Faire face après une rupture amoureuse

Publié le par Madeleine Moreau

L'hymne à l'amour se jouait à 4 mains et soudain la mélodie s'est arrêtée
  • Ils se sont rencontrés pendant les vacances, sur une plage au sable fin. Depuis, ils ne se sont plus quittés, se promettant de construire durablement une vie merveilleuse.

Mais, voilà, il vient de lui révéler qu’elle n’est pas la femme de ses rêves, que ça ne marchera jamais entre eux, qu’elle ne correspond pas à ses attentes. Il a rassemblé ses affaires, lui a redonné les clefs et s’en est allé sans lui faire de bisous.

  • Ils allaient fêter leurs 38 ans de mariage. Leurs enfants étaient « casés ». Leur premier petit-fils allait naître. Malgré les hauts et les bas rencontrés, rien ne laissait présager que leur couple allait couler subitement.

C’est au petit-déjeuner qu’elle lui a annoncé qu’elle avait rencontré quelqu’un et qu’elle avait pris la décision d’aller vivre avec lui. Ce n’est pas qu’elle ne l’aimait plus, elle avait simplement besoin de retrouver sa féminité, de se sentir vivre plus intensément.

Dans la journée elle a informé ses enfants et sa belle-fille, se disant désolée de les mettre dans l’embarras mais que c’était mieux pour tout le monde, elle restait quand même leur maman.  

Deux situations, deux cas différents et plusieurs rêves anéantis.

Faire face à une rupture amoureuse restera toujours quelque chose de difficile à vivre. Qu’importe le nombre des années.

Là où tout semblait solide, c’est un véritable séisme qui se produit, ne laissant sur l’instant que des ruines et des larmes.

Faire face

C’est tout ce qu’il reste à faire.

Dans la croyance populaire, on dit que c’est plus facile pour l’homme que pour la femme. Ce n’est pas vrai.

On dit aussi que celui qui choisit de rompre sera moins atteint que l’autre. Ce n’est pas vrai, non plus, même si plus rien n’allait, même s’il n’y avait pas d’autres solutions que la rupture pour permettre aux deux de « revivre », ce n’est facile ni pour l’un, ni pour l’autre.

La seule chose qui reste est de faire face, de reconstruire … mais, avant de reconstruire, il faut passer par plusieurs étapes. Vous les connaissez sans doute, il est bon de le rappeler et d’en prendre conscience, que vous soyez concerné ou pas – n’avons-nous pas tous et toutes des connaissances qui nous ont annoncé ou peuvent nous annoncé de manière abrupte qu’ils se séparent ?

Faire face au choc

A l’instant même où le séisme se met en route, c’est un choc terrible qui est ressenti – même si l’autre se doutait que ça allait arriver.

Ce choc va se diffuser à la vitesse de la lumière dans toutes les parties du corps.

Une émotion d’hébétude submerge la personne atteinte. Il lui est impossible d’analyser la situation, d’accueillir la souffrance qui accompagne l’annonce.

Même plusieurs heures après, ce qui peut se compter également en jours, voire en semaines, c’est l’incompréhension qui reste, comme un bloc impossible à déplacer.

Tous les secteurs de la vie subissent les répliques de l’émotion première. La vie familiale lorsqu’il y a des enfants – adultes ou pas – La vie professionnelle car les tâches et les relations collégiales en pâtissent. Les amis-es qui ne savent pas comment réagir. La vie sociale qui semble avoir perdu son sens …

Dans cette première phase, il n’y a rien à faire. C’est même impossible de faire quoi que ce soit, si ce n’est pleurer, se demander ce qui arrive, se replier sur soi-même en espérant avoir moins mal.

Rien à faire ? La seule chose qui reste possible est de ne pas se couper de tout, de tenter de s’accrocher à une main tendue, de trouver l’épaule sur laquelle il sera possible de poser sa tête sans trouver pour autant un réconfort.

Faire face au chagrin

C’est l’étape qui suit le choc. Il est à nouveau possible de respirer, ou du moins, d’essayer de respirer normalement.

Les larmes tentent de nettoyer ce qui est brisé en soi.

Les souvenirs submergent la sensibilité. Il y a les projets qui étaient en route et ceux qui attendaient d’être formulés, les rêves partagés, toutes ces petites choses achetées ensemble, les cadeaux que l’on s’est fait, les photos, les messages qui restent scotchés sur la tablette, l’ordinateur ou le natel et qui semblent venus d’une autre planète.

La nostalgie, le chagrin, la peine, tout cela est présent, à chaque minute, à chaque seconde.

Que faire ? Vivre dans le passé et s’isoler des autres ? Gare à la dépression.

Cette phase de chagrin peut pousser à tenter de récupérer celui ou celle qui a choisi de vous quitter. De partir en pleine nuit pour essayer de faire revenir l’amour de votre vie.

Le chagrin peut également vous pousser à espérer que l’autre se sente aussi mal que vous dans l’instant présent.

Il est possible de faire quelque chose lorsque le chagrin devient – à vos yeux – ingérable. Vous laisser couler dans le chagrin ne va pas servir à grand-chose. Dans un premier temps, c’est de déprime que vous ressentez. Vous pouvez agir avant qu’elle ne se change en dépression.

Voici comment : Commencez d’éliminer ce qui vous semblent possible – les messages ou il – elle vous dit son amour (ce n’est plus d’actualité), les photos numériques sur lesquelles vous resplendissez d’amour (plus d’actualité). Vous pouvez jeter à terre la tasse dans laquelle il – elle buvait son café. Donner au recyclage ce pull qui est resté dans l’armoire.

