Contenir, laissez sortir, gérer

Publié le par Madeleine Moreau

Les réactions de nos enfants activent nos émotions

Un petit garçon calme, souriant, se met soudain à crier, à taper ses parents. C’est la crise. Une crise énorme. Pourquoi ? Parce que sa maman vient de lui interdire de prendre dans le rayon un paquet de friandises. Le papa lui demande d’arrêter son cirque.

Mon regard va du petit garçon aux parents, des parents au petit garçon.

Une scène que je vois souvent, qui ne m’étonne plus, qui devient presque banale. Je le sais, difficile pour un enfant de ne pas être tenté par tant de bonnes choses disposées juste sous ses yeux.

Comme je n’ai rien d’autre à faire que de regarder comment cette crise va se terminer, j’observe la réaction des parents. Comment vont-ils gérer la crise ? Plusieurs scénarios sont possibles.

Dans le cas que je cite, la maman dit fermement à son fils de reposer le paquet de friandises, elle lui dit qu’il y en a tout plein à la maison. Le papa semble être plus énervé et regarde son fils avec défiance. Il n’en faut pas moins pour que le petit garçon saisisse à nouveau le paquet et supplie sa maman de le prendre. Celle-ci regarde son mari, voit son regard et change automatiquement d’attitude. « Pose ce paquet tout de suite, écoute ce que je te dis ! »

Le petit garçon répond : « Non ».

Le papa saisit le bras de son fils, lui arrache le paquet. « Tu arrêtes tout de suite ton cirque, y’en a marre … »

La crise commence. Le petit garçon se met à pleurer, commence de crier et tape sur tout ce qui est autour de lui. Prit dans sa colère, il envoie tous les paquets de friandises sur le sol.

Ni une, ni deux, le père prend l’enfant par le bras, le ramène vers lui, le secoue, enserre son bassin, le bouscule comme un paquet et franchit la caisse pour sortir rapidement du magasin. La mère, en larmes et n’osant pas regarder les personnes qui assistent à la scène ramasse les paquets et les remets sur le rayonnage … sans oublier d’ajouter 2 paquets à ses courses ! Elle s’excuse auprès de la caissière pour la colère de son mari, paie et s’en va la tête basse. Tout dans son comportement physique indique la honte qui l’envahit ainsi que le désarroi.

Face à cette scène, d’autres scénarios auraient été possibles. Lesquels à votre avis ?

Dans la situation, auriez-vous contenu vos réactions face à la crise de l’enfant ? Auriez-vous laissé sortir comme cela venait la moutarde qui vous montait au nez ? Ou pensez-vous que vous auriez réussi à gérer toutes les émotions qui montaient en vous ?

La dernière solution vous paraît sans doute celle qui aurait été la bonne et vous avez raison. Mais voilà, lorsque cela arrive, c’est souvent celle que l’on ne prend pas.

Gérer ses émotions, un chemin à vivre

Face à un évènement qui touche la personne ou lorsqu’elle vit certaines situations, sa sensibilité, son corps, réagit. Cette réaction est le signe de l’émotion. La laisser se vivre dans sa manifestation peut livrer de précieuses indications pour découvrir ce qui apporte joie, bonheur ou malaise, appréhension …

Ces réactions, nous pouvons les canaliser ou les laisser exploser. Canaliser ne veut pas dire ignorer, mais agir autrement que sous la pulsion.

Lorsque l’émotion est ressentie, il est alors possible de la nommer. Par exemple : « Je commence d’être énervée par les caprices de mon fils ». Ou ne pas la nommer car il est difficile d’accepter de reconnaître que ce caprice d’enfant nous met dans une attitude d’énervement. Ainsi est refoulé ce qui l’a provoquée.

Nommer, accepter le fait d’être énervé est un premier pas. Le deuxième est de l’exprimer (il n’est pas ici question de se laisser aller à l’énervement, ce qui serait l’inverse du résultat recherché. Se laisser aller dans l’impulsion s’apparente plus à un défoulement stérile). Ne pas l’exprimer par peur de ce qui pourrait arriver ou par peur de blesser l’enfant, c’est se refuser le droit de l’expression. Inconsciemment, l’énervement se dira d’une manière ou d’une autre.

Lorsque l’énervement est nommé, il est alors possible, de regarder de quoi il est fait, ce qui l’a provoqué, le pourquoi, la raison.

Ces différentes actions sont importantes. Reprenons-les :

  • Nommer, c’est donner un nom à l’émotion : Enervement ; colère ; patience mise à dure épreuve ; à fleur de peau ; etc.
  • Accepter, c’est reconnaître que ce caprice est insupportable en ce moment précis.
  • Exprimer, c’est agir de manière ajustée à la situation. Dans la situation décrite, la maman aurait pu se mettre à la hauteur de l’enfant et lui dire que son comportement l’énervait, qu’elle comprenait que ces friandises lui faisaient envie, mais qu’il y en avait encore à la maison et de lui demander s’il était d’accord d’attendre avant d’en manger.
  • Regarder, c’est revenir, lorsque tout se sera calmé, le pourquoi cette sensation d’énervement. Cela permet de se rendre conscient de ce qui, à l’avenir, peut provoquer ce genre de réaction. Avec le temps, la réaction émotionnelle perdra de sa densité. Agir de cette manière permet d’avancer dans la connaissance et la gestion des émotions.

Petit exercice

Je vous propose à présent de regarder ce qu’il en est pour vous dans différentes situations de votre vie :

Mes émotions reliées à des croyances :

  • Qu’est-ce que je ressens tout au fond de moi ?
  • Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour ne pas me laisser submerger par ces émotions ?

Mes émotions reliées à des conflits intérieurs :

  • Quel est le conflit intérieur suis-je en train de vivre ?
  • Y a-t-il une autre manière que je pourrais vivre pour ne pas laisser mes émotions prendre le dessus ?

Mes émotions reliées à des besoins, des attentes :

  • Quels sont les besoins, les attentes qui auraient demandé une attention des autres ou de moi-même ?
  • Comment puis-je gérer les émotions sous-jacentes ?

Mes émotions liées à la fatigue :

  • Si mes émotions sont liées à la fatigue, qu’est-ce qui me fatigue ?
  • Comment puis-je réagir lorsque cela m’arrive ?

Mes émotions liées au stress :

  • Quels sont les sentiments que je vis alors ?
  • Qu’est-ce que cela me demande de changer dans ma vie ?

Ok, ce n’est pas un petit exercice. Aussi, ne vous prenez pas la tête en essayant de répondre tout de suite à toutes les propositions, mettez simplement ces pistes de côté, pas trop loin de vous. Vous les reprendrez lorsque vous serez face aux situations.

Bonne route à vous et à bientôt.

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Publié dans coaching émotions

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