Continuer, même si c’est difficile

Publié le par Madeleine Moreau

Il était une fois un jeune garçon qui découvrit un œuf dans un nid d’aigle. Il s’en empara, redescendit au village et mit l’œuf à couver dans le poulailler de la ferme de ses parents. Quand l’œuf vint à éclore, un aiglon en sortit et grandit parmi les poussins, picorant sa nourriture comme ses compagnons. Un jour, regardant vers le bleu du ciel, il vit un aigle qui planait au-dessus de la ferme. Il sentit ses ailes frémir et dit à l’un de ses frères poulets : « Comme j’aimerais en faire autant ! ». « Ne sois pas idiot, répondit le poulet, seul un aigle peut voler aussi haut ! ». Honteux de son désir, le petit aigle retourna gratter la poussière et picorer son grain, le bec au sol. Il ne se remit plus jamais en cause la place qu’il croyait avoir reçue sur terre.  

Ce conte a 2 versions. La première est le petit aigle qui quitte ce monde comme une poule. L’autre est la détermination qu’il met pour sortir du poulailler, essayant sans cesse de déployer ses ailes, jusqu’au jour où il parvient à s’élever au-dessus du grillage et prendre son envol pour rejoindre les grands aigles.

Quel aiglon êtes-vous ?

Personnellement, c’est la 2ème version qui me correspond.

Si j’avais écouté et cru tout ce qu’on me disait, aujourd’hui il y a de nombreux rêves, plusieurs objectifs que je n’aurais jamais atteints !

Croire que ce qui nous attire, ce qui nous donne envie de nous libérer de ce qui nous entrave, aller au-delà des limites qui nous sont imposées, n’est pas pour nous, c’est ce que vivent de nombreuses personnes, en particulier celles qui sont plus fragiles.

Ces personnes ressentent pourtant qu’elles ont des capacités pour aller bien plus loin que ce qu’elles vivent. Mais, on leur a tellement dit qu’il ne fallait pas rêver, qu’il fallait rester dans la sécurité, que l’aventure allait les mener au casse-pipe, qu’elles réfrènent en elles tout déclic qui leur permettrait de s’envoler au-dessus du grillage.

Et, si, après des années à tenter de vivre dans l’environnement qui ne leur correspond pas, elles essaient d’en sortir, elles y reviennent car c’est trop difficile, car elles essuient des échecs, se blessent les ailes et finissent par se résigner à rester dans l’enclos.

Faites-vous partie de ces personnes ?

Pas évident d’aller vers la liberté

Je vous invite à vous mettre dans la peau de l’aiglon.

Vous voyez ces grands aigles qui se laissent porter par les courants, tout là-haut dans le ciel ?

Votre cœur se met à battre un peu plus fort que d’habitude. Vos muscles se tendent comme si vous cherchiez à rassembler toutes vos forces pour vous évader de là où vous êtes. Votre respiration se fait plus profonde, comme si vous cherchiez à alléger le poids de votre corps pour parvenir à vous envoler.

Vous aimeriez rejoindre l’espace des aigles. Vous souhaitez plus que tout vous rendre vers ce qui vous paraît être un espace de liberté.

Mais c’est difficile, très difficile. Cela ne se fait pas d’un coup. Il y a tellement de choses que vous devez changer en vous, tant de fonctionnements mis en place pour correspondre au milieu dans lequel vous êtes que vous devez réajuster, que cela vous semble, par moments possibles, à d’autres impossibles.

Ce n’est pas évident d’aller vers la liberté, pas facile de rejoindre l’espace des grands aigles.

Continuer même si c’est difficile

Si vous ressentez que vous n’êtes pas dans l’environnement qui vous correspond, si vous n’avez qu’une envie : celle de rejoindre un environnement qui vous permettra de vous sentir libre, voici quelques pistes.

  1. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous voulez vraiment dans votre vie. Si vous continuez à vous morfondre sur votre situation, à chercher sur la toile tous les bons tuyaux qui vous promettent le paradis, vous ne sortirez pas de l’enclos. Prendre le temps de réfléchir à ce que vous voulez vraiment, vous conduira à prendre conscience que vous avez des ailes et que celles-ci peuvent vous porter pour vous rendre là où vous désirez aller. Réfléchissez, même si ce n’est que quelques minutes par jour à ce que vous voulez vraiment dans votre vie. Un jour, vous n’aurez plus besoin de réfléchir car vous saurez ce que vous voulez.
  2. Commencez à changer quelque chose dans votre vie. Une petite chose. De toute façon, vous ne pouvez pas tout changer en une fois. C’est quoi qui vous entrave le plus ? Si c’est la confiance en vous, commencez à faire des petites choses qui sont susceptibles de vous apporter ce sentiment de confiance. Lorsque cela sera fait, passez à une autre chose qui, jusqu’à présent, vous a semblé trop difficile. Répétez cela jusqu’au moment où vous ressentirez que la confiance est vraiment en vous.
  3. Faites place nette dans votre vie, autant que possible. Il y a plein de choses qui vous maintiennent dans l’enclos. Il y a ces relations qui vous semblent importantes : prenez de la distance avec celles qui vous disent que vous devez vous contenter de ce que vous avez et rapprochez-vous de celles qui peuvent comprendre votre besoin de liberté. Il y a ces habitudes qui vous conduisent à vous satisfaire des graines mises à votre disposition : vous lever le matin, vous rendre au travail, passer la soirée devant le téléviseur, vous rendre au même endroit chaque année pour vos vacances … cela vous semble normal, mais l’est-ce vraiment ? Commencez par changer une habitude. Il y a vos convictions, vos principes … mais est-ce vraiment les vôtres ou est-ce que cela appartient au milieu dans lequel vous évoluez ? Regardez et mettez de côté ce qui ne vous correspond pas, cherchez ce qui vous correspond.
  4. Allez-y sans précipitation mais avec détermination. Lorsque vous voyez les grands aigles portés par les courants, tout là-haut dans le ciel, cela vous semble facile. C’est sans doute facile si vous êtes resté-e dans le nid, pas si vous avez atterri dans un poulailler ! Il vous faudra faire face à de nombreuses difficultés avant de pouvoir déployer vos ailes, prendre soin de vos muscles qui n’ont jamais été sollicités, vous exercer à rendre votre corps plus léger, éloigner vos pensées, surtout celles qui vous disent que vous pourriez vous contenter de ce que vous avez … Vous aurez des échecs, vous tomberez quelques fois, vous vous casserez le nez alors que vous pensiez y arriver … Ne lâchez pas, de désespérez pas.

En conclusion

Le conte d’origine nous laisse sur une fin terrible.

Le conte amélioré nous donne une perspective différente.

Je me demande si nous n’avons pas, tous et toutes, parfois cette sensation que nous ne sommes pas vraiment à notre place. Qu’en pensez-vous ?

Je vous souhaite un excellent week-end, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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