Il est possible de trouver un sens à votre vie même si vos besoins d'enfant n'ont pas été entendus

Publié le par processuscroissance--blog.com

Les personnes qui n’ont pas reçu de réponse à leurs besoins d’enfant peuvent-elles trouver un accomplissement à leur vie ?

Sont-elles prisonnières d’un espace où la liberté, le déploiement de leur potentiel leur est interdit ?

 

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La pyramide de Maslow pourrait bien vous conduire à ces affirmations et nourrir vos croyances.

Nous avons tous et toutes notre propre histoire. Certaines sont un peu plus dramatiques que d’autres. Mais, est-ce une raison pour mettre les personnes selon leur vécu dans des catégories ?

C’est pourtant, ce qui s’est souvent produit il y a de cela pas loin d’une trentaine d’années. C’est encore le cas aujourd’hui, notamment en ce qui concerne les enfants et adolescents que l’on juge en rupture d’insertion.

Vont-ils, oui ou non, pouvoir accéder à leur accomplissement personnel ?

Mon histoire pourrait être classée dans les « pas marrantes » … Que pouvait-on attendre de moi ? Pas très intelligente, pas très douée, venant d’un milieu où, comme on disait à l’époque, il ne peut pousser que de la mauvaise herbe, je ne pense pas me tromper en disant qu’il n’y pas beaucoup de personnes qui auraient pensé que je pourrais réaliser ma vie.

Les besoins essentiels à la croissance de l’enfant ont quelque peu été oubliés dans ma corbeille de naissance. J’ai grandi comme il m’était possible, comme cela était possible à l’époque, c’est-à-dire en passant à côté de bien des apprentissages et en me faisant une idée bien précise de ce que devrait être la vie si tout était normal.

Je ne suis pas un cas unique. J’ai rencontré des dizaines de personnes qui portent en elles des blessures d’existence importantes. Elles donnent le meilleur d’elles-mêmes, elles apportent autour d’elles cette étincelle de vie qui change tous. Elles ont trouvé le chemin de leur accomplissement.

"Toutes ces personnes pourraient être l'écho des découvertes et des observations menées par Boris Cyrulnik, le célèbre médecin neurologue et psychiatre, connu pour ses études sur le comportement humain et le développement du concept de "résilience", un nom métaphorique qui désigne la capacité des personnes ayant subi un traumatisme à "rebondir" et à surmonter leur souffrance. La résilience, dit-il, est facilitée par certaines facultés acquise dans l'enfance, comme le sentiment d'être aimé, et par des soutiens après l'expérience traumatisante, notamment la possibilité de parler de son traumatisme.

Pour Boris Cyrulnik, la souffrance n'est pas une fatalité et peut même devenir un "merveilleux malheur" en incitant la personne à se tourner vers différentes issues possibles, comme l'engagement affectif, intellectuel, social ou la créativité artistique. Les personnes traumatisées peuvent s'en sortir et reprendre le cours de leur vie, (ndr/ certaines s'en sortent après s'être rendues au bord de la rupture et avoir, à ce moment crucial, choisies de vivre). Il est bon cependant de souligner que les traumatismes psychiques et les blessures émotionnelles les plus graves : deuil, viol, torture, attentat, déportation, guerre ... ne sont pas réversibles mais ils sont du moins réparables et ne doivent pas inciter l'entourage à enfermer les personnes concernées dans le rôle de victimes." Source : http://www.gralon.net/articles/sante-et-beaute/medecine-douce/article-boris-cyrulnik-453.htm 

Ma manière de rebondir était très simple.

Il y avait la nature où j’allais me réfugier. Une nature que j’apprenais à connaître, à découvrir et j’avais une capacité incroyable à faire un lien avec les choses de la vie. Une ortie par exemple m’apprenait qu’il y avait des gens qui pouvaient apparaître comme « bons », « doux » mais qui piquaient méchamment qu’en on s’en approchait.

Le petit ruisseau qui coulait à la sortie du village débordait fréquemment à cause des branchages, des cailloux qui obstruaient la grille posée devant le tunnel construit sous la route pour éviter que celui-ci ne se bouche par les détritus. J’apprenais ainsi que lorsqu’un barrage se forme, l’eau ne peu plus couler et ce qui a été construit pour justement éviter le débordement, ben, c’est exactement ce qui se passe !

Je rebondissais également en me réfugiant dans un monde que je me construisais grâce à la lecture, l’observation du monde des adultes, le rêve…

A l’adolescence, j’ai pris le chemin de la descente aux enfers, tout me poussait à donner raison à tous ceux qui ne me donnaient aucune chance de faire quelque chose de ma vie.

J’étais sur la bonne route pour donner, une fois de plus, raison à ceux qui disaient que l’avenir ne pouvait que ressembler au modèle familial.

… et, je m’en suis sortie. Je réalise ma vie, je donne forme à mes aspirations, je me sens pleinement en chemin d’accomplissement personnel. Ai-je pour été obligée de gravir auparavant les autres échelons de la pyramide de Maslow ? (l’accomplissement de soi étant le dernier échelon) 

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Non, il ne faut pas avoir "rempli"  ou "gravi" tous les autres échelons de la pyramide pour commencer à se réaliser. Heureusement ! 

Même en portant en vous des blessures importantes, c’est important de le souligner, vous pouvez vous tourner vers ce que vous percevez comme but à votre vie, aller dans le sens de ce qui donne du sens à votre vie.

Tous les enfants maltraités ne deviennent pas à leur tour des maltraitants ... de même, tous les enfants qui n'ont pas eu la chance d'avoir un environnement humain favorable ne deviennent pas des sans-abris ...

La majorité d'entre eux ont changé leur réalité de départ pour construire sur des bases solides. Ils ne sont pas restés dans une sphère égocentriste les maintenant dans le rôle de victime mais se sont ouverts à une autre dimension que je nomme "universelle", "transcendante".

L'être humain porte en lui cette capacité incroyable qui le conduit vers le besoin de s'épanouir dans le noyau de l'humanité. Cette capacité surgit du "moi profond" et peut permettre à la personne de se déployer dans ce qui la caractérise personnellement.

C'est ainsi que certaines personnes progressent vers leur accomplissement.

Elles apprennent toujours plus, développent des compétences pour des actions précises.

D'autres sont conduites à créer, à inventer.

D'autres encore s'engagent dans une vie plus intérieure ...

Si vous avez dans votre entourage, des jeunes, des adolescents qui laissent présager qu’ils ne feront rien dans la vie, que ce ne sont que des bons à rien, des incapables du minimum de savoir vivre, ne les condamnez pas.

Si vous avez appris que la vie adulte continuera le modèle reçu enfant, pensez qu’il y a plus d’adulte qui ont su créer autour d’eux un monde humain que ceux qui, effectivement, passent leur vie à reproduire ce qu’ils ont vécu enfant.

Si on vous a dit que le développement personnel c’était pour ceux qui avaient des problèmes, posez-vous la question : « puis-je dire que je m’accomplis dans ce que je vis, dans ce que je réalise ? » Pas besoin d’avoir eu des problèmes ou d’en avoir encore pour être en quête d’accomplissement.


Tous les articles précédents où il est question des besoins :

De quoi avez-vous besoin ?

Vivre ou survivre

Avoir peur avant que ça n'arrive

Personne ne m'aime

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