Usurpation ou libre-service ?

Publié le par Madeleine Moreau

Servez-vous !

Sophie travaille dans une institution d’aide aux personnes présentant des fragilités au niveau psychologique.

Son travail : Etudier le profil des cas et faire remonter les dossiers aux responsables des différents services.

Dans son cahier des charges il n’y a rien de particulier, elle doit simplement classer, mettre les dossiers par ordre de priorité, décoder les différentes demandes et faire suivre au bon endroit les cas soumis.

Cependant, un vrai casse-tête pour elle. Chaque employé jouant des coudes pour prendre ou refiler certains dossiers.

Pendant la pause, elle en parle à une collègue car elle est sur le point de « péter » un câble. Elle lui donne son point de vue, ce qui, à son avis, devrait être fait, ce qui serait plus productif. La collègue l’écoute attentivement, lui demande des détails, lui dit que son idée est géniale, qu’elle devrait en parler à son chef. Sophie lui répond qu’elle va y réfléchir.

A la rentrée des vacances, elle trouve sur son bureau de nouvelles directives pour mener à bien son travail. Tout y est détaillé. Il y a même un organigramme des différents services avec la personne référente qui se chargera de dispatcher les dossiers aux employés concernés … et … une note d’introduction … anodine au premier regard : « Suite à un entretien avec Madame … la décision de restructurer le service d’accueil a été revu ».

Sophie est abasourdie. C’est exactement ce qu’elle avait dit à sa collègue. Tout y est, dans les moindres détails : sa manière de voir les choses, ses idées, sa perception du problème … tout … sans rien de nouveau !

Sa collègue reçoit les lauriers à sa place, c’est un comble. Elle va lui dire ses 4 vérités, elle va remettre les choses en place … En fait, elle ne fera rien car elle veut garder son boulot !

Usurpation ou libre-service ?

Pour Sophie, c’est clair comme de l’eau de source, sa collègue lui a volé son idée, elle a pris sa place, elle s’est positionnée devant elle, elle l’a écrasée … les émotions négatives surgissent avec une force incroyable.

Difficile de voir les choses positivement, de remettre toutes les pièces du puzzle à sa place.

La seule réalité qui peut être approchée est que la confiance a été brisée. Sophie faisait confiance à cette collègue, elle ne pensait pas qu’elle lui tirerait une balle dans le dos.

Elle passe et repasse toute la situation dans sa tête. Elle se demande pourquoi elle a été si bête de faire confiance à cette arriviste à 2 balles, elle se pose une tonne de question sur ce qu’est l’amitié, la confiance. Elle s’est confiée, à oser lui parler de ses difficultés, de ses rêves, de ses aspirations. Jamais, au grand jamais elle n’aurait pensé qu’elle se servirait d’elle pour se frayer une place convoitée depuis longtemps, jamais il ne lui serait venu à l’esprit qu’elle se servirait d’elle. Elle lui en veut à mort !

Sophie a laissé toutes ses émotions négatives s’exprimer, au fur et à mesure qu’elles se manifestaient en elle.

Est venu alors le moment où nous avons pu regarder si c’était une usurpation ou un libre-service. Pour cela, il fallait remettre toutes les pièces du puzzle à leur place.

  1. Sophie a été engagée pour trier les dossiers, les classer par ordre de priorité et les envoyer dans les différents services selon les types de demande.
  2. Sa collègue faisait le même travail et ne cesser de râler sur le fait qu’elle trouvait que leur boulot était un boulot de m… qu’il devait y avoir un autre moyen, plus simple, plus productif.
  3. Entre elles, la discussion tournait toujours autour du même sujet : pourquoi faire ce classement si les dossiers leur étaient souvent renvoyés avec la demande de les transmettre ailleurs, à d’autres personnes.
  4. La collègue ne cachait pas qu’elle rêvait de quitter l’accueil et d’être intégrée dans un autre poste, mais pour cela, elle manquait d’ambition.
  5. Lorsque Sophie lui a parlé de ce qui, pour elle, serait une solution à leurs problèmes, elle n’a fait que donner à sa collègue quelque chose qui lui manquait pour qu’elle soit reconnue.
  6. Avec gentillesse elle a proposé à Sophie d’en parler au responsable, sachant très bien que Sophie ne ferait rien.
  7. Une aubaine, une belle occasion pour cette collègue de prendre ce qui lui était servi sur un plateau d’argent et d’en faire son beurre.
  8. Résultat, il n’y a pas eu usurpation mais bien une idée présentée comme un libre-service qui a fait basculer toute une relation de confiance.

Un cas qui peut se produire dans d’autres circonstances

Le nœud de cette problématique n’est pas toujours évident à défaire. Il a cependant une analogie avec ce qui se produit lorsque nous restons avec nos rêves, nos idées, nos perceptions sans rien en faire, si ce n’est d’en parler à droite à gauche, en espérant, un jour, d’avoir le courage de passer à l’acte.

Il est question de l’image que nous avons de nos compétences, de nos capacités. Si nous nous sentons inférieur, nous resterons à l’écart. Si nous nous sentons supérieur, nous écraserons les autres. Si nous pensons que nous n’avons rien à dire, rien à faire valoir, nous donnerons aux autres la permission de se servir de nos rêves pour faire naître les leurs. C’est logique.

Si cela vous arrive, plutôt que de ressasser la colère que vous ressentez, plutôt que de briser le lien relationnel, parlez-en à une personne qui saura mettre en place les pièces du puzzle, le coaching de vie sert aussi à cela.

Lorsque le puzzle sera en place, il vous sera possible de parler en vérité à la personne qui s’est servie de vos idées, de vos rêves et de lui dire tout le mal que cela vous a fait. Ce sera également une opportunité en or pour apprendre à vous faire confiance et à oser mettre en œuvre ce qui vous habite profondément sans que personne ne vienne se servir à votre insu.

A bientôt.

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Publié dans Coaching

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