Globalité ou fragmentation

Publié le par Madeleine Moreau

La déchetterie ce n'est pas ici !

Une photo postée sur la page fb de la ville. Un coup de gueule et l’escalade verbale peut commencer.

Au départ, juste une personne qui veut – c’est mon point de vue – faire entendre son ras le bol de voir le jardin public muter en décharge.

S’ensuit une escalade verbale avec des dizaines de messages qui partent dans tous les sens.

Les jugements pleuvent. De présumés coupables sont montrés du doigt. … Ce sont les jeunes qui n’ont plus aucun respect .. C’est des étrangers qui se croient chez eux …

Ceux qui devraient – normalement – faire de sorte que tout soit toujours propre et nickel sont pris comme cible … La voirie ne fait pas son boulot … La commune laisse faire … Les modérateurs du site devraient interdire certaines publications (si cela se fait, les modérateurs passent pour des empêcheurs de la liberté de parole)

Le ton monte. D’autres témoignages s’ajoutent qui n’ont aucun lien avec le message de départ.

Il y a les messages qui tentent d’atténuer le flux apocalyptique, il y a les messages qui remettent de l’huile sur le feu, il y a les défenseurs et les dénonciateurs.

Après quelques jours, il n’y a plus de nouveaux messages. Les habitants peuvent dormir tranquillement … jusqu’à la prochaine fois ou quelqu’un aura la bonne idée de dénoncer – une fois de plus – le non-respect du bien d’autrui.  

C’est juste un fait divers qui s’est passé dans ma ville, qui peut se produire chez vous.

Une petite bisbille de quartier capable de mettre sur la défensive toute une ville.

Ce fait divers, il est possible de le transférer dans de multiples situations. Nous sommes dans une société ou les informations nous sont communiquées secondes par secondes. Souvent, ce ne sont que des flashs, sans développement du sujet en question. Une information fragmentée : Un titre sur le flux des actualités envoyés sur nos tablettes ou téléphones mobiles. Une manchette sur les devantures des kiosques.

Dans nos relations également

Ce qui se passe dans la société se produit également au sein de nos relations.

Combien de fois avez-vous été une cible ou un témoin d’informations fragmentées ? Entendez par là ce que vous avez entendu et qui ne reflétait pas la réalité globale. Des petits bouts de vie ou de situations qui se sont dites à droite ou à gauche, qui ont été déformées, qui vous arrivent au compte-goutte.

Regardons ce que cela peut donner :

Vous savez, ce voisin qui est rentré pas très frais … cette cousine qui vient de se séparer … cet oncle qui fait une dépression … l’épicier du coin qui n’entre pas dans ses frais … le bistrot qui est au bord de la faillite … les exemples peuvent être nombreux.

Vous recevez un scoop, de quoi alimenter les discussions quand il n’y a pas grand-chose à dire. – « Oui, c’est vrai, c’est pas la première fois que le voisin rentre dans un état lamentable. Ça ne doit pas aller très fort dans son couple pour qu’il passe ses soirées au pub. Et puis, j’ai déjà entendu que sa femme voulait le quitter … » - Des fragments, des idées, des préjugés, l’envie d’en savoir plus sur le sujet que les autres …

La personne à qui vous dites cela ne va pas se gêner pour « rectifier la sauce ». Elle va se servir des éléments nouveaux pour construire une autre vérité. – « Tu sais, le voisin, celui qui a réveillé tout le quartier la semaine dernière, il paraît que sa femme vient de le quitter … »  

Cela me fait penser à un jeu que nous faisions lorsque j’étais enfant. C’était le téléphone arabe. Une petite phrase chuchotée dans l’oreille de l’autre, qui était (devait être) reformulée au voisin d’à côté, ceci jusqu’à ce que tout le cercle ait retenu la phrase du début. Le dernier exprimait ce qu’il avait entendu. C’était alors des fou-rires qui retentissaient parce que, personne, à part le premier, n’avait dit ça !  

Nous jouons ce jeu à chaque fois que nous parlons de quelque chose à partir des fragments que nous avons reçu.

Privilégier la globalité

J’essaie, aussi souvent que possible, de privilégier la globalité et croyez-moi, ce n’est pas si évident.

Ce n’est pas évident parce que je réagis – encore – à partir de ma sensibilité. Il faut dire et le reconnaître, il y a parfois des infos qui sont assez croustillantes et je ne cherche pas à savoir le bien-fondé de ce que j’apprends.

Etes-vous comme moi ?   

Il y a, pourtant, quelque chose de très simple que l’on peut faire, c’est simplement de demander : « Sur quoi est-ce que tu te bases pour dire cela ? »

Cette petite phrase, qui, un jour m’a été adressée m’a fait faire un bond de géant pour arrêter de colporter ce que j’entendais. Cela fait plusieurs années, mais je me souviens avoir dit d’une personne : « Je ne pense pas qu’il nous sera aidant, tout ce qu’il entreprend, en général, il laisse tomber avant de terminer ». Une collègue m’a alors demandé : « Et sur quoi tu te bases pour dire cela ? » J’ai répondu : « C’est ce qu’on m’a dit de lui ». En fait, il avait reçu une demande particulière à laquelle il avait répondu et s’était rendu compte que cela ne correspondait pas à ses valeurs. Chose que bien sûr j’ignorais. J’avais arrangé ce que j’avais entendu à ma sauce, n’ayant qu’un fragment et ne connaissant pas la globalité.

Cette petite phrase, je vous propose de la garder en vous, de ne pas l’oublier. Une petite phrase que vous pouvez également vous poser lorsque vous avez envie de donner votre avis, par exemple, sur les réseaux sociaux. Si vous ne pouvez vous exprimer par la globalité, parfois il vaut mieux se taire ou demander à la source ce qu’il en est.

Je vous souhaite un beau et bon week-end, à bientôt.

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Publié dans Coaching

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