C’est arrivé …

Publié le par Madeleine Moreau

Un petit bond en arrière, dans les années 70 …

Je travaillais alors dans l’horlogerie, pas celle que nous connaissons aujourd’hui.

Les montres à quartz commençaient juste à faire parler d’elles et cette nouvelle technologie allait complétement – enfin presque – changer le profil de ce que je savais faire. Si un illuminé avait dit que ce n’était que les prémices de la montre connectée, celle qui allait afficher nos messages, calculer notre pas, surveiller notre rythme cardiaque et bien d’autres choses, pas de doute, il aurait terminé sa vie à l’asile !

Il y avait la montre mécanique, celle que l’on remontait le matin pour avoir l’heure toute la journée et il y avait une grande nouveauté, la montre automatique, il suffisait de bouger le poignet pour qu’elle se remonte toute seule … vous pouvez rire, mais cette invention était un pas de géant dans la nouveauté.

La première, la mécanique avait l’avantage d’avoir un boîtier mince, ce qui en faisait un petit bijou, l’autre, l’automatique, avait un boîtier épais, donc moins de finesse, moins de valeur aux inconditionnels qui ne voyait aucun avenir dans ces montres à l’aspect « costaud » …

Est arrivé l’ère du quartz, une révolution, une bêtise humaine, une aberration …

En quelques mois, tout ce que nous avions appris ne servait plus à rien. La production n’était plus la même, les gestes étaient différends, les prix se faisaient dérisoires et, cerise sur le gâteau, des métiers disparaissaient, en particulier celui des régleuses, pour ouvrir l’avenir à d’autres métiers, d’autres manières de faire.

A cette époque, j’étais militante dans un syndicat et je peux vous dire que je trouvais les moyens pour partir manifester contre ce changement qui risquait tout simplement de me priver de mon activité professionnelle. La montre à quartz, nous n’en voulions pas car elle menaçait les emplois, allait donner notre gagne-pain aux chinois ou aux japonais, allait détruire un savoir-faire ancestral et, surtout, une coutume instaurée depuis des lustres. Il faut dire qu’il était courant pour les mères de familles de travailler chez elles, les agriculteurs profitaient de ce travail à domicile pour mettre du beurre dans les épinards. Tout cela allait disparaître et nous précipiter dans une pauvreté encore plus grande.

Il fallait sauver l’horlogerie …

La nouveauté était en route et elle n’était pas près de s’arrêter.

Face à elle, des patrons se sont retrouvés au bord du fossé. Soit, ils prenaient le virage, se mettaient à la production de la montre en quartz, ce qui voulait dire qu’ils allaient devoir changer tout une manière de faire, licencier plus de la moitié de leurs ouvriers, trouver d’autres marchés, entrer dans une reconversion de leur production.

Certains ont essayé de tenir bon, de garder une production uniquement mécanique et automatique. En quelques années, ils ont fait faillite. D’autres ont opté pour la nouveauté, gardant une petite part de ce qui était de l’ancien et une plus grande part dans la nouveauté. Ils ont survécu en passant par le chômage partiel, le chômage total, une baisse de leur chiffre d’affaire. Pour vraiment s’en sortir et tenir bon face à la crise, ils se sont alliés à de plus grandes firmes. Les petites entreprises d’horlogerie se sont perdues dans une masse de plus en plus présente : les multinationales.

En une décennie, le profil de l’horlogerie tel que je l’ai connu a disparu !

Aujourd’hui je retrouve ce qui fut, une petite partie de ma vie, encore présente dans les musées.

Demain, regarderons-nous le monde comme la nostalgie de ce qui fut ...

2020

Un tout petit virus a fait son apparition.

Cinq mois déjà, peut-être six ou sept, tout dépend du comment l’on compte et c’est l’humanité qui se trouve dans le schéma que je viens de vous narrer.

Bien sûr, il n’est plus question de cette petite chose que l’on porte à notre poignet, mais de tout ce qui constituait nos habitudes de vies, nos zones de confort, nos courses vers toujours plus, nos questionnements face à l’avenir.

Nous nous retrouvons, chacun, chacune, dans la peau d’un chef d’entreprise, à nous demander comment nous allons sortir de cette crise, comment nous allons pouvoir réinventer un monde qui, nous le pressentons, ne sera plus comme avant.

Nous gardons le sursaut de croire que tout peut redevenir comme avant, tout en prenant conscience que cette probabilité est faible. Nous espérons retrouver une économie florissante et nous voyons nos PIB chuter vertigineusement. Nous avons conscience que nous devons produire plus localement mais ne sommes pas prêts à faire des concessions sur nos avoirs.

Le monde de demain m’apparaît, pour l’instant, en ébauche de reconstruction. Plusieurs défis seront à relever, nous y arriverons ou pas …

Et si vous preniez quelques minutes pour y penser ?

A bientôt !  

La vie après le covid19

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Qui sait, vous pouvez peut-être éclairer sa journée »

 

Publié dans Les jours d'après

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