Il ne s’agit pas de tout détruire, mais de commencer à vous séparer de ces petites choses qui ne servent qu’à gonfler la boule que vous avez au creux de ventre et qui fait jaillir à tout bout ’champs ces larmes qui gonflent vos paupières – même si vous les refoulez pour qu’elles ne se voient pas.

Vous séparer de ces choses qui vous rappellent trop fortement le passé vous aidera à entrer dans l’autre étape.

Faire face au reproche, au jugement que vous portez sur vous et sur l’autre

Lorsque le chagrin semble s’apaiser, la possibilité d’analyser la situation semble devenir possible. Cependant, ce ne sera pas une analyse objective, du moins, tant que l’envie de « faire payer » l’autre pour sa trahison n’est pas reconnue.

En effet, dans cette étape, plein de mouvements se chevauchent dans la tête.

C’est une phase très délicate. Vous entrez dans les prémices de la colère sans trop savoir comment la gérer.

Cette colère commence, généralement, par être dirigée vers l’autre. C’est à cause de lui, à cause d’elle, que vous êtes si mal, que vous avez aussi mal, que vous souffrez. Cette colère peut également être tournée vers vous.

Les reproches, le jugement, le dénigrement semblent être vos seules armes – pour le moment.

Les idées noires, l’envie d’assassiner l’autre ou de mettre fin à vos jours peut également vous effleurer – une manière comme une autre de faire payer tout le mal que vous subissez.

Ne pas passer à l’acte mais faire face est la meilleure solution.

Ce n’est pas encore le moment de chercher à savoir à qui revient la faute et de chercher à comprendre pourquoi cela s’est produit, même si vous avez quelques idées sur le sujet. Je le rappelle, vous n’êtes pas encore en mesure de faire une analyse objective.

Par contre, vous pouvez agir à partir des pensées qui vous submergent. Offrez-vous des moments d’apaisement. Allez boire un café avec une personne qui ne vous jugera pas et qui ne jugera pas l’autre. Allez voir un film qui vous changera les idées, acceptez de vous rendre à une invitation. Bref, faites quelque chose pour vous, égoïstement, ce n’est pas interdit.

Faire face à la solitude

Etape cruciale, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le lit semble horriblement froid sans l’autre. La brosse à dent rappelle sans cesse qu’elle était, il n’y a pas si longtemps, accompagnée. Cette pizza que vous adoriez n’a plus de goût. Le silence qui s’abat lorsque tombe la nuit vous apparaît être une torture …

Faire face à la solitude, même si elle vous paraît insurmontable est une attitude essentielle pour continuer votre route sans l’autre.

La solitude que vous ressentez vous invite à prendre conscience que l’autre ne fait plus partie de votre vie, ne fera plus partie de votre vie. Vous ne pouvez effacer son souvenir, vous pouvez juste tenter de laisser ces souvenirs comme ayant fait partie de votre vie.

La solitude peut vous ronger plus ou moins longtemps. Cela peut durer quelques mois, elle peut durer des années, elle durera tant que vous n’aurez pas fait face aux précédentes étapes.

Par moments, vous aurez l’impression que vous gérez très bien cette solitude, à d’autres moments vous aurez l’impression que vous n’arriverez jamais à vivre sans la présence de l’autre.

A d’autres moments vous aurez la conviction d’être capable d’aller de l’avant, de vous tourner vers d’autres opportunités, à d’autres moments cela vous semblera impossible.

Profitez de cette étape pour commencer à construire autre chose. Ce pourrait être le bon moment pour changer votre décoration intérieure. Après tout, si vous trouviez quelqu’un, auriez-vous envie de le faire vivre dans un décor fantôme, ou, et c’est aussi possible, seriez-vous d’accord de vivre dans les meubles qui aurait été partagé par quelqu’un d’autre ? C’est le moment d’y penser.

Profitez également de cette étape pour faire le clair dans vos relations. Il y en a peut-être qui étaient plus proches et qui restent plus proches de votre ex. Est-ce bon de continuer de les fréquenter comme si rien ne s’était passé ? Est-ce que cela vous fait du bien ? Pensez-y.

Faire face à sa nouvelle vie

C’est la dernière étape, celle où vous allez reconstruire votre vie.

L’étape ou vous allez commencer à faire la paix avec votre douleur affective. L’étape ou vous allez pouvoir mener une analyse objective.

Des amis-es vous diront que ça ne sert à rien de remuer le passé, qu’il vous faut oublier le passé et vous tourner vers l’avenir. C’est un conseil. Il pourrait être bon.

Cependant, pour que vous puissiez entrer sereinement dans votre nouvelle vie et vous libérer de tout ce qui vous retient dans votre amour défunt, faire une analyse objective peut s’avérer salvateur.

Dans toute séparation amoureuse, il n’y a pas un gentil et un méchant. Il y a deux personnes qui se sont trouvées, subitement, sur un chemin parallèle. Il n’y a des torts d’un côté ou d’un autre, il y a une réalité qui fait qu’il y a eu une rupture. Certes, il y a des raisons à la rupture, les conscientiser ne peut qu’aider à ne pas reproduire les mêmes choses à l’avenir.

Faire face à sa nouvelle vie c’est se reprendre en main, devenir ou redevenir responsable de son à-venir, de continuer à marcher vers l’horizon sans savoir ce qu’il nous réserve comme paysage nouveau.

C’est réapprendre à vivre seul, seule.

Une aide extérieure peut s’avérer aidante

Nous ne sommes pas tous et toutes égaux face à une rupture.

Si vous vivez une fragilité importante, il vous sera utile de demander une aide extérieure.

Parfois il faut accepter de devoir s’appuyer sur une « béquille » pour réapprendre à vivre sa vie.

Je vous souhaite un bon début de semaine, à bientôt.

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