L’automatisme n’est pas forcément le bon réflexe

Publié le par Madeleine Moreau

Une histoire de décibels

Samedi soir, nous avions réservé une salle pour fêter un anniversaire. Une autre salle avait également été réservée par un autre groupe. La musique était poussée à fond, elle s’entendait loin à la ronde et même si nous étions à l’étage du dessous, il était difficile de se parler sans élever la voix.

La « mousse » montait. « Mais c’est pas possible, ils peuvent pas baisser un peu le niveau ? » « Ils se prennent pour qui, ils savent ce que c’est le respect ? » et patati, et patata …

Je suis montée à l’étage. J’ai demandé à parler au responsable du groupe. En criant, j’ai demandé poliment de baisser un peu le volume. Je me suis fait injuriée. Je n’ai pas accepté. J’ai commencé à parler plus fort et un peu plus avec la colère qui montait en moi. J’ai dit que ce n’était pas possible, que nous désirions avoir un peu de calme. J’ai menacé d’appeler la police si le bruit continuait.

Une personne est venue dire qu’ils allaient « un peu » baisser le volume, qu’ils avaient payé pour la salle – nous aussi … - et qu’ils étaient, de fait, libres de faire ce qu’ils voulaient !!!

La suite de la soirée ? Le volume a été effectivement baissé de quelques décibels, il nous fallait juste oublier que les basses qui résonnaient dans la salle que nous avions constituaient des interférences dans les animations prévues.

Décryptage de la situation

Cette situation, avec des paramètres différents, vous en avez vécu dans votre vie : Des voisins bruyants, des enfants qui crient, des disputes qui vous empêchent de dormir, des groupes qui se prennent pour le centre du monde, etc.

Dans chaque situation vous jouez votre propre rôle, cela veut dire que vous ne pouvez pas rester neutre et faire comme si rien ne se passait. Un rôle qui vous semble normal, l’automatisme vous conduit.

Que vous soyez d’un côté ou d’un autre – La famille qui avait loué la salle au-dessus se trouvait dans son droit de pousser la musique au maximum de ses décibels – Nous étions en droit de souhaiter un peu plus de calme et de pouvoir entendre notre musique, j’ai réagi à partir de ce que je ressentais, idem pour la personne à qui je m’adressais.

Je ne peux que décrypter ce qui s’est passé en moi.

Dès que je suis sortie de ma voiture, parquée à 100m du lieu, j’ai entendu la musique. Tout de suite je me suis demandé quelle mouche avait piqué mon fils qui s’occupait de l’animation de la soirée, en me sentant quand même étonnée du genre de musique (magrébine), alors que nous étions tournés vers les années 80-90.

Arrivée sur place, j’ai tout de suite compris que cela venait du dessus.

Dans la salle, il y avait déjà du monde et chaque personne était déjà dans l’énervement d’entendre cette exagération musicale.

Un énervement qui n’a fait qu’augmenter celui qui prenait forme en moi.

Vous savez ce qui se passe dans ces moments-là, il y a toujours au moins une personne qui pense comme vous et qui ne fera rien pour intervenir, vous mettant dans la situation de celle qui devrait faire quelque chose.

C’est exactement ce qui s’est passé.

Je me suis sentie investie du rôle. Il fallait que j’agisse. C’est dans mon tempérament. J’ai horreur de voir une situation dégénérer et comme je suis préoccupée par le bien-être des autres je ne pouvais pas faire comme si de rien n’était, je voyais plutôt la soirée partir en cacahouète …

Le bien-être des autres … voilà le premier élément que je peux prendre en compte. C’est celui qui m’a fait agir concrètement.

Puis-je dire que j’étais calme lorsque j’ai demandé à parler au responsable de la fête ? Je mentirais si je disais que oui. J’avais les nerfs à fleur de peau. Il fallait pourtant que je me maîtrise. Intellectuellement, je sais que ça ne sert à rien de s’exprimer dans la violence. Sensiblement, je devais moduler ma voix, parler posément, faire passer le message.

L’accueil reçu a été tellement sur la défensive que j’ai commencé à « crier » pour me faire comprendre, ce qu’il n’a eu comme effet que d’accélérer le flux de colère sous-jacent. Je déteste, j’ai horreur du manque de respect envers autrui. Là, je sentais le manque de respect vis-à-vis de moi, vis-à-vis de nous. Je percevais très bien que je ne pouvais pas être entendue, ce qui m’a mis « hors de moi ». Mes paroles ont dépassé mon seuil de tolérance.  Intérieurement, dans mon corps, je me sentais en danger sur un ring invisible, d’ailleurs, j’ai bien cru que j’allais recevoir un coup.

Je me suis accrochée à un espace plus calme en moi, mon désir de passer une bonne soirée en famille et entre amis. C’est plus calmement que je leur ai demandé de baisser de quelques décibels la musique, de penser aux voisins.

En rejoignant notre fête, j’étais toujours bouillonnante, mais je ne désirais pas remettre de l’huile sur le feu. J’ai donc annoncé qu’ils allaient baisser leur musique. Le calme – en surface – est revenu.

Le simple fait que quelqu’un soit monté pour leur dire que la musique était trop forte a atténué considérablement l’énervement ambiant. Si nous avons supporté tout au long de la soirée la présence de ce groupe bruyant, cela ne nous a pas empêché de fêter dignement l’anniversaire qui nous réunissait.

Je ne sais pas comment les choses se seraient déroulées si je n’avais pas pris l’initiative d’aller parler – ou « d’engueuler » le groupe du dessus, pour moi, l’essentiel était d’avoir permis à la « mousse » de retomber.

Aujourd’hui, je peux lire ceci : Je n’ai pas laissé l’automatisme prendre sa place. Normalement, dans ce genre de situation, je suis enclin à trouver la personne qui aura le courage de faire ce que j’aurais envie de faire, de donner la « patate chaude » à quelqu’un d’autre.

Un automatisme qui n’a pas eu sa place parce que, tout d’abord, j’ai réagi à partir de ce lieu ou le bien-être des autres est important pour moi. Je n’ai pas réagi par devoir mais par nécessité. Mon principe du respect a été important. J’ai réagi à partir de ma sensibilité qui n’aime pas macérer dans la colère, qui voulait que la fête soit belle, que la soirée soit inoubliable.

Il y avait donc quelque chose de profondément ancré en moi : ne pas me soumettre à ce que je ne supporte pas.

En conclusion

Dans votre vie, vous faites – comme moi – beaucoup de choses par automatisme et ce n’est pas forcément le bon réflexe.

Il y a également des choses que vous faites sans avoir conscience que vous agissez parce que ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de plus essentiel en vous guide votre action.

Devenir conscient-e de ce qui nous fait agir, réagir dans des situations précises permet de mieux se connaître, de découvrir ses ressources, ses points forts, le courage qui peut être nécessaire dans certaines situations.

Vous ne changerez pas forcément les autres – vous obtiendrez une baisse minimale des décibels – mais vous pourrez faire avec. L’important étant de retrouver votre paix intérieure.

Prenez le temps de décoder ce qui se passe en vous lorsque vous agissez consciemment.

Je vous souhaite un bon début de semaine. A bientôt.  

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Publié dans Coaching

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