Garder le contrôle ou accepter de le perdre

Publié le par Madeleine Moreau

Que nous le voulions ou pas, l’envie de tout contrôler fait partie de notre vie. Mais, est-ce un bonne ou une mauvaise chose ? C’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Sans en avoir vraiment conscience, nous vivons des attitudes, des fonctionnements qui nous permettent de croire que nous avons un certain pouvoir sur les désagréments de la vie, donc, un contrôle possible pour ne pas nous laisser piéger par nos faiblesses.

Se sentir fort-e, maîtriser ses émotions, éloigner les mauvaises ondes, garder une certaine dignité, ne pas se laisser toucher au niveau sensible, aller toujours plus loin dans ses limites … autant de facettes face auxquelles nous tentons de garder le contrôle.

Ce besoin de garder le contrôle

Il est des situations où garder le contrôle est une nécessité vitale pour votre vie.

Qu’en serait-il si vous le perdiez aux moments les plus importants de votre vie ? Dans les moments où l’on a le plus besoin de vous ?

C’est parce que vous avez appris à vous contrôler que vous réussissez, d’ailleurs, à ne pas craquer dans les moments les plus difficiles ou les plus épineux.

Donc, c’est une bonne chose !

Et, c’est vrai que c’est une bonne chose.

Mais, à force de garder le contrôle sur tout, celui-ci peut vous conduire à perdre plus que vous ne gagnez en réalité.

Ce qui se passe dans votre corps

Que ce soit à bon ou à mauvais escient, garder le contrôle laisse des traces dans votre corps.

Voyons cela de plus près avec quelques exemples :

Vous êtes en entretien avec votre patron, votre fournisseur ou votre futur employé. Vous venez de vivre quelque chose de très difficile et vous éprouvez des difficultés à garder votre concentration. Vous savez que vous devez donner la meilleure image de vous et pour cela, vous ne pouvez pas perdre le contrôle. Sans en avoir conscience, vous mobilisez tous les tendons, tous les muscles de vos épaules, de votre visage pour ne pas vous laisser submerger par ce qui vous arrive personnellement.

Vous avez toujours pris les choses en main, que ce soit auprès de vos proches, de vos amis, dans vos engagements. Vous êtes le premier, la première à vous plier en 4 pour répondre à leurs besoins. La vie fait que maintenant, c’est vous qui auriez besoin de recevoir, mais, ce serait reconnaître que vous n’en pouvez plus, que vous atteignez la limite de vos forces. Vous ne voulez pas être à la charge de quiconque, alors vous serrez les poings, vous vous obligez à sourire. Dans votre colonne vertébrale, des points de tension vous permettent de tenir le coup, vous avez ainsi la sensation que vous restez debout.

Vous êtes investi-e d’une nouvelle responsabilité qui demande que vous vous serviez de compétences qui ne sont pas encore acquise. Vous attendiez ce poste depuis longtemps et pour vous, il est exclu que vous montriez votre incompétence. Pour garder le contrôle, pour faire comme si vous saviez, vous mobilisez tout votre système nerveux pour ne pas vous laisser envahir par la peur de l’échec. Vous n’écoutez pas votre besoin de repos car vous donnez toute votre énergie pour combler le manque d’acquisition et réussir à vous sortir de la mauvaise posture dans laquelle vous met votre nouveau poste.

Vous vivez des choses très difficiles et vous perdez courage car vous ne voyez pas comment sortir du tunnel dans lequel vous êtes. Vous avez appris que c’est par la volonté que l’on fait face aux problèmes. Vous refusez de parler de ce qui vous arrive, vous voulez vous en sortir seul-e. Pour refouler toutes les sensations négatives qui font surface, vous mobilisez les muscles, les tendons de votre bassin et de vos jambes pour ne pas vous écrouler. Vous serrez les poings jusqu’à en avoir mal dans les articulations de vos doigts.

Ces quelques exemples montrent ce que vous infligez à votre corps. Si cela se produit de temps en temps, les conséquences ne seront pas désastreuses, tout se remettre en place dès que vous aurez traversé la difficulté.

Le problème est que, lorsque nous prenons l’habitude de garder le contrôle, ne serait-ce que pour nous prouver quelque chose ou faire comme nous l’avons toujours fait, les nœuds de tensions deviennent si durs que c’est le corps tout entier qui en souffre.

Apprendre à gérer le self-control

Garder le contrôle dans certaines situations est, je le redis, une bonne chose. Mais, parfois, il est bon de lâcher la pression que l’on se met.

Si je reprends les exemples que je viens de vous donner, voici comment lâcher la pression et ainsi gérer le self-control :

Si vous avez des responsabilités importantes, si vous devez donner le maximum dans votre travail, vous devez garder le contrôle de vos émotions, de vos sentiments … Mais, pas 24h sur 24, pas 7 jours sur 7 … Il est important que vous preniez conscience que vous avez le droit d’être en colère, de vous sentir dépourvu-e dans ce qui vous arrive, de ne plus avoir la force d’avancer, etc. Après tout, vous êtes humain … Il est important que vous appreniez où et comment vous pouvez relâcher toutes les tensions toxiques que vous accumulez. Important que vous viviez autre chose, quelque chose qui vous détend.

Si vous avez tendance à vous occuper du bonheur des autres sans prendre en compte vos besoins, sans reconnaître que, parfois, vous avez besoin de recevoir pour pouvoir donner, vous aurez à apprendre tout d’abord, qu’il est normal d’avoir des besoins. Ensuite, vous apprendrez à dire NON à certaines sollicitations. Pour aller plus loin, vous aurez à apprendre à penser à vous autant que vous pensez aux autres.

Si votre pensée est que vous n’avez pas besoin d’aide pour vous sortir d’une situation difficile, vous aurez, justement, besoin d’apprendre à oser demander de l’aide pour avancer non pas seul-e dans votre vie mais en pouvant vous appuyer sur la force de quelqu’un qui peut vous aider. Vous aurez besoin ce qui peut être, pour vous, une oasis où vous pouvez reprendre des forces avant de continuer seul-e votre chemin.

Gérer le self-control c’est apprendre à lâcher les tensions qui sont dans votre corps. Vous lui apportez ainsi plus de confort, et, surtout, vous vous évitez de vivre des désagréments importants dans l’avenir.

Conclusion

Il est souvent nécessaire de garder le contrôle, il n’est pas nécessaire de le garder à tous moments.

Il devient alors nécessaire de trouver des lieux, des personnes, des activités qui peuvent aider à lâcher les tensions accumulées.

Une bonne hygiène émotionnelle et psychologique reste le plus sûr moyen de ne pas accumuler les tensions qui, au fil du temps, peuvent devenir des nœuds difficiles à dénouer.  

A bientôt.

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