Rester zen dans les situations embarrassantes

Publié le par Madeleine Moreau

Garder son équilibre en toute situation; une illusion

Un jour ou l’autre, une situation embarrassante vient mettre le foutoir dans notre sensibilité et, tel un nageur dans un tourbillon nous essayons de garder la tête hors de l’eau.

En quelques secondes c’est une fabuleuse tempête qui traverse nos pensées : jugement sur soi, justification, excuses, bafouillements, et retour sur le jugement de soi … tout y passe.

Ce sont des moments où nous perdons le contrôle, où nous ne savons pas quoi dire, comment nous rattraper, maîtriser la gêne qui se fait envahissante.

Nous avons tous et toutes des anecdotes que nous pourrions raconter au coin du feu, nous les gardons secrètes car si les autres commencent à rire, nous retrouverons toutes les émotions vécues dans ces moments clés.

Un regard psychologique

A moins que vous ne soyez un robot, il n’y a rien à apprendre pour rester zen le jour où cela va vous arriver.

Comme tout le monde, vous serez pris-se au dépourvu et vous ferez cette expérience de vous retrouver nu-e devant l’autre ou les autres.

Par contre, vous pouvez vous référer aux mouvements psychologiques qui agissent au plus profond de vous.

Pourquoi nous sentons-nous si mal dans les situations embarrassantes ?

  • Il y a toujours un point de vue que dicte nos pensées : les choses devraient être normales, du moins telles que nous les pensons – les couples ne se séparent pas – les vivants restent en vie – les choses que nous avons connues restent intactes – la maladie ne touche pas nos proches – etc.
  • Il y a l’image que nous avons de nous : l’image que nous voulons donner – l’image que nous pensons que l’autre ou les autres ont de nous – l’image que nous préservons – l’image que nous ne voulons pas laisser transparaître.
  • Il y a le comment nous gérons nos émotions et plus particulièrement celles qui jaillissent en désordre.
  • Il y a nos attitudes : conciliantes – proches – distantes – polies – entreprenantes – amicales – sérieuses – etc.
  • Il y a la combinaison entre le savoir-faire et le savoir être : ce que l’on a appris – ce qui constitue nos préjugés et nos valeurs.

Tous ces points jouent un rôle primordial dans ce que nous vivons lorsque surgit une situation embarrassante.

Laissez-moi vous donner un exemple :

Lors d’une manifestation, je rencontre Michel que je n’avais pas vu depuis longtemps. Avec enthousiasme, je m’approche de lui pour le saluer et je lui dis : « Michel, comme je suis contente de te voir, il y a longtemps … tu n’es pas venu avec Christine ? J’aurais bien aimé la voir aussi … » Tout cela en une phrase, sans lui laisser le temps de me saluer. Une bise vite faite et sa réponse : « Christine … ça fait 2 ans qu’elle m’a quitté ! » … « Ho, vous vous êtes séparés ? Vous aviez tellement l’air de bien vous entendre ! » … « Elle m’a quitté, elle a fait une rupture d’anévrisme pendant nos vacances. »

Et là, je me suis trouvée empruntée, idiote, à côté de la plaque.

Décortiquons ce qui s’est passé au niveau psychologique :

Le point de vue qui dictait mes pensées : Michel et Christine c’était un couple très fusionnel, toujours ensemble, toujours de bonne humeur. Dans les mots « elle m’a quitté », cela ne voulait dire qu’une chose pour moi … ils s’étaient séparés !

Concernant l’image : C’était surtout l’image que je voulais donner. L’image de quelqu’un qui était bien dans sa peau, qui n’avait pas changé, qui avait suivi son chemin. Je voulais que le regard de Michel sur moi ne laisse pas transparaître les années où nous nous étions perdus de vue.

La gestion de mes émotions : J’ai horreur d’être prise en défaut et j’essaie autant que possible de garder le contrôle de la situation. Mais là, je venais de faire 2 bourdes importantes : la première ne pas lui avoir demandé si Christine était là, ce qui lui aurait permis de me dire directement qu’elle était décédée, la 2ème d’avoir jugé trop vite la situation en supposant un divorce. Je n’avais plus pied dans la situation. Quand même, j’aurais pu prendre de temps en temps des nouvelles … mais qu’est-ce qui m’a pris de poser toutes ces questions … je ressentais de la honte, de la faiblesse, et plus j’essayais de justifier le fait de n’avoir pas pris de leurs nouvelles durant tant d’années, plus, je m’enfonçais dans une sensation d’être prise en défaut. Je sentais le sol se dérober sous mes pieds.

Mon attitude : Il y a eu cette sensation de chercher à fuir son regard. Je voulais sembler proche mais ma posture corporelle disait exactement le contraire. Il y avait eu toute cette époque où nous étions proches, nous faisions des choses ensembles, nous étions engagés dans les mêmes trucs, et, la vie faisant son chemin, nous avions pris des directions différentes, ce qui avait créé un fossé, jusqu’à ne plus se faire signe. Je n’étais plus vraiment proche, je m’étais éloignée et je voulais en un clic de doigt combler le fossé, mais, mes mains que j’avais posé contre mes reins disaient le contraire.

Le savoir-faire et le savoir être : J’ai appris qu’il fallait savoir faire preuve de compassion face au malheur des autres. Mais là, je ne savais plus quoi faire, plus quoi dire. Le silence qui s’était installé entre nous me semblait sans fond et tout ce que j’ai pu dire a été : « Je suis désolée, je l’aimais bien. Je te souhaite une bonne soirée, à une autre fois ! » Reprendre ma distance, ça, je savais le faire. Quant à être, tout simplement, je n’y suis pas arrivée.

Cela s’est passé il y a quelques années. Je n’ai plus croisé Michel mais j’y pense encore souvent.

J’ai cependant appris quelque chose de fondamental : lorsqu’une situation embarrassante nous prend par surprise, nous ne pouvons pas combattre avec tout ce qui va se manifester dans notre psyché. Il faut l’accepter et arrêter de culpabiliser parce que nous n’avons pas réussi à faire ce qu’il fallait, à dire ce qu’il aurait fallu, à se comporter « humainement ».

Rester zen cela n’est possible que longtemps après, c’est-à-dire, dans les moments où nous nous souvenons combien nous avons été empruntés dans la situation. Garder une culpabilité parce que nous n’avons pas su avoir les gestes, les paroles qu’il aurait fallu ne sert plus à rien, la situation n’est plus d’actualité. En sourire est parfois le meilleur remède.

A bientôt.

Merci beaucoup de partager cet article autour de vous

Merci de partager cet article sur Twitter, sur Facebook ou chez Google+. Si vous l'avez trouvé constructif, bien sûr !

Publié dans Coaching

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article