Ça veut dire quoi : « Penser à soi » ?

Publié le par Madeleine Moreau

Quand le besoin de retrouver sa liberté passe par la nécessité de commencer à penser à soi

 

D. est arrivé sur l’un de mes articles édité en juillet de l’an dernier.

Je parlais de l’égoïsme positif et de la nécessité de penser à soi.

Son SOS arrivé grâce à la page contact me donne l’occasion d’en dire un peu plus sur ce que veut dire : « Penser à soi »

plume et sable

Je veux retrouver ma liberté, penser à moi

Une petite phrase qui fait mal, qui jette un froid, qui instaure une distance immédiate entre les autres, l’autre et, soi.

Une petite phrase qui peut être prononcée au moment où la rupture se dessine plus clairement.

Ou, encore, lorsque le sentiment de faire toujours les choses pour les autres devient trop lourd, lorsqu’il y a cette prise de conscience de faire passer les autres avant nos propres besoins.

C’est un cri qui monte alors du profond de soi : « J’ai besoin de retrouver ma liberté, je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus où est ma place, je dois apprendre à penser à moi. »

Un cri salutaire dans la plupart des cas.

L’autre, les autres, ne comprennent pas toujours cette réaction

Difficile en effet de comprendre cette réaction.

Plus difficile encore de se faire une idée du pourquoi l’autre a besoin de retrouver sa liberté.

Lorsque nous donnons le maximum de nous-mêmes, lorsque nous sommes engagés pleinement dans quelque chose, nous rayonnons une certaine joie, un certain bonheur de vivre. Alors, pourquoi, soudain ce besoin de trouver plus d’espace ?

D’autant plus difficile à comprendre lorsque cela se passe au sein d’un couple qui vivait une relation amoureuse « parfaite ».  Soudain, l’autre annonce qu’il a besoin de retrouver sa liberté, de penser à lui, à elle.

Ce qui se passe, et ce qu’il faut entendre, c’est que l’autre a le sentiment d’être prisonnier de quelque chose, prisonnier d’une certaine manière de vivre, prisonnier dans son être et qu’il aspire à trouver le sens de sa vie.

Quelque chose se déchire alors en lui. Il éprouve le besoin de « s’évader », de quitter la relation ou le groupe pour se retrouver.

Pourquoi cette envie de : « Penser à soi » ?

Nous avons tous et toutes été, d’une certaine manière, programmés pour penser aux autres avant de penser à nous.

Notre éducation, notre apprentissage dans la vie sociale, nous conduit à faire les choses, pas pour nous, mais pour les autres.

Ainsi, une maman apprend à faire à manger pour ses enfants, pour son mari, pour les amis … quand fait-elle à manger pour elle ?

Un compagnon, une compagne fait des choses pour l’autre, pour qu’il, elle soit heureux/se, au risque de laisser de côté ses propres besoins.

Un carriériste conduit sa carrière pour le bien de l’entreprise qui l’a engagé, pour le bien de la société, rarement pour se réaliser en premier.

Bien des personnes s’engagent dans une association pour venir en aide, pour apporter leur soutien, pour « sauver » le monde, etc … et ne prennent plus le temps de penser à elle.

Bien sûr, il y a en cela un épanouissement possible … HEUREUSEMENT … un sentiment très fort d’exister … POUR L’AUTRE, AVEC L’AUTRE …

Et cela peut durer une vie entière.

Cependant, lorsque le besoin de retrouver sa liberté se ressent de plus en plus, il est accompagné par le besoin d’apprendre à penser à soi.

Cela passe, inévitablement, par une étape de rupture. Rupture avec l’autre, rupture avec une manière de vivre qui paraissait « normale », rupture avec ce qui constituait une zone de confort.

C’est une évasion pour quitter ce qui nous tient prisonnier.

Une prison qui est différente pour chacun, chacune. Une prison dans laquelle nous nous sommes nous-mêmes enfermés.

Vivre alors l’apprentissage de penser à soi pour devenir libre.

Comment vivre cet apprentissage ?

Ø Vous mettre à l’écoute de vos besoins

Il y a, souvent, un cliché, une croyance qui est inscrite au plus profond de nous, celle qui nous dit que ce n’est pas bien de vivre selon nos désirs. (Un désir peut être un besoin)

Cela conduit à ne pas être à l’écoute de nos besoins et de faire passer les besoins de l’autre en premier.

