Et puis, après !!!

Publié le par Madeleine Moreau

« J’ai passé avec succès mon CFC de menuisier. Mon maître d’apprentissage n’a pas voulu m’engager, il préfère avoir un apprenti, ça coute moins cher ! J’ai pas trouvé d’emploi. Après 7 mois de chômage, à glander dans les parcs et les boîtes, j’en ai eu marre. Je suis reparti pour faire un autre apprentissage. Dans un mois j’ai les examens. J’ai choisi l’informatique parce que je me débrouille assez bien. Je sais déjà que je ne trouverais pas d’emploi, même si l’ORP m’a dit qu’il y avait un avenir pour moi. Le marché est saturé, on sera plus de 50 à postuler pour 1 poste. Et puis, après, qu’est-ce que je fais ?

Romain, 26 ans

Que répondre ? Comment redonner une confiance dans le système de l’emploi à Romain ?

Moi qui suis sur le palier de la retraite, sans avoir vécu une seule journée de chômage, je ne suis pas bien placée pour dire qu’il faut faire confiance, ne pas baisser les bras, continuer de chercher, accepter de faire des concessions au niveau salaire, trouver un petit boulot même si celui-ci ne sera qualifié que de l’appellation : « boulot alimentaire » - juste de quoi survivre en quelques mots.

 

Des « Romains », il y en a beaucoup. Il n’est pas le seul. Que ce soit à la fin d’un apprentissage, après la FAC ou l’UNI, après l’obtention d’un Master ou tout autre titre élogieux, trouver un boulot s’avère être le parcours du combattant.

Résultat pour tous ces jeunes : Une peur intrusive face à l’avenir.

Avoir peur de l’avenir, une attitude dévastatrice qui n’a comme résultat que celui de conduire vers un abîme profond.

C’est un piège qui se referme sur les envies d’innover, de créer, d’avancer.

Ce piège est une construction, j’ai envie de dire « démoniaque » du moi cérébral. Cette construction peut prendre des proportions énormes et envahir les pensées, prendre possession de la moindre parcelle de la sensibilité, s’étendre aux petites actions du quotidien.

Il est facile de dire qu’il suffit de faire face au réel, de se désaliéner de son passé ou de ne pas revenir sur les échecs qui nous font trébucher. Il est facile de se dire qu’il suffit de ne plus penser à ce qui a été et de se tourner résolument vers la vie qui les attend.

Accompagner sans embellir la situation

Le piège est de chercher à remonter le moral. Tout d’abord, cela ne servira à rien. Il y a un réel sur lequel nous avons peu, voir pas du tout de pouvoir. Il y a notre impuissance que nous ressentons, d’où ce besoin de chercher à remonter le moral, mais dans le fond, c’est, bien souvent, une tentative de nous rassurer nous-même !

Le réel c’est la peur de ne pas trouver un emploi, d’être à la charge de la société, de s’enfoncer dans une inertie qui rend tout effort infructueux.

Le réel, c’est ce que vit celui ou celle qui ne parvient pas à se projeter dans un avenir plus ou moins lointain. C’est son réel, et celui-ci rejoint assez rarement notre réel.

Accompagner sans embellir la situation devient alors un exercice de jonglage entre le ressenti de l’autre et notre ressenti.

Il y a une possibilité d’accompagner, voici quelques pistes :

  • Ecouter les craintes, les peurs, les appréhensions sans interrompre.
  • Ne pas juger ou poser un préjugé sur le « système » social.
  • Ne pas entrer dans la critique vis-à-vis de la politique d’embauche ou de l’institution d’études.
  • Rester dans une écoute authentique du vécu de l’autre sans la diluer avec des éléments de son propre vécu – Cela peut paraître aidant, ça ne l’est pas.

Ces quelques pistes peuvent paraître dérisoires. Je les ai appliquées avec Romain. Je l’ai laissé repartir avec ses doutes et avec ces mots qu’il m’a adressé quelques jours après : « Merci de m’avoir écouté. J’ai décidé de passer mes examens sans me poser 100'000 questions sur l’après, je verrais le moment venu. »

Et puis, après !!!

Cette exclamation n’est pas uniquement réservée au cas cité, elle peut être formulée dans de multiples situations. Après un échec, à la suite d’une épreuve, dans une difficulté à surmonter. Vous pouvez alors transférer les pistes que je vous propose.

Ce que vous pouvez alors retenir est : Le réel de l’autre n’est pas mon réel – même si vous avez eu à traverser la même problématique, - son ressenti n’est pas mon ressenti, - sa manière de voir les choses n’est pas forcément la manière dont je vois les choses …

Accompagner c’est, bien souvent, garder le silence sur ce que l’on vit, sur sa propre expérience. Il n’est cependant pas interdit de dire : « Ce que tu me partages me rejoint … Je peux comprendre ce que tu vis … » L’essentiel est d’écouter.

Je vous laisse y réfléchir. Je vous retrouve la semaine prochaine. Bon week-end prolongé.

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Publié dans Coaching

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