Le regard : une arme redoutable

Publié le par Madeleine Moreau

Le titre peut vous faire frémir.

Je me souviens d’une escale, faite il y a quelques années à Bethlehem. L’armée était présente partout. Il y avait également des enfants, beaucoup d’enfants.

Ils nous ont regardé arriver.

Et j’ai vu la haine dans leurs yeux. Un regard terrible.

Jamais je n’aurais pu croire qu’un regard d’enfant puisse être si plein de violence, de fureur, de colère, de haine. Lorsque c’est une dizaine d’enfants qui portent sur vous ce regard, je peux vous dire que cela fait frémir bien plus que les soldats postés aux coins des rues.

Le regard, reflet du cœur

C’est ce que j’ai appris ; une fenêtre qui montre ce que l’on porte au fond de soi.

Lorsque je repense aux enfants de Bethlehem, et si je reviens à ce que j’ai appris, ce qu’ils vivaient au plus profond d’eux-mêmes était de la terreur à l’état brut. Aujourd’hui, dans le monde, d’autres enfants posent sur nous le même regard, les enfants qui vivent sous les bombes, qui subissent les pires traumatismes que l’homme peut infliger.

Pourquoi vous parler de ça alors que le sujet est de vous inviter à prêter moins d’importance au regard de l’autre et comment moins étiqueter l’autre au premier regard que nous lui accordons ?

Je le reconnais, l’image que je vous donne est choquante et peut vous donner envie de fermer les yeux, de passer à autre chose.

Je vous invite cependant à accueillir cette image, aussi dure qu’elle soit.

Le regard qui emprisonne ou qui libère

Dès notre plus jeune âge, nous avons accordé une importance énorme au regard de l’autre, à commencer par le regard maternel qui transmet l’amour ou le rejet.

Nous avons, tout au long de notre enfance, été sécurisé ou insécurisé par le regard que les adultes posaient sur nous.

C’est dire combien le regard est important. Il nous façonne d’une certaine manière. Il apporte du relief à nos pensées les plus profondes, sans que nous en ayons vraiment conscience.

Nous avons tous et toutes, un regard qui emprisonne ou qui libère, selon les situations, selon ce que nous vivons, selon ce que nous sommes au plus profond de nous.

Nous continuons à avoir besoin du regard de l’autre sur nous pour nous déployer, pour grandir. Nous avons besoin de nous sentir exister sous le regard de l’autre.

Ce besoin viscéral de l’enfant reste présent tout au long de notre vie.

Le problème est qu’il peut être très important, trop important. Dans ce cas, le regard que l’autre porte sur nous passe avant ce que nous souhaitons pouvoir vivre ou faire. Par exemple : si le regard que votre conjoint-e porte sur vous est très, très important, vous allez calquer votre vie sur ses besoins, ses attentes, ses désirs et finir par ne plus ressentir les vôtres. Résultat, votre regard se videra peu à peu de son éclat.

Un autre problème est d’accorder trop d’importance au regard que porte l’autorité, quelle que soit cette autorité : un chef, un patron, un mentor, un leader, une personnalité forte, etc.

C’est également un problème si vous cherchez constamment à plaire à tout le monde, à vous attirer un maximum de félicitations, à plaire à tous vos proches, à correspondre à des normes précises.

Dans ces situations, vous prenez le risque de vivre un emprisonnement à vie, ne trouvant plus le chemin pour laisser rayonner ce qu’il y a de plus précieux en vous.

Parlons maintenant du regard que nous portons sur l’autre.

Le regard que nous portons sur l’autre, sur les autres, sont également le reflet de ce que nous pensons intérieurement.

Le regard peut alors traduire la bienveillance ou le jugement, l’accueil ou le rejet, la reconnaissance ou le mépris.

Nous pouvons avoir des yeux révolver – comme le dit la chanson – ou des yeux compréhensifs.

Le jugement ne fait que mettre une étiquette sur la tête de quelqu’un, que vous le connaissiez ou pas.

Le rejet fait ressentir à l’autre qu’il n’est pas digne d’exister à vos yeux.

Le mépris conduit l’autre à se sentir exclu du monde dans lequel il essaie de s’insérer.

Sans en avoir conscience, vous portez un regard qui emprisonne et non un regard qui libère.

La bienveillance permet à l’autre de reconnaître ses forces et ses faiblesses, d’exprimer ses émotions, de faire face à l’échec et de surmonter ses difficultés.

L’accueil donne le droit d’exister en lien avec des valeurs qui sont peut-être contraires aux nôtres.  

La reconnaissance apporte un plus de confiance, permet de relever des défis qui semblent impossibles, donne une force intérieure.

Sans en avoir conscience, votre regard libère le potentiel de vie qui est en l’autre.

Pour conclure l’article de ce jour

Le regard : une arme redoutable !

Auriez-vous pensé que votre regard peut semer des fleurs d’amour ou créer des déserts ?

Je vous laisse méditer sur cela. Dans le prochain article vous découvrirez quelques pistes pour vous libérer des regards qui emprisonnent.

A bientôt.

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Publié dans Coaching

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