Préparer son héritage

Publié le par Madeleine Moreau

Dans le dernier article, vous avez découvert que l’important n’est pas ce que vous laisserez en écus ou en babioles mais ce qui fait qu’on se souviendra de vous longtemps.

Je vous posais la question : « Qui êtes-vous ? »

Notre métamorphose se termine lorsque nous atteignons notre liberté intérieure

La réponse est un élément à prendre en compte dans ce que vous laisserez en héritage.

Je me souviens de mon arrière-grand-mère.

Elle venait prendre soin de nous dans les moments d’absence parentale.

Elle n’était pas démonstrative en bisous ou en câlin et il fallait se tenir tranquille.

Elle nous faisait une soupe au pain. Je la regardais faire. Régulièrement que la fais également et j’aime la faire découvrir à mes amis, car son goût n’existe nulle part ailleurs.

J’allais également chez elle. Peu lui importait que je n’aie que 10 ans, j’avais droit à mon petit verre de Malaga … la boisson qui donne du courage !

Souvent je la croisais dans les rues du village. Elle revenait le dos courbé, les pas hésitants, avec son ballot de fagot qui allait lui permettre de chauffer sa petite chambre.

Elle m’a appris le nom des fleurs, les différentes essences des arbres.

J’avais 14 ans au moment de son décès. Je peux dire qu’elle m’a laissé en héritage un regard bienveillant sur l’environnement, le goût des choses simples, la faculté de me vivre dans l’instant présent.

Plusieurs décennies ont passé depuis. Pourtant, je garde en moi ce qu’elle a laissé, je me nourris encore de ces instants où elle prenait soin de nous sans jamais se plaindre de ses rhumatismes, de sa fatigue.

Et vous, avez-vous dans votre cœur une personne ( ou plusieurs) qui a laissé son empreinte en vous ? Quelqu’un à qui vous pensez souvent car vous vivez ce qu’elle vous a transmis ?

Qu’aimeriez-vous laisser ?

Quel que soit votre âge, vous pouvez commencer à préparer votre héritage.

Vous avez des dons, vous avez des qualités, vous avez des valeurs, vous avez des certitudes … qu’en faites-vous ?

Vous pouvez les vivre uniquement pour votre confort. Vous pouvez également les vivre dans une attitude de transmission, dans le partage de ce qui vous passionne, ceci avec amour, bienveillance.

Parfois, dans la vie, nous baissons les bras, nous nous rallions à une manière de vivre qui ressemble à la manière de tout le monde. Pourquoi passer du temps à bien dresser une table, à mettre un relief particulier à la décoration … Pourquoi prendre du temps pour expliquer les choses de la vie alors que Google répond à toutes les questions … Pourquoi raconter une histoire ou jouer à un jeu de société avec ses petits-enfants alors qu’ils ont leur tablette informatique et plein de vidéos … Pourquoi préparer avec eux une succulente tarte aux pommes alors qu’il n’y a qu’à se servir dans les rayons du supermarché … Pensez-y.

Bien sûr, vous ne ferez pas toutes ces choses dans le but qu’on se souvienne de vous, mais pour que quelque chose puisse se continuer après vous.

L’héritage de la mémoire collective

Que nous le voulions ou pas, nous avons également dans notre bagage quelque chose qui fait partie de la mémoire collective.

Dans cette mémoire collective, il y a des choses qui ne nous concerne plus, qui ne nous concerne pas. Il y a des choses que nous continuons de transmettre, de reproduire alors que cela ne correspond pas à qui nous sommes profondément.

Je ne parle pas de ce qui constitue nos origines. Je suis Suisse et je réagis souvent comme une Suissesse, c’est ainsi … mais, j’ai également acquis, au fil des ans, une ouverture universelle qui me permet d’accueillir et de comprendre d’autres coutumes. Je peux transmettre les valeurs issues de l’histoire découlant de mon fédéralisme et transmettre cette ouverture que je vis à l’encontre d’autres peuples, d’autres ethnies. Ce qui me permet d’agir personnellement sur les tendances racistes qui existent encore au sein de ma famille élargie.

Je peux dire la même chose en ce qui concerne, ce que nous appelons « origines spirituelles ». Je suis née sur une terre profondément catholique et j’ai appris à me méfier du protestantisme comme de la peste. La vie a fait que je me suis liée d’amitié avec des personnes issues du judaïsme, de l’islam, de l’orthodoxie et, évidemment, du protestantisme. La mémoire collective pourrait me pousser à ne parler que des valeurs du catholicisme et à dénigrer toute autre valeur, ce qui ne fait plus partie de moi. Mes origines spirituelles ne me nourrissent plus de la même manière que lorsque j’avais 20 ans. J’ai à cœur de transmettre, lorsque cela m’est possible, ce que je perçois de bon et de beau dans les autres religions.

Au sujet de la mémoire collective, il y a aussi ce qui constitue les secrets de famille. Ces choses que l’on ne dit pas, qu’on refuse d’aborder et qui éclatent quand même à un moment ou un autre, faisant des ravages incroyables. Alors, on reprend à notre compte le secret, nous jurant de nous taire jusqu’à la mort … ce qui ne change rien si ce n’est de remettre le fardeau à la génération suivante. Voilà une mémoire collective que nous pouvons défaire. Parler d’un secret avant qu’il ne devienne un secret pour l’autre est un moyen de donner à la mémoire collective une dimension nouvelle.

Et vous ? Y a-t-il des choses que vous continuez à porter et à transmettre de cette mémoire collective et qui empêche de vous sentir libéré-e pour permettre qu’après vous puisse s’apprendre le mot liberté ?

Préparer son héritage

Je vous propose de faire un petit exercice :

Prenez une feuille de papier et un crayon.

Prenez le temps de penser à ce que vous aimeriez laisser de vous.

Prenez le temps de regarder ce que vous avez à cœur ou auriez à cœur de transmettre à vos proches.

Faites le tour de ce qui vous semble essentiel et de ce que vous vivez de non-essentiel.

Mettez tout cela par écrit.

A la fin de l’exercice, vous aurez un aperçu des secteurs, des domaines à « chouchouter » pour laisser quelque chose de vous après votre passage dans cette vie.

Je vous souhaite un merveilleux week-end, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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