Le trou de souris invisible

Publié le par Madeleine Moreau

Vous est-il déjà arrivé de vous trouver dans une situation embarrassante ?

Je pense que oui.

Dans ces moments-là, une envie nous prend subitement, celui de trouver un trou de souris et de courir nous y cacher.

Pour trouver le trou, regarde si tu vois une souris !!!

Bien sûr, c’est une image. Mais, en réalité, ce trou de souris existe bel et bien … en nous !

Hé oui, en quelques secondes, nous sommes capables d’enfuir au plus profond de nous tout ce qui pourrait trahir notre mal-être, de faire bonne figure, de nous contenir … ou du moins de tenter de contenir notre regard fuyant, la montée de sang qui monte sur notre visage, la sudation qui se fait plus abondante, les mains qui tremblent, la voix qui se perd dans un murmure … Nous restons là et nous nous sentons à l’autre bout du monde, nous restons visibles et également invisibles … du moins, nous espérons devenir invisibles … cachés dans un trou de souris.

En une fraction de seconde, plus vite qu’un claquement de doigts, nous voilà précipités dans un sentiment de honte.

Ce sentiment, on ne le nommera pas d’entrée. Ça ne viendra même pas effleurer notre vocabulaire pour expliquer ce que nous ressentons. Il faut dire qu’il est parfaitement déguisé, le reconnaître serait trop dangereux.

Décryptage

Que se passe-t-il à l’intérieur de nous ?

Je vais essayer de vous l’expliquer en image. Tout est calme autour de vous. Soudain, vous ressentez un coup de vent, mais les feuilles des arbres ne bougent pas. Ce coup de vent semble s’enrouler autour de vous, d’abord légèrement, puis de plus en plus fort. Autour de vous, rien ne bouge. Vous ressentez comme un tourbillon qui menace de vous faire tomber. Soudain, vous ressentez un début de déséquilibre. Vous changez votre position, histoire de retrouver un terrain plus stable, mais cette sensation d’être au cœur du vent ne s’atténue pas. Vous avez froid, en même temps vous avez une bouffée de chaleur. Le vent souffle sur vous une sensation d’insécurité qui va s’amplifier et faire croître votre mal-être.

Cette image représente le fil de vos pensées.

Plein de choses peuvent susciter cet état :

  • Vos peurs – souvent fantômes. Qu’est-ce qui va m’arriver ? Comment vais-je faire ? Je ne vais pas réussir … Je ne suis pas à la hauteur … Jamais on ne va m’accepter … Comme d’habitude je vais perdre … Ces peurs vous paralysent et plutôt que les reconnaître, vous avez honte de réagir ainsi, de ne pas savoir garder votre calme.
  • Votre physique – vous avez fait de votre mieux pour être bien présentable. Vous avez caché ce bouton de fièvre, vous avez pris soin de bien vous coiffer, vous avez choisi des vêtements qui cachent ce que vous n’aimez pas en vous (physiquement). En fait, c’est le comment vous vous voyez et vous ressentez qui va susciter ce « coup de vent » - un physique quelconque, insignifiant, ordinaire, trop gros, trop maigre, etc. Vous avez honte de l’image que votre corps envoie aux autres.
  • Vos défauts – bien sûr, vous savez que vous avez des défauts et vous les reconnaissez … mais pas toujours ! Certains défauts méritent d’être cachés. Mais lorsqu’ils dépassent les frontières que vous avez tenté, tant bien que mal de dessiner, et surtout lorsque vous vous trouvez en société, le « coup de vent » peut muter en tornade. La liste des défauts n’est pas exhaustive : Timidité – Nervosité – Susceptibilité – Dissimulation – Maladresse – Colère – Emotivité à fleur de peau – Bafouillement, etc. Vous avez honte de ne pas parvenir à vous contrôler.
  • Vous-même – hé oui, vous pouvez avoir honte de vous-même. Vous vous sentez mal-à-l’aise si les regards se tournent vers vous après un remerciement qui vous est adressé. Vous ne savez pas où vous mettre si on vous demande de prononcer quelques mots pour un collègue qui prend sa retraite. Vous pouvez ressentir de la honte lorsque vous comparez votre vie <misérable> à celle des personnes qui vous entourent. Etc.

Que se passe-t-il lorsque vous ressentez ce sentiment de honte ?

Avez-vous dans ces instants-là confiance en vous ? Ou : Que devient la confiance que vous essayez d’afficher en toute circonstance ?

Le mécanisme de honte

La honte provient de la certitude d’être aux antipodes de ce que l’on voudrait.

Il y a tellement de choses qui ne seront jamais possible pour vous, que vous ne pourrez jamais réaliser !

C’est un sentiment qui vous pousse à vous juger et à vous condamner sans cesse.

Un sentiment qui fait que vous pouvez ressentir une non-estime, voir du mépris pour ce que vous êtes. Un excellent moyen pour passer à côté des petits bonheurs de la vie, pour faire durer les moments de joie qui vous sont donnés – vous ne méritez pas cela !

Donc, le mécanisme de la honte vous pousse à vous juger, à vous accuser devant un tribunal vide et sans avocat pour vous défendre. Vérifiez cela dans le processus de vos pensées.

Agir, réagir face au sentiment de honte

C’est possible, mais il faudra y mettre du cœur.

Tout d’abord, repérez tous les moments où vous vous sentez pris dans un « coup de vent », et nommez ce qu’il représente. Il y a plusieurs vents : bise, mistral, sibérien, tramontane, etc. En vous il peut représenter : peurs, physique, défauts, etc.

Ensuite, essayez de vous accepter ainsi.

La plus grande chose que vous pouvez faire est d’apprendre à vous aimer tel-le que vous êtes.

Vous n’aimez pas prendre la parole dans un groupe ? Ok, vous n’avez pas besoin de faire un discours de 10mn, d’ailleurs, personne n’écoute un si long discours, par contre, vous pouvez prendre la parole pendant 1mn, vous pouvez du moins essayer.

Vous n’aimez pas votre physique ? Ok, vous n’aurez jamais la prestance de la star que tout le monde voit, mais vous avez, forcément, quelque chose que vous aimez particulièrement en vous : vos yeux, vos mains, votre sourire, vos jambes … pensez à ce que vous aimez en vous et focalisez votre pensée sur ce que vous appréciez pour <oublier> vos rondeurs ou votre maigreur.

Vous avez horreur d’être pris-e en flagrant délit d’avoir tel ou tel défaut ? Je vous propose de trouver ce qui vous aiderait à le prendre avec humour. Il y a une chose qui m’a beaucoup aidé, il y a quelques années, c’est l’acteur Pierre Richard … il me faisait rire et j’ai fini par rire de toujours commencer à me présenter comme si j’étais à bout de souffle. L’humour est un excellent médicament pour accepter certains défauts.

Agir, réagir face au sentiment de honte que vous pouvez par moments ressentir vous permettra de vous connecter à nouveau à votre confiance. C’est ce que je vous souhaite.  

Dans le prochain article vous découvrirez un autre frein : L’angoisse

Bonne fin de semaine, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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