La force intérieure

Publié le par Madeleine Moreau

Certaines personnes ont eu un chemin de vie tourmenté. Dès l’enfance elles ont été obligées de se protéger pour « sur-vivre » aux maltraitances et grandir dans un milieu hostile.

Elles ont construit autour de leur périphérie d’être une carapace, plus ou moins épaisse, résistante aux chocs, aux assauts incessants de leur quotidien.

Cette carapace est devenue une partie d’elles-mêmes.

Mais que se passe-t-il lorsque la vie reprend ses droits, lorsqu’elles parviennent à passer de la survie à la vie ?

L’histoire du marron

C’est de saison. Qui de nous ne s’amuse pas à ramasser ces billes noires au milieu des feuilles mortes ?

Il est vrai que c’est attirant et pour peu que nous ayons des enfants ou petits-enfants, il y a là un vrai trésor à ramasser pour faire quelques bricolages éphémères.

Et si l’on regardait autrement cette histoire de marron ?

Au début, il y a l’arbre qui grandit dans un environnement précis. Un arbre qui a des racines. L’arbre qui nous porte.

Au printemps les feuilles se déploient, les fleurs apparaissent dans tous leurs éclats. Chaque fleur est la promesse d’un fruit qui va grandir dans la sécurité d’une enveloppe protectrice.

Durant l’été la croissance se poursuit. Il se peut que l’orage, la grêle, la tempête ou le manque d’eau qui accompagne une canicule fasse tomber prématurément le fruit.

Puis vient l’automne. L’enveloppe protectrice se fend de plus en plus. Le fruit est délivré de ce qui le maintenait à son arbre d’origine et tombe à terre. Il peut devenir à son tour, si les conditions sont réunies, un nouvel arbre pour les générations futures.

Ça, c’est la représentation normale du cycle de la vie.

Il y a aussi les fruits qui se détachent de l’arbre et gardent leur enveloppe qui s’est durcie, qui présentent des picots durs et acérés comme des aiguilles.

Ceux-ci représentent les personnes qui ont eu besoin d’une carapace plus solide que l’enveloppe.

Si la carapace ne se fendille pas du tout, le fruit qui est prisonnier à l’intérieur ne survivra pas. Il se déshydratera, se ridera et finira par mourir sans avoir vu le soleil.

Mais certains puisent une force qui est à l’intérieur d’eux. Même si tout porte à croire qu’ils n’auront pas la force de se libérer. Ce serait croire que leur destin est définitivement scellé.

Si la carapace s’est quelque peu fendillée, cette force intérieure va leur permettre d’aller jusqu’au bout du mouvement libérateur.

Que se passe-t-il alors ?

Ayant un peu plus d’oxygène, le fruit va continuer, même tardivement, à grossir, jusqu’à prendre sa dimension normale. La carapace va continuer de se fendre, de plus en plus, restant dure à l’extérieure et un peu plus molle à l’intérieure. Le fruit peut alors sortir de sa carapace.

Souvent, on les voit comme encore accrochés, mais si l’on essaye de les emprisonner à nouveau, c’est impossible … la coquille est devenue bien trop petite !

Le lien avec notre réalité humaine

La vie peut ne pas nous avoir fait le cadeau de naître dans un milieu aimant et sécurisant.

Comme je le disais plus haut, il a fallu trouver des moyens pour pouvoir « sur-vivre » dans un environnement hostile.

Alors, se construit cette fameuse carapace – certaines personnes prennent l’image d’un bunker aux murs très épais – pour rester en vie.

En se protégeant ainsi, avec toute la rage du désespoir pour ne pas succomber aux blessures infligées, il devient très difficile de voir la vie autrement que dans la nuit où nous nous trouvons.

Pourtant, il suffit qu’un rayon de soleil vienne caresser plus longtemps la surface de notre carapace pour nous donner cette envie de nous battre, de réduire la surface de notre protection, pour essayer de nous en sortir. Ce rayon de soleil peut être une personne qui nous fait confiance, un environnement qui nous permet de grandir plus sereinement, un désir de vivre plus fort …

C’est alors que peut naître cette force intérieure qui va nous permettre de ne pas solidifier un peu plus notre carapace, qui fera que nous commenceront à entrevoir la possibilité de laisser se fendre la carapace, même si cela ne se voit pas extérieurement.

C’est avec cette même force que la croissance pourra démarrer.

Si l’aide extérieure est importante, voire primordiale et nécessaire, il n’y a que le « fruit » qui peut agir sur le processus de libération. Cela veut dire que tant que nous ne sommes pas mobilisés à faire tout ce qu’il faut pour nous libérer de ce qui nous emprisonne, nous restons dans cette carapace qui nous empêche de vivre librement. C’est toujours une lutte qui se passe entre le fait de rester dans notre protection en espérant que l’extérieur vienne à notre secours et cette force qui nous invite à fendre notre carapace protectrice.

Ce qu’il faut retenir

Lorsque ce qui nous maintient prisonnier commence à s’ouvrir, nous pouvons continuer de grandir.

Plus nous gagnons en liberté, moins il devient possible de nous enfermer à nouveau.

Plus nous laissons la force de la vie pénétrer en nous, plus nous construisons notre chemin vers une liberté de vie.

Nous avons toujours le choix de ce que nous faisons des protections qui nous ont aidé à « sur-vivre » : le choix de les garder ou de les enlever et ça, personne ne peut le faire à notre place.

Je vous laisse méditer sur ce thème. A bientôt.

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Publié dans Coaching

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