Les couches de notre histoire

Publié le par Madeleine Moreau

Tout près de chez moi coule une rivière.

J’aime aller m’y promener et regarder les roches qui apportent les éléments nécessaires à ma méditation.

 

Il y a toute une histoire : celle qui est historique, donc, qui s’appuie sur des recherches scientifiques – celle qui a suscité de nombreuses légendes, toujours vivaces – celle qui me rejoint dans mes interrogations, ma manière de me servir de la nature pour approcher, de manière différente, ma compréhension de l’être humain.

 

Ce rocher, par exemple.

C’est comme s’il y avait plusieurs couches successives, le tout reposant sur un socle pouvant supporter tout ce qui s’est accumuler au fil des siècles.

Historiquement, il y avait, à cet endroit, il y a des millions d’années, une mer.

Dans la légende, ce sont les elfes qui ont façonnés la pierre pour signaler les dangers des crues.

Personnellement, j’y perçois les bases solides de ma vie qui me permettent de supporter tout ce que j’ai traversé dans ma vie, tout ce que j’ai « accumulé » de bon et de moins bons, car il y a des fragilités qui restent incrustées dans la pierre, des lignes qui sont interrompues – parfois cassées, mais aussi la vie qui se déploie au sein même de la pierre et où les crevasses permettent à la terre de s’infiltrer pour permettre aux racines de s’enfoncer sans faire éclater le rocher.

Je peux ainsi méditer durant des heures face à ces rochers.

Où est-ce que je veux en venir ?

Vous vous le demandez peut-être.

Je vais faire un lien avec mon dernier article qui vous parle des paliers de notre vie et des cycles que nous avons à terminer.

Les couches de notre histoire

Lorsque je regarde mon histoire – et vous pouvez en profiter pour regarder votre histoire -, je vois qu’il y a plusieurs couches. Pour rejoindre ce que je disais l’autre jour, je peux remplacer le mot « couches » par le mot « paliers ».

Chaque couche représente une étape dans ma vie, un palier, un cycle qui s’est terminé … mais qui reste, que je le veuille ou non imprimée dans mon histoire.

Je peux y voir les lignes, - directions – que j’ai suivi plus ou moins longtemps, qui ont été suffisamment importantes pour y laisser une empreinte visible.

Je peux y voir mes fragilités, là où la pierre s’effrite sous la force des vents et du gel d’hiver. Des fragilités que je peux percevoir, aujourd’hui, comme des opportunités de consolider des forces nouvelles puisque, grâce à elles, la terre peut s’y accumuler et permettre à mes racines de trouver un ancrage.

Je peux y voir la densité de mon roc d’être, cette force de vie qui supporte tout ce que j’y apporte de mon existence.

Ainsi, ma vie, comme votre vie, est constituée de plusieurs couches et chaque couche est une représentation d’un cycle qui a été vécu.

Clore un cycle ne veut pas dire mettre son contenu aux oubliettes

Au début de ma vie adulte, je me suis engagée dans la vie syndicale. Il y avait tellement d’aspiration en moi pour faire éclater une justice dans le monde ouvrier ….

Il faut dire que dans les années 70 – oui, je sais, c’était au siècle dernier – il y avait un tel pouvoir patronal que les ouvriers n’avaient pas droit au chapitre des revendications.

Aujourd’hui, la situation a changé. Si j’étais encore dans ce monde syndical, je n’y trouverais plus ce qui me portait au moment de mon adhésion. Le cycle est donc terminé, mais, en moi, il y a toujours cet élan de justice que je peux vivre autrement, dans d’autres situations. Je ne me déclare plus comme syndicaliste, je continue néanmoins de me tenir au courant de l’évolution syndicale.

Un autre cycle vécu et qui n’a « plus » sa place dans ma vie : Le cycle de maman au foyer. Oui, je sais, ce terme peut vous faire dresser les poils dans le dos. Il était normal, il y a longtemps, que la femme cesse son activité professionnelle pour éduquer ses enfants. … jusqu’au jour où mes enfants sont devenus assez grands pour commencer à vivre sans ma présence continue, d’autant plus que j’avais besoin d’un apport financier pour commencer à vivre un autre cycle.

Cette fin de cycle n’a pas mis un terme à mon engagement de maman, bien au contraire.

Et, le fait que je sois grand-maman aujourd’hui ne me fait pas revivre ce cycle, mais m’engage dans un autre cycle que je découvre au fil des ans.

Il y a aussi des cycles – mais je ne vais pas allonger l’article – qui se sont terminés abruptement, qui m’apparaissent comme des fractures, des cassures importantes qui ont ébranlé mon roc de base et qui donnent, à l’ensemble de ma construction, des failles impossibles à colmater … mais me donnent l’opportunité de penser qu’elles abritent aujourd’hui d’autres formes de vie.  

Mon histoire est donc empreinte de tout ce que j’ai vécu et c’est ce qui fait toute sa force.

Un cycle qui se termine permet qu’un autre cycle se mette en place, celui-ci ne peut être commencé que par – et parfois grâce – à ce qui a été construit auparavant.

Je vous invite vivement à regarder votre vie sous l’angle que je viens de vous partager, vous y trouverez, je n’en doute pas, des concordances.

Pour conclure

Je reviens au bord de cette rivière proche de chez moi.

C’est l’automne.

Les gelées blanches ont commencé.

Conséquences : les arbres changent de couleur et, déjà, sur l’eau paisible, se déposent les feuilles qui n’ont plus l’apport de sève nécessaire pour rester sur les branches.

Dans quelques semaines, toutes les feuilles se seront envolées. Ne restera plus que l’ossature des arbres, ce qui apporte un autre point de méditation : Lorsque tout paraît mort, la vie se prépare à une résurrection. C’est le rôle des saisons, c’est aussi ce qui se passe dans notre vie, dans notre histoire.

C’est une autre image pour parler des cycles, des paliers, qui jalonnent notre chemin de vie.

Si vous avez une autre métaphore, pourquoi ne pas la partager dans un commentaire ?

Je vous souhaite un bon début de semaine, à bientôt.

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