Quand le contrôle vous échappe

Publié le par Madeleine Moreau

Quand le contrôle vous échappe

J’aime pouvoir contrôler ce qui se passe dans ma vie. J’aime quand je peux agir, quand je peux prendre les choses en main, quand je peux me sentir utile.

Je vis alors la sensation que j’ai un pouvoir sur les évènements : je choisis ce qui me semble le moins pire.

Oui mais voilà, il y a des choses qui sont hors contrôle, il y a des choses sur lesquelles je n’ai aucun pouvoir… ces choses se sont des « affaires » qui ne m’appartiennent pas.

Des situations qui appartiennent à d’autres que moi

Il y a, dans mon environnement proche, des situations qui ne m’appartiennent pas. De l’extérieur, je vois bien qu’il y a un non-ajustement avec la réalité, que la personne ne fait que fuir ses responsabilités tout en cherchant à les incomber à d’autres ou en culpabilisant les personnes qui cherchent à l’aider. De l’extérieur, je perçois que les choix qui sont effectués vont conduire les protagonistes vers l’échec. De l’extérieur je sais que j’aurais agi autrement !

Ce sont des situations qui me touchent, tout simplement parce les personnes qui sont impliquées me sont proches et que je souhaite de tout cœur le meilleur pour elles.

J’essaie bien de les aider, à ma manière, de leur faire comprendre le risque qu’elles prennent si elles restent sur leurs positions. Je ne suis pas prise au sérieux, je suis dérangeante, je suis incisive, je n’ai qu’à m’occuper de mes affaires !

Résultat, je vis des frustrations diverses. Il m’est difficile de me rendre au constat que je ne peux rien faire, que je ne peux que respecter la liberté et les choix de l’autre.

Agir sans chercher à prendre le contrôle

Si cela vous arrive, et je pense que oui, il y a une issue pour changer votre frustration en acceptation.

Il faut revenir au réel, revenir à la situation, telle qu’elle est … pas comme vous la ressentez … comme elle est.

Voici mon exemple :

Jean vit une situation difficile et rencontre de grandes difficultés. Il doit prendre certaines choses en main, accomplir des démarches importantes, il y a des urgences qu’il ne peut laisser de côté, les conséquences pouvant être encore plus désastreuse pour lui.

Moi, à sa place, je laisserais de côté mon envie de ne rien faire, de baisser les bras, de me comporter en victime. Quitte à demander de l’aide, je m’attèlerais à ces démarches épuisantes, à ces urgences qui vont fermer à tout jamais cette petite porte qui me relie encore à un passé que j’aimerais retrouver.

Mais, il n’est pas moi.

Je ne peux pas prendre sa vie en charge. Je ne peux pas prendre les décisions qu’il ne prend pas. Je ne peux pas agir à sa place.

Sa situation n’est pas la mienne. Ses réactions ne sont pas les miennes.

Le réel, c’est qu’il se replie sur sa souffrance, qu’il refuse toute intrusion, qu’il demande qu’on lui laisse un peu de temps.

Il devient alors plus aisé – pas plus facile – de ne pas chercher à avoir le contrôle sur la situation et sur la vie de Jean.

A partir du moment où j’accueille le fait que je ne peux pas vivre à sa place, je libère de l’espace en moi.

Un espace qui me permet de lui apporter un soutien différent, non pas dans le faire, mais, dans « l’être à ses côtés ».

Lorsque je le rencontre, je ne lui demande pas s’il a fait ceci ou cela … je connais la réponse … je sais que ma réaction serait de lui dire : « Mais tu dois le faire, il faut que tu le fasses, ce serait important que tu agisses, etc. »  Non, je lui demande : « Comment ça va ? » Je peux alors lui dire que je comprends, que ce n’est pas facile. Je peux lui dire que s’il a besoin de quelque chose, il peut demander – le plus sérieusement du monde – à condition que ce ne soit pas au-delà de mes cordes.

C’est la meilleure aide que je puisse donner car je n’empiète pas sur son territoire, je respecte ses choix – ce qui ne veut pas dire que je suis d’accord avec ses choix – je reste proche de lui.

Je lâche prise sur ce que je ferais à sa place, je le laisse à ses responsabilités – sans le laisser tomber. Je peux attendre que la situation revienne à la normale ou pas. Je peux me préparer à ne pas lancer l’accusation fatale : « Je t’avais prévenu … tu savais ce qui risquait d’arriver si tu n’agissais pas … »

Conclusion

Nous pouvons avoir le contrôle sur les choses qui nous appartiennent.

Nous ne pouvons prendre le contrôle sur les choses qui appartiennent aux autres.

Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons rien faire. Il y a toujours quelque chose à faire, ne serait-ce que de rester proche, de vivre une bienveillance, de ne pas juger.

Si cela vous semble dérisoire, c’est cependant la plus belle aide que vous pouvez donner à l’autre et à votre désir de garder le contrôle.

Il faut savoir lâcher pour que vos émotions ne prennent pas le contrôle de ce qui ne vous appartient pas.

Qu’en pensez-vous ?

Je vous souhaite un excellent week-end. A bientôt.

Merci beaucoup de partager cet article autour de vous

Merci de partager cet article sur Twitter, sur Facebook ou chez Google+. Si vous l'avez trouvé constructif, bien sûr !

En savoir plus sur le monde de vos émotions ?

Procurez-vous dès aujourd’hui le guide : La météo des émotions

Vous le trouverez en ligne, plus exactement ici : www.morebooks.de/store/fr/category/psychologie-pratique/33/6/cn,fr/16_by_title_ASC

Ou en passant par le lien suivant : www.editions-vie.com/catalog/details//store/fr/book/978-3-639-82957-0/la-météo-des-émotions

 

Commenter cet article

Madeleine Moreau 05/04/2016 13:39

Oui, cela prend beaucoup de temps et tu as raison, il y a des solutions différentes selon les personnes. L'important n'est-il pas de trouver ce qui peut t'aider à vivre le mieux possible dans la situation sans chercher obligatoirement à contrôler ?
Bonne journée
Madeleine

arcenciel 05/04/2016 09:55

Accepter le rythme de l'autre ça pend du temps beaucoup de temps, dans une situation il y a autant de solutions que de personnes, chacun son chemin, c'est toujours plus difficile lorsqu'on est touché personnellement, De tout cœur avec TOI.

Mira 02/04/2016 08:34

je ne peux que dire "chapeau!"devant tout ce cheminement intérieur fait pour arriver à vivre et agir ainsi dans une telle situation difficile...

Madeleine Moreau 02/04/2016 09:01

Parfois la vie devient le maître que nous n'aurions pas choisi au premier abord.