Comment parler de ses envies

Publié le par Madeleine Moreau

Elle est toujours habillée avec goût. Elle a une femme de ménage qui vient une fois par semaine. Elle a un travail qui lui permet beaucoup de flexibilité. Elle est entourée de plein d’amies et elles s’offrent souvent des week-ends entre filles. Comme j’aimerais avoir la même vie !

Ça, c’est une réaction qui me conduit à envier le train de vie de l’autre. Mon regard est posé sur ce que je vois et que je n’ai pas, du moins c’est ce que je pense. Ne dit-on pas que l’herbe paraît toujours plus verte chez le voisin ?

Ce serait une bonne chose si je dégageais un peu de temps pour faire du tri dans mes vêtements, donner ce que je ne porte plus, jeter ce qui est abîmé.

C’était super cette escapade vécue avec mon amie. Je vais regarder si nous pouvons nous réserver quelques jours à la fin de l’été pour une autre escapade.

Voilà ce qu’est avoir envie. Mon regard est posé sur moi, sur mes besoins. Le premier étant de faire un peu d’ordre dans ma penderie, ne serait-ce que pour avoir un peu plus de place. Le deuxième se situe dans mon secteur relationnel et touche l’importance que j’accorde au partage, à la vitalisation.

parler de soi demande d'apprendre à déchiffrer ce qui se passe dans son intériorité

Il arrive fréquemment que j’entende cette question : « Comment est-ce qu’il me faut faire pour que mes besoins soient entendus ? »

Je ne sais pas pour vous, par contre, pour moi, je sais que j’ai souvent parlé de mes envies en commençant mes phrases par : « Je voudrais … », « J’aimerais … », « Si je pouvais … », « Si j’avais … »

Le problème avec ces débuts de phrases c’est que je n’arrivais pas vraiment à faire entendre mon besoin et à dire ce dont j’avais envie. Quand je disais : « Je voudrais qu’on prenne un peu plus de temps pour aller aux bains », mon mari me répondait : « Si tu veux, mais pas cette semaine, j’ai pas mal de boulot ». Résultat, je laissais passer la semaine et la suivante … et le mois d’après, attendant qu’il me dise quand ça irait pour lui.

En revanche, le jour où je lui ai dit : « J’ai envie que nous nous prenions, durant la semaine, un après-midi pour aller aux bains », la réponse a été : « Vendredi j’ai rien de particulier, on peut y aller l’après-midi ».

Pas évident de parler de nos envies

La peur de passer pour un prince ou une princesse fait que nous prenons des pincettes pour parler de nos envies, de nos besoins. D’ailleurs n’avons-nous pas appris que seul le roi est habilité à dire : « Je veux ! »

S’ajoute à cela que nous ne parvenons pas toujours à cibler ce dont nous avons vraiment envie. Nous aimerions faire beaucoup de choses pour nous sentir exister un peu plus, pour avoir de la valeur aux yeux de l’autre. Nous rêvons de ce que nous n'avons pas, pensant que nous serions alors plus heureux si nous possédions ceci ou cela. Nous cherchons ce qui pourrait nous combler, ce qui donnerait plus de sens à notre vie.

Nommer précisément ce qui nous fait envie nous engage fortement et invite également l’autre à s’engager dans sa réponse.

Cela ne veut pas dire que ce sera automatiquement une réponse favorable, elle peut être défavorable. Mon mari aurait pu répondre : « Je ne peux pas me libérer, mais tu peux y aller seule ».

Dire « J’ai envie … » provoque une autre réaction que les termes que vous utilisez d’habitude.

Essayez de ressentir les mouvements que provoquent en vous ces phrases :

  • « J’aimerais que tu m’aides un peu plus dans les tâches ménagères »
  • « J’ai eu une semaine harassante et je suis assez fatiguée, pour que nous puissions profiter de notre week-end, j’ai envie que tu m’aides un peu dans les tâches ménagères ».

La première phrase peut être entendue comme un reproche et comprise ainsi : « Tu me vois comme quelqu’un qui ne fait rien » !

La deuxième phrase commence par ce que vous ressentez, vous vous positionnez. En disant : « J’ai envie … » vous donnez à l’autre l’occasion de prendre au sérieux – ou pas - votre requête. Les chances pour qu’il vous réponde : « D’accord, je peux t’aider comment ? ou qu’est-ce que je peux faire ?» sont multipliées.

  • « Si tu avais moins de travail, tu pourrais être un peu plus présent pour moi »
  • « J’ai envie que tu sois un peu plus présent pour être avec moi, est-ce que cela te semble possible de réduire un peu ta charge de travail ? »

Une autre requête avec les mêmes résultats. La première est entendue comme un reproche, la deuxième comme une invitation sur laquelle il est possible d’entrer en dialogue et de trouver, si nécessaire, un compromis.

En conclusion

Dire : « J’ai envie … » n’est pas forcément un « je veux ». Cette envie peut être précédée par la mise à plat de ce que vous vivez intérieurement – j’ai vécu une semaine harassante – et laisse entendre que vous avez besoin d’être allégé-e dans vos tâches.

Il est aussi possible de mettre le pourquoi après la requête – J’ai envie que nous allions ensemble aux bains car ces derniers jours ont été difficiles et mon corps ressent une accumulation de tensions – évoque le besoin de se faire du bien et de passer du temps ensemble.

Votre vis-à-vis doit se sentir libre de répondre à votre demande. Si la réponse est défavorable, votre envie ou votre besoin reste en votre possession. Vous êtes donc également libre de chercher comment vous pouvez donner une réponse à votre requête – aller seule aux bains – proposer à un-e ami-e une sortie – envisager l’aide d’une aide au ménage – etc.

Cette liberté qui vous est donnée, comme celle que vous donnez à l’autre vous responsabilise face à vos envies, vos besoins. Vous pouvez attendre que ce soit l’autre qui y réponde, vous pouvez, aussi, agir personnellement pour y répondre.

J’espère que ces quelques lignes vous donneront le courage de vous mettre à l’eau pour nommer précisément de quoi vous avez besoin pour avancer dans votre quotidien.

Je vous souhaite une belle fin de semaine. A bientôt.  

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