Nos croyances et les émotions qui vont avec

Publié le par Madeleine Moreau

Tout dépend du comment nous regardons ...

Des croyances, nous en avons tous et toutes. Récoltées tout au long de notre vie, certaines se sont enracinées dans notre enfance, elles nous poursuivent tant que nous ne les avons pas décelées.

Ces croyances nous font vivre des émotions qui n’ont aucun lien avec la réalité du moment. Cela veut dire que c’est notre réaction intérieure qui va donner naissance à l’émotion.

Voyons cela de plus près :

Si vous avez un besoin d’amour, de reconnaissance, de richesse ou de sécurité, il se peut que vous vous disiez : « Je ne peux pas ; ce n’est pas pour moi ; je ne suis pas capable ; je n’y arriverai jamais ; je n’y crois pas ; c’est impossible ; je ne peux pas tout avoir ; je peux vivre sans ; etc. » Pourquoi avez-vous ce genre de réactions ? Il se peut que vous ayez appris que c’était mal de vouloir le beurre et l’argent du beurre … Il est possible que face à l’une de vos capacités vous ayez été victime d’une non-reconnaissance … Il est tout aussi possible que vous ayez été brimé dans plusieurs aspects de votre personnalité. A partir de là, vous vous êtes forgé une idée, un principe ! Votre première réaction est de vous défendre, généralement en reniant ce qui vous semble évident ou bon pour vous. L’émotion s’ensuit : désillusion ; peur ; retrait ; tristesse ; abandon ; perte d’équilibre ; etc. Nous pouvons alors parler de croyances restrictives car elles vous empêchent de ressentir des émotions qui seraient en lien avec la réalité du moment.

Pour bien comprendre ce phénomène, je vous partage mon expérience :

J’ai grandi dans un environnement rural, un tout petit village à 1000m d’altitude. Les habitants étaient, pour la majorité, de petits agriculteurs et faisaient des petits boulots pour joindre les deux bouts. J’ai toujours entendu que nous faisions partie des petites gens, que je ne pouvais être qu’une petite ouvrière.

Vous remarquerez que j’emploie souvent le mot « petit ». Et c’est ce simple adjectif qui a forgé une croyance très forte en moi. Résultat, dès que je réussissais quelque chose de bien, dès que je me mettais à rêver à avoir quelque chose de plus, j’étais systématique

ment remise à ma place. Puisque je faisais partie d’un monde de « petits », je ne pouvais pas espérer avoir plus que les autres. J’ai commencé à croire que si je recevais plus que je ne l’espérais, je serais condamnée, jugée, méprisée. Non, je n’exagère pas !

J’avais des rêves plein la tête, mais les réaliser, c’était, je le croyais, prendre le risque de me casser la figure, puisque ce n’était pas pour moi. Mes envies, mes aspirations, je les vivais au compte-goutte, surtout ne pas trop en faire, ne pas dénigrer mon milieu.

Une croyance qui me persuadait, également, que si je me sentais heureuse, cela n’allait pas durer. Les petites gens ne peuvent pas être heureux, ils souffrent en silence, ils suent sans rien dire, c’est leur destinée !

Savez-vous ce que je faisais alors ? Je me punissais d’avoir eu envie de réussir, de côtoyer des personnes qui avaient un titre social, de réussir ce que j’entreprenais. Je me punissais en freinant le dynamisme de vie qui était en moi, en me moulant dans une attitude de « servante », c’était ce qu’on attendait de moi.

Lorsque quelque chose de bien se présentait à moi, je commençais par le refuser, le nier, le repousser. Je ne pouvais pas croire qu’il m’était possible de vivre autrement que ce que j’avais toujours connu. J’étais persuadée que j’allais le repayer d’une manière ou d’une autre. Je cultivais les émotions négatives … surtout … ne pas me sentir heureuse …

Cette croyance, je lui ai tordu le cou. La vie me donnait tellement plus que ce que j’aurais pu espérer que j’ai commencé à me dire que me sentir heureuse, c’était, en fin de compte, pas si mauvais. En accueillant le bonheur dans ma vie, j’ai décuplé mes potentialités, j’ai osé réaliser mes rêves, je suis allé au bout de mes aspirations, j’ai cassé tous les murs qui me tenaient prisonnière, je ne me suis plus considéré comme petite. J’ai semé à tout vent mes émotions positives et plus je semais, plus je récoltais des fruits délicieux dans mon jardin secret.

Vous pensez que cela s’est fait tout seul ? Que non, il y a, en amont, plusieurs années de thérapie. Il fallait que je démonte le mécanisme qui me maintenait dans une petite place pour le remplacer par le droit de vivre ce qui m’était donné. J’ai appris à ne plus accepter de sourire quand on me marchait sur les pieds ou lorsque l’on tentait de me maintenir à « ma » place.

Ce que vous pouvez retenir

Les croyances restrictives ne sont pas seulement responsables de nos peurs, inquiétudes, hésitations et incertitudes, elles déterminent également la réalité dans laquelle nous vivons et cette réalité confirme nos croyances.

Les croyances nous font vivre et revivre toujours le même problème. Elles nous limitent dans nos capacités, freinent nos élans de vie, bloquent notre désir de réussir.

Comme si cela ne suffisait pas, elles en arrivent à influencer la perception que nous avons de notre environnement humain, des événements. Cette influence s’accompagne d’une multitude d’émotions négatives.

Pour avancer

Avez-vous envie de tordre le cou à certaines croyances qui se dressent devant vous ?

Voici l’exercice que je vous propose :

  • Aujourd’hui, quelles sont les croyances restrictives que je vis encore ?
  • Qu’est-ce que cela apporte dans ma vie ?
  • Les quitter serait-il un risque ?
  • Que puis-je faire dans un premier temps ?

La dernière question est très importante. Elle va vous permettre de prendre conscience que vous n’avez pas la responsabilité de cultiver ces croyances, que vous pouvez vous en défaire, à condition, bien sûr, d’y mettre vos forces et vos ressources.

Bonne réflexion et à bientôt.

Vous trouvez ce blog intéressant ?

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Publié dans coaching émotions

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