilles avec les personnes qui constituerons votre nouvel environnement.

J’en profite pour souligner une chose : certains environnements nous conviennent plus que d’autres. Il peut être nécessaire, voir vital, de changer d’environnement si celui-ci est néfaste, s’il empêche la réalisation de ce que nous sommes ou freine notre croissance. Il peut être nécessaire de couper avec des relations, de changer d’environnement professionnel, de demander la séparation de couple si cela vous empêche de vivre pleinement.

Le changement du réel commence par votre changement intérieur

Je vous parlais, au début, de mon amie qui rêvait de se retrouver sur une île déserte pour ne plus avoir à faire face aux critiques.

Je lui ai dit, avec d’autres nuances, ce que je viens de vous dire. Elle s’est montrée très sceptique. Plusieurs mois après, elle me partageait combien elle se sentait plus paisible face à ses collègues, face à sa famille et que les critiques semblaient glisser sur elle. Son environnement n’avait pas changé, ses collègues, sa famille, non plus. Par contre, il y a quelque chose en elle qui avait changé. Les critiques étaient toujours là, elle n’y donnait plus autant d’importance car elle s’acceptait être différente, elle assumait ses choix. Son besoin de se sentir acceptée et reconnue avait moins d’ampleur, donc elle était alignée autrement à son axe central de vie. Ce changement intérieur a tout de même eu un impact extérieur, il serait vain de nier que ses collègues, sa famille avaient réduits sensiblement le flot des critiques, ce qui est normal puisque les critiques lancées n’atteignaient plus la cible.

Fuir : un fonctionnement qui ne vous aide pas

Ces « fuites magiques » que nous nous créons peuvent nous sembler très bonnes sur le moment.

Quelle que soit la fuite que vous choisissez, elle est enracinée dans le malaise que vous cherchez à fuir, ce malaise est ainsi entretenu tout en ayant le pouvoir de vous faire vivre à l’extérieur de vous.

Je vous confiais que, me concernant, c’était le rêve et la couette qui constituaient ma fuite. J’y travaille depuis longtemps. J’ai découvert que mon malaise provenait d’une blessure très ancienne que j’avais surmonté grâce à un fonctionnement de survie. Lorsque ce fonctionnement de survie pointe son nez, je cherche mon réconfort dans le rêve imaginaire et je m’abandonne à un sommeil sans rêves (nocturne), me réveillant dans un état de zombie ambulant. Aujourd’hui j’ai trouvé un moyen pour ne pas recourir systématiquement à mon fonctionnement et j’apprends à agir en m’alignant sur mon axe de vie.

Cela veut dire que vous avez à trouver ce qui peut vous aider à éviter la fuite et affronter le réel en cherchant en vous la solution. C’est quelque chose qui n’est pas évident et qui peut demander un peu d’aide pour démêler ce qui est en jeu. Croyez-moi, ça vaut le coup. Qu’en pensez-vous ?

A bientôt.

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