Se libérer des regards qui vous emprisonnent

Publié le par Madeleine Moreau

Aujourd’hui, je veux vous parler de ces regards qui nous emprisonnent dans une image que nous avons de nous.

Si nous regardons bien, c’est toujours notre image qui est mise à mal, j’entends par là : ce que nous pensons de nous, ce que nous aimerions montrer aux autres, ce que nous cherchons à cacher, ce qui fait partie de nos complexes, etc.

Avant de vous inviter à vivre quelques exercices simples, laissez-moi vous partager ce que j’ai vécu.

Longtemps, j’ai eu besoin du regard des autres pour me sentir exister, pour oser me lancer dans des projets qui me tenaient à cœur, pour commencer de croire en moi.

Cela se traduisait ainsi : Je me portais volontaire pour effectuer certaines tâches sans en avoir forcément les compétences. Pour réussir, je m’approchais de certaines personnes qui, je le pensais, pouvaient appuyer mes efforts, m’aider dans la réussite, quittancer mon travail.

Ce que je ne voyais pas et que j’ai vu plus tard, trop tard, c’est que je m’approchais de personnes, qui, je le croyais, étaient tout à fait à même de me donner ce dont j’avais besoin. Il me semblait qu’elles avaient le même point de vue que moi, qu’elles étaient heureuses de me voir me lancer dans la vie, qu’elles allaient m’ouvrir les portes qui se présentaient devant moi. En fait, c’était tout le contraire. Généralement, c’était elles qui avaient besoin de moi pour concrétiser leurs ambitions !

Le regard qu’elles posaient sur moi était un regard d’attente, de besoins à assouvir. Moi, je ne voyais qu’un regard de soutien auquel je m’accrochais, parfois par désespoir.

Je ne voyais pas que mes idées étaient les idées qu’elles n’osaient pas formuler, que mes efforts étaient le pont sur lequel elles s’aventuraient pour se servir de ce que j’avais construit. Je ne voyais pas qu’elles m’utilisaient pour assouvir leur besoin de reconnaissance. Je ne voyais pas qu’elles m’emprisonnaient dans cette image de moi qui n’arrivait jamais à réussir.

Jusqu’au jour où j’ai pris conscience que je n’étais, à leurs yeux, qu’une résonnance qui remplissait leurs manques, qui comblait leurs incompétences.

Est venu alors le moment où j’ai pris la décision de me détacher, de m’éloigner, de prendre de la distance.

J’ai alors fait les exercices que je vous présente maintenant.

Reformuler ce que je voulais vraiment

Quels étaient mes objectifs ? Qu’est-ce que je désirais profondément ?

La réponse à ces 2 questions devenait de plus en plus floue. Petit à petit, j’en étais venue à ne plus savoir quel objectif je m’étais donné puisque conduite à réaliser l’objectif de l’autre pour me sentir plus reconnue, plus excellente à son regard. Je ne savais plus ce que je désirais profondément, ceci à force de chercher à correspondre au point de vue de l’autre.

Il m’a fallu réapprendre ce que je voulais vivre dans ma vie.

Il m’a fallu reprendre une à une ce que j’avais acquis comme compétences. Et, des compétences, j’en avais acquises dans ces relations quelque peu déviées.

Cela m’a conduite à me fixer d’autres objectifs, des objectifs qui allaient m’obliger à avancer sans m’appuyer sur mon besoin de reconnaissance, sans rechercher en priorité d’être quittancée dans tout ce que je faisais.

La reformulation de mes objectifs, de ce que je voulais vraiment vivre a été le premier tremplin décisif pour prendre la décision de couper les relations et les regards emprisonnant.

Changer ma manière de décider

Avant, lorsque je devais prendre une décision, j’allais discuter des différentes options qui se présentaient devant moi. Je partageais tout, mes peurs, mes craintes, mes espoirs, mes envies.

