Ces petites choses qui nous freinent et nous empêchent de donner le meilleur de nous.

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir bloqué/e face à une situation alors que vous aviez l'impression de maîtriser votre sujet ?

Un peu comme l'étudiant, qui connaissant bien sa matière, se retrouve la tête vide, les jambes flageolantes, face à l'examen oral.

Pas besoin d'être devant un examen pour ressentir cela. Un rendez-vous important, une sollicitation, une prise de position face à un groupe, autant de situations qui peuvent soudain être déstabilisantes, voir, paniquantes.

Il y a en nous des montées d'adrénalines ou d'angoisses qui peuvent agir subitement dans le sens inverse de ce que nous cherchons à atteindre. A première vue, ce n'est pas catastrophique, cela le devient dans le ressenti intérieur. D'une personne qui apparaissait pleine de confiance, nous nous retrouvons dans l'inverse.

Combien de fois ai-je observé ce phénomène chez des personnes qui semblaient maîtriser leur domaine ... que ce soit un médecin, un garagiste, ou la voisine. Et, de mon côté, également, j'ai vécu ces situations.

Il y en a une dont je me souviens. C'était juste avant de donner une conférence. Je ne suis pas forcément douée pour cela, mais je maîtrise bien le sujet, de plus, je sais de quoi je parle et je venais de passer une semaine à peaufiner mon intervention, à mémoriser les points importants. Je m'étais préparée pour regarder le public plus que mes notes, j'avais trouvé le moyen de me raccrocher à mon sujet grâce à une présentation power-point du tonnerre.

Soudain, quelques minutes avant, j'ai été prise dans un vertige impressionnant. Celui-ci n'avait aucune cause apparente, il ne pouvait pas venir d'une baisse de tension ou d'un manque de sucre.

Ce vertige ... je ne vais pas réussir, je vais bégayer, je ne vais pas pouvoir tenir les 90' qui me sont donnés, etc ... En quelques secondes, j'ai construit un film catastrophique dans ma tête. Le pire, c'est que le film devenait une réalité incontournable ...

Je me retrouvais soudains confrontée à une nouveauté, une sorte d'examen de mes compétences, avec cette sensation désagréable qu'on m'attendait au contour.

Et c'est bien selon le film construit dans ma tête que j'ai commencé ma conférence ... j'ai bégayé, mon regard allait dans tous les sens, ma respiration était en saccade ... je ne savais plus par où commencer.

Il y avait 3 diapositives, 3 images qui introduisaient la 1ère partie. C'était quelques secondes. Juste le temps nécessaire pour que j'aille chercher au plus profond de mon ventre une autre respiration, pour que je régule mes pulsations, pour que je me sente debout, mes deux pieds sur le sol. Quelques secondes qui ont permis à l'angoisse de se dissiper.

J'ai donné ma conférence aussi bien que cela m'était possible. Ce ne fut pas réellement une réussite, mais si les organisateurs m'ont demandé si j'étais d'accord de la redonner l'année suivante, ce ne devait pas être si mauvais que ça. Je pouvais m'améliorer.

 

Par la suite, je suis revenue sur cet épisode. J'avais besoin de comprendre ce qui s'était passé, et de détecter la cause, l'origine de mon vertige. J'ai ainsi retrouvé un épisode traumatisant remontant à l'école. Le prof nous avait questionnés sur un sujet que nous n'avions pas étudié. Si toute la classe a eu une note dévalorisante, face à mes parents, je n'ai pas eu gain de cause ... un prof ne se trompe jamais et si il y avait eu une interro, c'est que nous avions étudié le sujet ... point final ! 

Oui, point final, jusqu'à ces moments où j'expérimente quelque chose de nouveau ...

 

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Sans être dans la même situation que celle que je décris, vous connaissez peut-être ces moments où soudain, vous vous faites un film dans votre tête.

En psychologie, nous appelons cela une réaction disproportionnée. C'est une perte de maîtrise face au réel, une déformation du réel.

Une réaction disproportionnée est, généralement, en lien avec un épisode traumatisant de notre histoire. Celle-ci se réactive dans notre vie quotidienne à chaque fois que nous nous trouvons face à une situation qui a des ressemblances avec ce qui s'est passé à l'origine.

Se faire un film catastrophique dans sa tête est alors une manière de se défendre. Sauf que celui-ci va nous conduire à ne pas faire face à réel, à nous freiner, à nous déstabiliser et ne sera pas une aide pour donner le meilleur de nous.

 

Un moyen de ne plus reproduire ce mouvement imaginaire, c'est de prendre le temps de regarder ce qui se passe en nous, de s'interroger à quand remonte cette sensation, de mettre des mots sur ce que nous imaginons et pourquoi nous imaginons cela.

Peu à peu, le réel reprendra sa place, la réaction diminuera.

 

Bon week-end et à bientôt.

Publié dans Archives 2011

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