A en perdre son latin

Publié le par Madeleine Moreau

Elle est là, plus forte ou moins forte, plus dévastatrice ou pas, plus virulente ou tout aussi contagieuse … la deuxième vague.

Si la première nous laissait à penser qu’elle n’allait toucher que les gens des villes, les personnes qui s’en foutaient ou n’y croyaient pas, les endroits qui attiraient comme des aimants les fêtards d’un soir, celle-ci vient effleurer et, bien souvent, dévaster nos cercles proches.

Avant, au printemps, le cercle était vaste : une région, un département, un canton … avant de s’élargir à un pays, un continent, puis un autre … Pour la contenir, une seule solution : la fermeture des frontières terrestres e aériennes. Normalement, cette première vague aurait dû disparaître !

Ils l’avaient dit, ils l’avaient crié. Dans toutes les langues, de multiples manières, une deuxième vague va nous toucher.

Il y a eu les longues soirées d’été, certaines ont été tropicales. L’eau des rivières, des lacs, des mers se sont réchauffées, attirant des foules d’humains venus se rafraîchir au plus haut de la canicule. Si les distances étaient plus ou moins respectées, les contacts se sont faits plus proches dans les boîtes de nuit, sur les terrasses ou dans les squares.

On en parlait, on se remémorait les difficultés rencontrées pendant le confinement, on refaisait le monde … celui qu’on espérait vite retrouver après la pause estivale.

Ils disaient qu’une deuxième vague pouvait arriver, qu’elle allait arriver. Elle semblait si loin …

Les gestes barrières se sont volatilisés avec la reprise du travail, les contacts se sont renforcés au sein des familles, les rencontres sportives ont tenté de reprendre leur place. Les restaurateurs se sont adaptés à de nouvelles règles, les commerçants ont suivi, les artisans ont repris espoir.

Tout semblait se mettre sous contrôle. Il y avait bien, ici ou là, de petites flambées. Pas bien méchant, faut bien l’avouer … 10 nouveaux cas détectés … 20 … 50 … 100 … les jours suivants. Une misère comparée aux millions d’habitants ! Vite très vite, ce fut 1000 … 5000 … 7000 … Bon, ça devenait grave, mais y’avait encore de la marge. Le pic de la première vague se situait encore loin, très loin.

Les chiffres se sont multipliés, là-bas dans les villes, dans le pays voisin. Les chiffres sont arrivés dans les campagnes, dans les régions qui avaient été épargnées lors de la première vague. Ils se sont, à leur tour, multipliés. Les ondes se sont resserrées. La deuxième vague s’est installée.

Les hôpitaux se remplissent. Tout le personnel de la santé s’est retrouvé sous pression, la peur au ventre à la pensée qu’il allait devoir passer au tri, à savoir qui peut être sauvé ou pas.

Les restaurants ferment à nouveau, les magasins proposant de la marchandise non essentielle baisse le rideau, les terriens sont invités à vivre la journée pour permettre à l’économie de rester debout et à dormir la nuit. Les frontières restent ouvertes car, nous l’avons vu, la première vague ne s’est pas laissée impressionnée par l’interdiction de franchir les barrières posées.

La deuxième vague est là. Elle s’insère dans nos relations proches. Qui n’a pas un/e collègue, des amis/es proches, de la famille qui ne passe pas par la case quarantaine ?

Vient alors une question qui n’apporte, pour le moment, pas de réponses : « Comment est-ce que cela va évoluer ? »

Des prototypes de vaccins, des traitements médicamenteux sont en phase 3 dans plusieurs pays. Qui va gagner ? Le placebo ou l’essai clinique ? Quand y aura-t-il un traitement efficace – parce que nous ne pouvons nous résoudre à penser qu’il n’y en aura pas – sera-t-il sur le marché ?

Devrons-nous vivre encore des mois, des années, sans serrer dans nos bras les personnes que nous aimons ? Faudra-t-il continuer de se tenir à distance, le masque sur nos lèvres pour dire adieu à ceux et celles qui s’en vont ?

Plus de personnes contaminées par le virus ce sont aussi plus de personnes qui acquièrent des anticorps sensés les protégés d’une nouvelle contamination. Là, ce n’est pas gagné car rien n’assure qu’ils le sont pour les formes qui continuent de muer. Protégés par la souche qui les ont atteints, peut-être pas pour la souche qui circule cet automne, différente qu’elle sera au cœur de l’hiver.

Une chose est sûre : Si nous baissons la garde, si nous ne prenons pas au sérieux les gestes barrières, si nous n’abaissons pas le nombre de nos contacts, si nous passons à côté des recommandations pour vivre notre droit à la liberté individuelle, la deuxième vague laissera sa place à une troisième, à une quatrième … Et la grippe espagnole ne sera plus qu’un petit point sur la carte des pandémies qui a ravagé notre monde.

Y penser de temps en temps peut nous aider à faire attention dans notre aujourd’hui et à préparer nos lendemains sous de meilleures augures.

A bientôt !

« Si cet article vous parle, pourquoi ne pas le partager à votre tour ?

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Qui sait, vous pourriez peut-être éclairer sa journée »

Publié dans Coaching

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