Lorsque j’agissais de cette manière face à une personne qui avait un regard emprisonnant, le résultat était toujours le même : je prenais la décision que la personne aurait prise à ma place ! Peu importait que je sente, au plus profond de moi, que ce n’était pas ce que j’aurais choisi moi, l’autre était plus expert que moi en la matière !

En m’éloignant du regard de l’autre, je me trouvais, automatiquement, confrontée à prendre mes décisions. Cela, je devais l’apprendre, pas seulement dans le secteur professionnel mais également dans le secteur familial et personnel.

Petit à petit je me suis exercée à prendre des décisions sans avoir besoin de parler, en amont, de ce que je voulais faire, de ce que je désirais pouvoir vivre. D’abord de petites décisions, puis, de plus grandes.

Ecouter mes aspirations

Des aspirations, j’en avais, et pas qu’une seule.

Avant, je taisais ces aspirations. J’en arrivais toujours à me dire que ce n’était que du rêve, qu’une illusion, que je n’y arriverais jamais, que ce n’était pas pour moi. L’autre avait toujours une aspiration pour moi qui était bien plus belle et plus forte que celle que je pouvais avoir !

Ecouter mes aspirations n’a pas été l’exercice le plus facile. C’est même très difficile s’il n’y a pas d’objectifs, pas de but précis.

Une aspiration c’est quelque chose vers quoi je tends profondément. Elle se dit dans un mouvement intérieur, un peu comme si on avait la tête sous l’eau et que le manque d’air commence à se faire sentir. Le réflexe est alors de sortir la tête de l’eau et de respirer un bon coup. Le problème est que je pensais sortir la tête de l’eau mais, en fait, je ne faisais que respirer l’air que me donnait l’autre.

Si besoin est, changer d’environnement

C’est ce qui m’est arrivé à plusieurs reprises … parce que, oui, je retombais inexorablement dans le même piège … et ceci, tant que mon besoin d’être reconnue, de me sentir exister n’avait pas été purgé.

C’est la raison pour laquelle j’ai quitté des groupes dans lesquels j’étais très engagée … j’ai quitté des emplois qui ne me permettaient pas de donner tout ce que je désirais donner … j’ai mis fin à des relations qui étaient hyper importantes mais qui ne me permettaient pas de vivre ce qui, enfin me tenait à cœur.

Changer d’environnement m’a également demandé de retrouver mes valeurs, de changer mes croyances, de redécouvrir ce qui me nourrissait le plus. Cela a été possible en revenant à la nature, à la créativité, à une vie de foi vécue différemment qu’avant.

Enfin, changer d’environnement intérieur. Cela veut dire que j’ai eu à me libérer de cette image où je ne valais pas grand-chose, ou je n’arrivais jamais à être bonne.

En conclusion

Si vous aussi, vous vous sentez vivre en ayant sur vous et autour de vous des regards qui vous emprisonnent, voici les exercices que vous pouvez faire :

  • Reformulez ce que vous désirez vraiment dans votre vie
  • Changez votre manière de décider
  • Ecoutez vos aspirations
  • Changez d’environnement si besoin est

Allez-y progressivement. Ne jetez pas tout en une fois. Les personnes qui ont un regard emprisonnant sur vous sont également des personnes qui vous ont permis d’être ce que vous êtes aujourd’hui. Il peut être précieux de le reconnaître pour reprendre confiance en vous et vous diriger sereinement vers ce que vous voulez vraiment vivre dans votre vie.

Je vous souhaite un excellent week-end, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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Mira 11/02/2017 11:36

oh oui, tout d'accord avec toi! Un regard ajusté à la réalité de soi est le "secret" d'une vie bien plus calme et réussie qui permet d'avancer plus facilement et de faire moins souvent du zig-zag, le "prix" à payer est l'apprentissage d'une meilleure connaissance des réalités de soi.

Madeleine Moreau 12/02/2017 08:45

Bonjour Mira,
Une magnifique conclusion. Merci et bonne journée.
Madeleine