Se souvenir pour rester humble

Publié le par Madeleine Moreau

Avec mon mari, nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde lorsque nous écoutons les informations.

Lui est, disons, un peu plus cartésien que moi, ses idées sont un peu plus étroites et ses préjugés plus ancrés.

Cela donne parfois des étincelles.

Mais, aujourd’hui, il m’a ouvert les yeux sur quelque chose d’important.

Notre point d’achoppement concerne principalement le secteur du monde politique. Aujourd’hui, comme tous les autres jours depuis quelques mois, il est question des migrants … ce grand danger … ils sont toujours plus nombreux et arrivent de tous côtés. Tous les continents sont concernés, et les centres d’accueils se retrouvent débordés, impuissants devant cette détresse humaine.

Aujourd’hui, dans le téléjournal de midi, une petite phrase attrapée au vol : il y eu ce temps ou les Suisses ont émigrés au Brésil pour …

Nous avons déconnecté de la suite. Sa réaction immédiate a été : « Hé oui, il y a eu une période où pour survivre les Suisses ont été obligés de s’expatrier ! »

Il y a eu quelques secondes de silence … « Les Français aussi sont allés conquérir d’autres terres, d’autres pays … » Et j’ai continué : « Les Pays-Bas, l’Espagne, l’Angleterre … »

Des pans d’histoire dont on ne parle pas … le souvenir de la mémoire collective qui semble avoir été oubliée.

C’est la première fois que je pensais ainsi. Dans le fond, c’est vrai, n’avons-nous pas tous et toutes des ancêtres qui sont partis, parfois au bout du monde, pour fuir la guerre, la famine, la pauvreté ? N’avons-nous pas dans nos placards un cousin éloigné qui a été décoré par la médaille de la bravoure pour avoir donné à son pays la chance de conquérir de nouvelles terres, de nouvelles richesses, même si pour cela il a fallu « liquider » les résidents ? N’avons-nous pas planté nos drapeaux et chanté nos hymnes patriotiques au-delà de nos frontières ?

Se souvenir, de temps en temps, de ce que fut l’histoire de nos ancêtres dans les pires moments n’est pas une mauvaise chose.

L’histoire se répète souvent. Nous le savons, c’est un mouvement linéaire, avec, pour chaque siècle traversé, une autre réalité.

En quête d'une terre promise

Aujourd’hui ce n’est pas nous qui fuyons, qui partons pour survivre au-delà des frontières par nécessité. Par contre, nous avons des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, qui espèrent trouver à l’intérieur de nos frontières une sécurité et un avenir nouveau. Un exode qui fait peur, qui nous fait craindre le pire, qui nous laisse dans une impuissance d’action.

Si vous y pensez, juste quelques instants, si vous vous risquez de sortir, un tout petit peu, de votre zone de confort, est-ce que votre regard changera ?

Vous pouvez également éteindre votre écran, refermer les pages du journal, vous en remettre à la jugeotte de ceux et celles qui décident de ce qui est bien ou pas pour le pays … Advienne que pourra, pour le moment, vous essayez de ne pas penser.

Vous pouvez vous laisser toucher dans votre cœur. Cela ne changera en rien la situation … demain, un autre bateau archiplein cherchera un ancrage, un port où pourront débarquer des centaines d’émigrants qui auront la chance ou pas de poser le pied sur une terre d’accueil. Vous pouvez espérer qu’un jour, ils retourneront au pays pour transmettre à ceux qui sont restés le courage de reconstruire, et aideront les générations futures à se souvenir de l’exode que les anciens ont entrepris pour qu’ils puissent vivre libres.

A bientôt.

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Publié dans Divers

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