Cela peut conduire à faire les choses, AVANT TOUT, pour l’autre, pour préserver une bonne entente, pour se sentir reconnu/e, aimé/e, apprécié/e.

Répondre en priorité aux besoins de l’autre sans écouter vos besoins, c’est vous interdire de goûter à votre liberté.

Ø Faire des choses qui vous plaisent, qui ouvrent votre espace intérieur

Combien de fois avez-vous mis de côté vos aspirations parce que l’autre n’a pas les mêmes ?

C’est quelque chose de très courant : l’autre n’aime pas visiter un musée, vous aimez l’art et vous n’allez pas visiter une exposition parce que ça ne plaira pas à l’autre. Agir ainsi, c’est vous mettre en prison !

Donc, apprenez à faire des choses qui vous plaisent … même si vous êtes en couple … ou si vous avez toujours cherché à vous  

Ø Ayez vos opinions, vos idées personnelles

Se rallier à l’opinion, aux idées des autres, c’est confortable.

Cependant, vous avez le droit d’avoir une opinion différente, d’avoir des idées qui vous sont personnelles.

Oser les affirmer vous apporte des bénéfices précieux : Vous consolidez votre confiance, vous entrez dans une affirmation et une estime plus grande de qui vous êtes, vous vous sentez exister à part entière.

Se rallier à l’opinion, aux idées des autres c’est emprisonner votre créativité et votre regard sur le monde.

Ø Apprivoisez la peur de la solitude

Commencer à penser à soi c’est rompre avec une certaine manière de vivre adoptée jusqu’à présent.

C’est un peu vous retrouver dans un nouvel espace sans forcément avoir le mode d’emploi ou le guide qui vous dit comment faire, quoi faire.

Il y a un moment de solitude qui peut être plus ou moins intense, plus ou moins angoissant et qui va conduire à une rupture d’équilibre, qui va conduire à ce que vous trouviez par vous-même comment remplir autrement vos journées.

Ne faire les choses que parce que les autres existent, c’est enfermer votre droit d’exister dans une prison dorée.

Ø Renouez avec vos rêves, vos centres d’intérêts

Il y a sans doute en vous des aspirations que vous avez mises de côté. C’est le moment de leur donner le droit de se manifester à nouveau.

Il y a peut-être des rêves que vous avez mis de côté parce que cela vous semblait impossible à vivre. Aujourd’hui vous pourriez avoir comme objectifs de les réaliser.

Vous avez sûrement des centres d’intérêts que vous avez effacé parce qu’ils ne vous permettaient pas d’y consacrer tout le temps qu’il aurait fallu. C’est le moment d’y revenir et d’en faire le tour, de voir quels sont ceux qui vous apporteraient un sentiment de liberté, de réalisation personnelle.

Vous avez là quelques pistes précieuses pour apprendre à penser à vous. Quand allez-vous commencer ?  


 

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Mira 06/09/2013 08:05


j'ai connu une personne qui a choisie la "politique des petits pas" qui a bien marchée pour elle. quand elle avait besoin de penser à elle, elle s'est pris un après-midi "congé" des corvés qui
l'écrasaient de temps en temps, quand la famille a vu qu'elle était de meilleur humeur le soir,elle a accepté ces congés de mieux en mieux sans la regarder "de côté", et cela lui a donnée la
force par la suite de ne pas toujours accepter de participer à tout avec tous, sans devoir rompre de manière brutale et susciter de l'incompréhension autour d'elle. a plus long terme elle ainsi
réussie à amener de l'air frais dans l'engrenage des relations etouffants et cela a permis aussi a d' autres de vivre plus librement les relations sans tout casser.

Madeleine Moreau 06/09/2013 09:59



Bonjour Mira,


Quel beau témoignage que celui-là. La politique des petits pas, oui c'est bien ainsi qu'il faut commencer. Ce n'est pas la plus facile, elle a cependant, plus de chance de réussir.


Comme tu le dis si bien, savoir penser à soi permet de se sentir de meilleure humeur, mieux dans son corps et dans sa tête, et, en fin de compte, de pouvoir donner plus de soi aux autres par la
suite.


Tout bon week-end à toi.


Madeleine